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mardi 21 mai 2013

Pendant que j'y pense




Pendant que j'y pense... Ma mère est chez moi pour la semaine et plus.  Pourquoi ?  L'établissement où elle habite est en quarantaine, trop de cas de gastro.  
-Il y aura des morts. M'a dit une préposée.  Je l'ai sorti assez vite de là en expliquant à cette jeune femme qu'elle allait en avoir une de moins à s'occuper. 

Pendant que j'y pense... Que ma mère dort encore et encore tout près de moi (la vieillesse nous transforme en un ours qui ne recherche que l'hibernation), je réfléchis.  Je l'observe du coin de l'oeil et je la revois à l'époque de sa ''jeunesse'' (40 et +).  Ça fait bien longtemps, une éternité en soi lorsque je pense à l'entonnoir de sa vie. Ma mère décline, se fragilise et je n'y peux rien.  De tout temps, il y a des certitudes qui tuent comme la maladie et la mort de ceux que l'on aime, j'y ajoute la vieillesse.  Pas besoin de voir la personne dans sa tombe pour comprendre que même si elle inspire-expire et fait des mots cachés, elle devient l'ombre d'elle-même.  En souffre-t-elle ?  Je ne pense pas.  Ça me réconforte de penser de cette manière.   Quoi qu'il est difficile de voir la réalité comme elle est vraiment.  Il m'arrive d'aimer l'embellir. 

-Tu ne vas pas travailler ce matin ?  Me dit-elle.
-Non, maman, je te l'ai dit 20 fois et tu sais pourquoi.

Il faut quelquefois chercher loin en nous-mêmes la force de supporter nos propres réflexions mais lorsque je me compare, je me console.  La vie est bonne pour moi et puis écrire, ça fait tellement de bien. 

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