lundi 22 juin 2020

L'été






Il était temps, un peu d’insouciance, une brise de légèreté parce que la Covid a frappé fort notre printemps planétaire. Va-t-elle nous donner une deuxième vague à l’automne ?  Nous ne voulons pas trop y penser. 

Pas facile de tenir la distanciation sociale, mais on fait de notre mieux. Dans tout ce tourbillon d’émotions, ce virus nous impose des leçons de vie, nous obligeant à revoir nos façons de penser, de faire et de vivre. Nous avions tout sans attendre, maintenant, il faut apprendre à patienter et à s’adapter. Être vite sur la gâchette du changement et de la créativité. 

Cela dit, l’été, nos peurs sont moins présentes, elles prennent facilement la poudre d’escampette, nous retrouvons enfin un sentiment de confiance. Adieu le spectacle de notre groupe préféré, le voyage en Italie, le saut en parachute en tandem (j’exagère à peine), pas grave, au moins, nous sommes vivants et nous apprenons à apprécier ce que nous avons.  Ce sera le plus bel été de notre vie. Il le faut, pour tous ceux disparus qui n'ont pas notre chance.

Saviez-vous que les apiculteurs s’habillent de blanc pour ne pas se faire piquer par les abeilles ?  Le blanc est réputé procurer un sentiment de sécurité.  Tiens, je vais en porter un peu, beaucoup, passionnément, puis me faire une rôtie pleine de miel.  Je vais la napper d’espoir et d’insouciance, l’été, c’est fait pour cela, pause farniente. Profitons, savourons, mangeons, dansons, aimons.  La Covid rôde toujours, gentiment camouflée comme les vaches de Monsieur Racine.  


dimanche 31 mai 2020

UN BAIN DE FORÊT





-Qu’est-ce que tu as fait en fin de semaine, Nicole ?  Me demanda l’une de mes collègues. 

-J’ai scié du bois au chalet. Depuis 3 semaines, je nettoie mon boisée et je travaille fort.

-Ah bon. Ce n’était pas plate (monotone) ?

-Non, au contraire, rien de mieux pour se vider le cerveau.  C’est méditatif et physique en même temps. Mon chum s'occupe des grosses bûches, pis moi, du reste. 

-Ah ok.

Je n’ai même pas eu un petit wow !  Juste un ok, plate comme une bière flatte.  C’est certain que j’aurais pu dire, je fais de la sylvothérapie, je prends un bain de forêt.  Là, ça aiguise la curiosité.  J’aurais sûrement eu un, c’est quoi la sylvothérapie ?  Une médecine préventive venue du Japon, ma chère.  En gros, elle est basée sur les bienfaits physiques et psychologiques de la nature. Notre taux de cortisol baisse, alors cette hormone liée au stress augmente nos globules blancs impliqués dans la réponse au virus. Pis les virus, ben, on commence à connaître, sauf un, mais on va l'oublier deux secondes. 

De l'air, se mettre le nez au vent est devenu un besoin vital parce que pour plusieurs, le pif, il se retrouve enfermé dans un masque, un couvre visage !

Vous n’avez pas de forêt et bien un parc près de chez vous peut faire l’affaire, mais de grâce, ne sciez pas les arbres !






Crédits photos: moi-même

lundi 18 mai 2020

La serviette sur la tête


Crédit photo: Pixabay

La serviette sur la tête, cheveux mouillés, on jase. 

C’est que j’arrive de 3 jours de sciage de bois au chalet.  Là-bas, la vie est comme avant.  Je ne prononce même plus le nom de vous savez quoi, juste à l’entendre, partout en tout temps, les orteils me frisent. Mais autant s’adapter, autant s’entraider.  Prendre le taureau par les cornes parce que le retour à la normale n’est pas pour demain.

‘’Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle’’. 

François Sagan
Des bleus à l’âme.


Après avoir suscité des craintes, et ce avec raison, la réouverture des écoles primaires a somme toute bien été. Fiston, le prof, a aimé son retour à l’enseignement avec ses 11 poussins de 5ième année (9-10 ans).  Habitué à une classe de 23 crocodiles, il y voit une grosse différence. Les liens se créent plus facilement, le gâteau lève vite.  Créatifs, les jeunes inventent des jeux distancés à la récré. Par contre, pas toujours facile de maintenir les mesures d’hygiènes, mais dans l’ensemble, l’œuvre semble positive. En bon français, c'est un work progress, c'est donc à suivre jusqu'à la sixième et dernière semaine. 

Petits comme grands, on veut juste faire de notre mieux dans le pire. Comme moi, tantôt, avec ma teinture maison pour cacher mes cheveux blancs. Ciel que j’ai hâte que les salons de coiffure ouvrent.  Scier du bois est vraiment plus facile que de s’appliquer une couleur douteuse dans une chevelure indomptable et rebelle. Le plus compliqué, c'est vraiment le derrière de tête, même le miroir n'a pas voulu m'aider ! 

Dans ce tourbillon, nous sommes tous dans le même bateau, un voyage imposé avec au programme une traversée indéterminée.  Apprendre à se faire une belle vie quand même, on y a droit. 

Bon, je vais aller voir la couleur. Même là-dessus, je n’ai pas le contrôle.  

dimanche 10 mai 2020

La fête est triste


Crédit photo: Pixabay (Banksy)

La tête par en avant, penchée vers le sol, je m’étire. En ouvrant les yeux, j’aperçois sur mes cuisses de la peau d’orange, plus communément appelée de la cellulite.  Ça m’a pris 58 ans pour qu’elle apparaisse sur cette partie de mon corps.  Des fois, j’oublie que nous sommes en période de pandémie.  Je n’écoute plus les mauvaises nouvelles sur le sujet, je travaille et je maintiens ma routine d’activité physique. 

J’omets presque que :

Le Québec est divisé en deux, les régions et Montréal. Celle-là est l’épicentre du foyer d’éclosion au Canada. Deux de mes trois enfants et ma petite fille vivent là-bas.  Ma fille m’a dit que les Montréalais ne respectent pas du tout la distanciation sociale. Alors déconfiner cette méga ville, à la fin de mai, ne me semble pas du tout une bonne idée.

Et dans la belle ville de Québec, mon autre fils recommence lundi à enseigner. Visière, masques et des mesures sanitaires strictes à respecter au menu.  Monsieur le prof au primaire travaille dans une école privée.  Bien chanceux pour lui parce qu’au public, je connais des enseignants qui n’arrivent même pas à avoir les produits désinfectants.  Les bottines ne suivent pas les babines des points de presse. Difficile de faire tourner un paquebot dans un lac. L’organigramme au public est peut-être trop lourd. 

En cette journée nuageuse de la fête des mères, je n’ai pas la tête dans les nuages. Comment ne pas penser à toutes les mamans, les grands-mamans, décédées de la Covid-19 dans les CHSLD ? Combien aujourd'hui de gens pleurent cette triste réalité ? Cette année, la fête est triste.

Je vais essayer de faire l’autruche, la tête par en avant, penchée vers le sol, enterrer mes pensées.  Pendant que d’autres vont mettre en terre, on ne sait pas quand, celle qui les a mis au monde.  Bonne fête des mères malgré tout...


dimanche 3 mai 2020

À 2 mètres de l'autre


L'excellente Élisabeth Moss dans la série La servante écarlate de l'auteur Margaret Atwood. 


À 2 mètres de l’autre, je serai.  Facile à dire, moins facile à faire !  Depuis le 13 mars dernier, Covid-19 a pris le contrôle de nos vies pour y installer la peur.  Depuis tout a changé.  Déjà qu’il y avait le cancer, c’était bien suffisant !  Je veux me réveiller de ce mauvais film de science fiction ! 

Le déconfinement progressif a commencé depuis peu et avec lui, la règle du 2 mètres de distanciation sociale imposée.  Enfantin la fin de semaine lorsque je me promène dehors en milieu rural, beaucoup plus difficile à mon petit bureau de la ville de Québec. À moins d’avoir un énorme chapeau qui m’oblige à garder ma distance avec l’autre, cette règle à application variable est l’une des plus difficiles à respecter.  On joue au ping-pong de l’oubli, on fait des acrobaties.

Comme le lien de confiance est déjà établi avec mes collègues, il est ardu de garder la distanciation et ce, sans me trouver moi-même trop exigeante, voire paraître caustiquement poule mouillée. C’est malaisant de redire et répéter la même rengaine.  Dans mon cas, je crois bien que j’opterai pour le port du masque.  Reste à savoir si j’arriverai à le mettre sans me sentir l’extraterrestre du troupeau, la servante écarlate du bureau ! 

Avant, je cherchais à pimenter ma vie, maintenant, j’essaie juste de la protéger. Quelle période troublante ! À suivre...


dimanche 26 avril 2020

J'ai la chienne


Je sais, ce ne sont pas des chiens (je vous présente quand même Thelma et Sonny) 
Crédit photo: moi.


Mes mains sont rugueuses, un peu comme l’écorce d’un peuplier.  Il est surprenant cet arbre, puisqu’on peut le planter à partir de boutures sans racines.  Pour en revenir à mes mains, c’est pas sorcier, l’arrivée du Coronavirus m’a rendue hypervigilante. Pas au début, mais de semaine en semaine, subtilement.

J’ai déjà lu quelque part que c’est grâce à nos ancêtres, il y a 5 millions d’années que nous avons si bien su développer notre faculté d’adaptation.  Je vous avise que je m’adapte difficilement à la nouveauté, je n'ai pas cette capacité.  La bulle pandémique du Covid-19 me fait l’effet d’une gifle par jour.  L’overdose de la sinistrose me guette. J’ai la chienne d’attraper ce foutu virus en raison de mon âge et que…je suis badloquée (malchanceuse).  L’immunité collective avec son incohérence me donne la frousse. Juste le goût de disparaître au chalet pendant 2 ans, le temps de la fabrication d'un vaccin. 

Alors, je me soigne.  Aux grands maux, les grands moyens ! Je marche comme une dingue ! À mon heure de dîner, au retour du travail, j’ajoute 30 minutes de yoga, 3 fois/semaine et la fin de semaine, je fais 10 kilomètres de marche cardio !  Cela dit, ma fitbit est en feu ! Ai-je moins peur de la Covid-19 ?  Non, mais je vais avoir des fesses d’enfer !

Toujours est-il que malgré le laid, il y a du beau.  Je m'en vais faire pousser des tomates au soleil, pis…un peuplier aussi.  À suivre.


dimanche 19 avril 2020

Atterrir dans le futur


Getty images

Nous sommes déjà rendus en 2082.  Ce n’est pas des farces, le temps voyage à la vitesse de l’éclair.  Notre capacité d’adaptation a fait notre force pour la survie de notre espèce.  Nous vivons notre vingtième pandémie, en plus du cadeau empoisonné des changements climatiques des générations antérieures. Nos prédécesseurs n’ont rien fait afin de fermer leur boîte de Pandore, nous faisons donc juste de notre mieux.  Je vous annonce qu’après un mois de confinement, nous aurons lundi prochain, le droit d’accéder à la vaccination massive buccale de toute la population terrestre.  Une livraison express personnalisée de Google drones !  

Bon, comme j’avais du temps à perdre pendant ce congé forcé, je suis allée fureter dans les archives nationales des ancêtres du Québec (anciennement BANQ).  Mon arrière grand-mère avait un blogue, c’est fou ce qu’on peut y retrouver de tout, pour tous les goûts.  Bref, ma best vieille mamie Nicole Simard a connu l’époque du Covid-19 en 2020, intéressant de lire que, ce qu’elle trouvait difficile était la dissociation sociale, fallait garder 2 mètres de distance avec son voisin et se laver les mains très souvent, je vous passe les détails.  À cette période, on développa le télétravail et les 5 à 7 virtuels.  Mon aïeule trouvait que la chaleur humaine ne traversait pas les écrans numériques (technologie de dinosaures entre vous et moi).  Dans le temps, on disait qu’il fallait de 4 à 6 semaines pour s’adapter à une nouvelle situation.  Nous, ça nous prend une semaine.  Ils auraient de la misère en petite péché de vivre ici, maintenant !  Savez-vous combien ils ont attendu de temps pour avoir le fameux vaccin Covid-19 ?  Un an et 2 mois !  Une éternité !  Il y a eu beaucoup de morts, pour eux, c’était un peu comme vivre dans un mauvais film de science fiction.  Franchement, même avec de la poudre de perlimpinpin, je ne voudrais pas retourner dans ce temps-là ! 

-Choupette, viens manger !  T’as reçu ta commande de chez Hologramme Kino-mo.

Vous avez entendu mon père ?  Faut que j’y aille.  Ce soir, on va manger en compagnie de l’hologramme de Céline Dion.  Le rétro est très populaire en ce moment. Je zieute celui de Paul McCartney.  Faut que j’y aille, bye !  J'aime les vieilles choses comme mon ancêtre.  Elle chante si bien Céline.