mardi 19 mars 2019

J'ai chaud !

Crédit image:  Mark Wood

Je me souviens de ma mère, trônant sur sa chaise de cuisine, elle proférait bien haut et fort ''j'ai chaud, j'ai chaud !''.  Fallait pas l'approcher.  Elle sortait dehors se rafraîchir, je la trouvais bien spéciale.  Chez nous, rien n'était expliqué. Fallait deviner. 

Sa petite guerre se prénommait la préménopause et elle lui faisait la vie dure.  La mienne est arrivée sur le tard, sans invitation, il y a quelques mois, coucou, je suis là ! Un vrai guet-apens ! Dans le bus, en auto, à la maison, au bureau et surtout, surtout lorsque je dors, j'ai chaud !  Mon laïus préféré commence à me faire radoter.  

Mes nuits sont remplies de bouffées de chaleur du Mexique dans le nord de mes hivers québécois.  Les couvertures s'envolent brusquement pour ensuite revenir me retrouver. À vrai dire, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai chaud-chaud et...ça passe. Dormir comme un bébé, c'est du passé. 

Or, l'affrontement ne sera pas au rendez-vous, Ce n'est qu'une escarmouche, une guéguerre, rien de plus.  Je ne peux l'éviter autant m'adapter.  

Entre vous et moi, même Shallow de Lady Gaga se transforme en:  y fait chaud, y fait chaud là !   


lundi 18 mars 2019

Il m'aime trop

Crédit photo: site Binette et Cornichon

Il est apparu dans ma vie au rythme lent d'une valse de Strauss.  Sur la pointe des pieds, un pas après l'autre, il a su se déposer autour de moi de la même manière que la main qui caresse l'animal blessé.  Je ne l'ai jamais vu venir.  Silencieusement, il m'entoure de son amour, sans me demander mon avis, il s'enroule comme un serpent sur sa proie.  Il pense peut-être que je suis aveugle, mais je le vois trop bien.  Il me pousse un foutu bourrelet d'amour !  


Nouvellement arrivé sur ma taille comme si je lui avais donné la permission, il se sent chez lui, un peu comme une feuille bien ronde aux nervures rayonnantes sur sa capucine. Il s'impose à moi et je n'ai pas le pouce vert !  La capucine est une fleur comestible. J'ai faim ! J'ai toujours faim, ciboulette de ciboulette ! 

De jour en jour, je le surveille du coin de l'oeil. À la va-vite, discrète, parce qu'il m'intimide.  Je suis un apprenti-peintre qui regarde sa toile.  Je l'observe, l'humanise, voire même le camoufle. Je le veux secret.  Cette histoire sera entre lui et moi.  Je suis Picasso et mon corps dérive vers le cubisme.  L'époque Giacometti est terminée.  Où m'amènera-t-il ? 

La bienveillance est dans le regard du peintre en devenir, mais en attendant, son amour est trop lourd ! 




dimanche 3 mars 2019

Cuisiner vintage



Crédit photo: moi-même

Ce n'est pas que je veux toujours avoir raison, loin de là cette idée, mais cette fois-ci, les carottes sont cuites, j'aurai le dernier mot !  Tout cela servi sur un plateau d'argent.  Je vous explique.

Monsieur le beau coq, mon conjoint, aime bien se moquer de moi.  Son sarcasme épice notre relation.  Il me poivre de ses quolibets parce que je cuisine toujours approximativement en ce qui concerne les quantités et la cuisson.  J'ai l'oeil, que voulez-vous !

Et voilà qu'au chalet, je retombe sur le livre de recette ''La cuisine raisonnée'', édition de sa mère, année MCMLIV, 1954 !  Un magnifique livre vert pomme, fragilisé le pauvre.  Il y a caché, entre certaines pages, de vieilles découpures de recettes de journaux jaunis de l'époque.  Il suffit de tourner les pages pour voir apparaître le passé.  Touchant de lire les notifications, les commentaires, les conseils. Ça m'a presque donné le goût de me trouver un tablier fleuri et de m'en costumer. Juste pour avoir l'impression de toucher l'invisible, voire son mystère et de me vautrer, quelques minutes, dans cette période où la femme était la reine du foyer.  

Ce qui fait que, en cherchant une recette de gâteau, j'y ai trouvé un mode de préparation qui se terminait par ''cuire au four modéré'', aucun degré, ni de temps de cuisson ! faut deviner !

Cher Monsieur le beau coq, votre poule de luxe (à ses heures, mais pas souvent) cuisine vintage, comme en 1954.  Toutefois, je vous invite à aller vous servir un gros morceau vous-même, l'époque de la servante ne reviendra pas ! 


dimanche 24 février 2019

La poule de luxe


Crédit photo: Pinterest.com Farming Backyard chickens

La mijoteuse trône sur le petit comptoir de la cuisine du chalet.  Elle est remplie de boulettes de viande, de sauce aux tomates et d’épices.  Elle ne le sait pas, mais elle parfume l’air ambiant d’une odeur de bonheur.  Des bouquets de basilic, ciboulette, laurier, persil et thym fleurent la pièce.

Poule de luxe, des fois, à ses heures, c’est-à-dire moi.
-Je vais mettre un peu de sucre dans ma sauce, ça va enlever l’acidité.

Homme qui aime Poule de luxe, communément appelé le beau coq.
-Est-ce indiqué dans ta recette ?

Poule de luxe qui aime le raffinement.
-Non, mais tout le monde sait cela !

Lui, stoïque, fixe droit dans les yeux son oiseau rare en ne disant mot.   Statue bouge plus.  Dix secondes interminables.  C'est fou comme quelquefois, le temps peu paraître long. 

C’est alors que Poule de luxe prend le sucrier en verre taillée de sa mère et avec la minuscule cuillère, saupoudre délicatement des flocons de sucre en s’imaginant qu’ils tombent du ciel.   Elle a de l’imagination.  Faut bien compenser le talent de cordon bleu.

Le beau coq a tout vu de son geste.
-Tu ne sais même pas combien tu en as mis !

Poule de luxe qui n’aura jamais une sacoche Chanel (snif-snif) lui répond :
-Non, j’y vais à l’œil.

-Tu peux bien parler de Madame Labriski, toi, t’es Madame qui y va à l’œil !  T’as besoin d’avoir de l’œil pour y aller à l’œil !  Prenez un peu de ceci, vous ajoutez un peu de cela.  Tu vas faire un grand livre de recettes avec des approximations !  

Poule de luxe s’esclaffa en même temps que son mâle.

Le bonheur, ça rentre dedans, sans prévenir, sans rendez-vous.  Puis, ça embellit une sauce à la viande ordinaire en mirifique (adjectif qui existe), un peu, beaucoup, passionnément.

-Tu vas faire quoi samedi prochain ma belle ?

-Un coq au vin, mon beau cocorico !

Poule 1, coq 0.  
Les poules, même de luxe, ont des dents ! Et vlan !

dimanche 10 février 2019

Madame Labriski




C’est dans l’air et de plus en plus dans nos assiettes, on recommande de consommer au moins la moitié des produits céréaliers sous forme de grains entiers.  Ce qui fait que mon passe-temps favori actuellement (à part la raquette) est de modifier mes anciennes recettes pour qu’elles deviennent meilleures pour la santé.  J’ajoute, je change, je crée.

Force est de constater que le choix, je n’ai point eu (c’est un anglicisme, mais je trouve ça beau, j’assume).   Je commence par la fin, je sais. Je continue.

Ayant essayé trois recettes du 2ème livre de Madame Labriski, vous dire… le triomphe n’a pas suivi. Cette jeune entrepreneure veut changer le monde une cuillère de purée de dattes à la fois, elle a plutôt réussi à faire prendre la poudre d’escampette à ma famille au grand complet !   Je me suis donc retrouvée seule à manger sa poussière de licorne, le pouding au chia à la Bomba Rosa et le Bettybette.   De beaux titres enjôleurs à lesquelles j’ai ajouté du yogourt, de la purée de pommes et/ou du sirop d’érable pour réussir à les avaler en radotant le mantra ‘’à bon goût et bonne faim, il n’y a pas de mauvais pain’’ (Gabriel Meurier).  La grande gagnante fût ma poubelle ! 

Cela dit, j’vais zieuter une autre de ces recettes.  Ça prend des fois de la curiosité pour trouver des substituts qui apportent de la nouveauté à un petit déjeuner. J’me convins moi-même, j’crois bien !  La Bibitte à pockette finira-t-elle enfin dans mon estomac ? En passant, il paraît que son premier livre est meilleur.  En tout cas, j'dis ça comme ça. 

dimanche 3 février 2019

le maca, c'est quoi ça ?


Crédit photo: site Journal de l'éco. fr

Depuis quelques temps, deux sujets de conversation se retrouvent dans les chaumières québécoises. Le premier, l’environnement, je passe, j’ai trop encore à apprendre sur le sujet pour vous en parler.  L’autre, l’alimentation, et que ça adonne bien, j’aime manger.

Avez-vous remarqué que le nouveau guide alimentaire canadien est sorti à la fin de janvier dernier ? Il suggère moins de produits laitiers et davantage de protéines végétales.  Autant vous dire tout de suite que les légumineuses sont pour moi comme une langue étrangère.  Auriez-vous le goût d’apprendre l’allemand ou le mandarin en fin de semaine ?  Voilà, vous avez tout compris.

J’ai quand même la chance de vivre 35 heures/semaine avec ma deuxième famille, celle du bureau et…comme mes adorables collègues sont plus jeunes (les chanceuses), mais toutefois plus expérimentées que moi sur le sujet, alors elles m’éduquent, par-ci, par-là.  À vrai dire, elles sont des pros, rien de moins.  Y a des mots que je ne savais même pas qu’ils existaient ! Vous voulez un exemple? Le maca. Vite comme ça, j’ai pensé : Vraisemblablement, rien à voir le macaroni.  

-Maca cé, le maca, les filles ?

-Nicole, c’est un superaliment avec des valeurs nutritives et médicinales (contre l'anémie, douleurs articulaires).  Ce ginseng péruvien est une plante qui accroît la fertilité, l’appétit sexuelle (OMG) et réduit les symptômes de la ménopause.  Elle stimule le système immunitaire et tonifie l’organisme.  Elle contient des fibres, protéines, acides aminés, minéraux (sélénium, calcium, magnésium, fer, phosphate) B1,B2, B12, C, E, phytostérols et antioxydants. 

Une à deux cuillères à thé de poudre de maca dans un smoothie, un jus, un dessert, un yogourt, thé, café… et le tour est joué !  7$ à 12$ pour un 250 grammes environ.  Pas pire hein ? 

On jase là, entre vous et moi.  Céline doit sûrement prendre du maca pour réussir à suivre Pépé Munoz, 32 printemps, c’est certain !  Vite, à l’épicerie !  Un gros sac s'il vous plaît !  Modus et bouche cousue ! 

Crédit photo: Getty Images






dimanche 27 janvier 2019

Michel Legrand et Les uns et les autres




Michel Legrand est décédé à l'âge de 86 hivers.  Nous avons tous un souvenir se rattachant à lui, à ses merveilleuses compositions.  J'ai les miens, moi aussi. 

L'une de mes chansons préférées est Un parfum de fin du monde, tiré de la trame musicale du film de Claude Lelouch Les uns et les autres (1981).  J'ai adoré ce film ! L'histoire, la musique et que dire du grand Jorge Donn dans Le Boléro de Ravel... Ça m'a tellement marqué que, comme bien des professeurs en danse de l'époque, du début des années 80, j'ai porté l'intrépidité de le chorégraphier.  J'en étais tellement fière de mon Boléro !  Celui de Béjart reste tout de même et assurément, intouchable, gigantesque, unique et inatteignable (en voulez-vous, en v'la) ! 




Et comme Michel Legrand avait la conviction que la vie continue après la mort, ''comme l'eau qui bout se transforme en vapeur'', je lui souhaite de la poursuivre toute en musique avec Maurane.


Attrapons des bouts de ciel avec eux...




Respect