lundi 18 mai 2020

La serviette sur la tête


Crédit photo: Pixabay

La serviette sur la tête, cheveux mouillés, on jase. 

C’est que j’arrive de 3 jours de sciage de bois au chalet.  Là-bas, la vie est comme avant.  Je ne prononce même plus le nom de vous savez quoi, juste à l’entendre, partout en tout temps, les orteils me frisent. Mais autant s’adapter, autant s’entraider.  Prendre le taureau par les cornes parce que le retour à la normale n’est pas pour demain.

‘’Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle’’. 

François Sagan
Des bleus à l’âme.


Après avoir suscité des craintes, et ce avec raison, la réouverture des écoles primaires a somme toute bien été. Fiston, le prof, a aimé son retour à l’enseignement avec ses 11 poussins de 5ième année (9-10 ans).  Habitué à une classe de 23 crocodiles, il y voit une grosse différence. Les liens se créent plus facilement, le gâteau lève vite.  Créatifs, les jeunes inventent des jeux distancés à la récré. Par contre, pas toujours facile de maintenir les mesures d’hygiènes, mais dans l’ensemble, l’œuvre semble positive. En bon français, c'est un work progress, c'est donc à suivre jusqu'à la sixième et dernière semaine. 

Petits comme grands, on veut juste faire de notre mieux dans le pire. Comme moi, tantôt, avec ma teinture maison pour cacher mes cheveux blancs. Ciel que j’ai hâte que les salons de coiffure ouvrent.  Scier du bois est vraiment plus facile que de s’appliquer une couleur douteuse dans une chevelure indomptable et rebelle. Le plus compliqué, c'est vraiment le derrière de tête, même le miroir n'a pas voulu m'aider ! 

Dans ce tourbillon, nous sommes tous dans le même bateau, un voyage imposé avec au programme une traversée indéterminée.  Apprendre à se faire une belle vie quand même, on y a droit. 

Bon, je vais aller voir la couleur. Même là-dessus, je n’ai pas le contrôle.  

dimanche 10 mai 2020

La fête est triste


Crédit photo: Pixabay (Banksy)

La tête par en avant, penchée vers le sol, je m’étire. En ouvrant les yeux, j’aperçois sur mes cuisses de la peau d’orange, plus communément appelée de la cellulite.  Ça m’a pris 58 ans pour qu’elle apparaisse sur cette partie de mon corps.  Des fois, j’oublie que nous sommes en période de pandémie.  Je n’écoute plus les mauvaises nouvelles sur le sujet, je travaille et je maintiens ma routine d’activité physique. 

J’omets presque que :

Le Québec est divisé en deux, les régions et Montréal. Celle-là est l’épicentre du foyer d’éclosion au Canada. Deux de mes trois enfants et ma petite fille vivent là-bas.  Ma fille m’a dit que les Montréalais ne respectent pas du tout la distanciation sociale. Alors déconfiner cette méga ville, à la fin de mai, ne me semble pas du tout une bonne idée.

Et dans la belle ville de Québec, mon autre fils recommence lundi à enseigner. Visière, masques et des mesures sanitaires strictes à respecter au menu.  Monsieur le prof au primaire travaille dans une école privée.  Bien chanceux pour lui parce qu’au public, je connais des enseignants qui n’arrivent même pas à avoir les produits désinfectants.  Les bottines ne suivent pas les babines des points de presse. Difficile de faire tourner un paquebot dans un lac. L’organigramme au public est peut-être trop lourd. 

En cette journée nuageuse de la fête des mères, je n’ai pas la tête dans les nuages. Comment ne pas penser à toutes les mamans, les grands-mamans, décédées de la Covid-19 dans les CHSLD ? Combien aujourd'hui de gens pleurent cette triste réalité ? Cette année, la fête est triste.

Je vais essayer de faire l’autruche, la tête par en avant, penchée vers le sol, enterrer mes pensées.  Pendant que d’autres vont mettre en terre, on ne sait pas quand, celle qui les a mis au monde.  Bonne fête des mères malgré tout...


dimanche 3 mai 2020

À 2 mètres de l'autre


L'excellente Élisabeth Moss dans la série La servante écarlate de l'auteur Margaret Atwood. 


À 2 mètres de l’autre, je serai.  Facile à dire, moins facile à faire !  Depuis le 13 mars dernier, Covid-19 a pris le contrôle de nos vies pour y installer la peur.  Depuis tout a changé.  Déjà qu’il y avait le cancer, c’était bien suffisant !  Je veux me réveiller de ce mauvais film de science fiction ! 

Le déconfinement progressif a commencé depuis peu et avec lui, la règle du 2 mètres de distanciation sociale imposée.  Enfantin la fin de semaine lorsque je me promène dehors en milieu rural, beaucoup plus difficile à mon petit bureau de la ville de Québec. À moins d’avoir un énorme chapeau qui m’oblige à garder ma distance avec l’autre, cette règle à application variable est l’une des plus difficiles à respecter.  On joue au ping-pong de l’oubli, on fait des acrobaties.

Comme le lien de confiance est déjà établi avec mes collègues, il est ardu de garder la distanciation et ce, sans me trouver moi-même trop exigeante, voire paraître caustiquement poule mouillée. C’est malaisant de redire et répéter la même rengaine.  Dans mon cas, je crois bien que j’opterai pour le port du masque.  Reste à savoir si j’arriverai à le mettre sans me sentir l’extraterrestre du troupeau, la servante écarlate du bureau ! 

Avant, je cherchais à pimenter ma vie, maintenant, j’essaie juste de la protéger. Quelle période troublante ! À suivre...


dimanche 26 avril 2020

J'ai la chienne


Je sais, ce ne sont pas des chiens (je vous présente quand même Thelma et Sonny) 
Crédit photo: moi.


Mes mains sont rugueuses, un peu comme l’écorce d’un peuplier.  Il est surprenant cet arbre, puisqu’on peut le planter à partir de boutures sans racines.  Pour en revenir à mes mains, c’est pas sorcier, l’arrivée du Coronavirus m’a rendue hypervigilante. Pas au début, mais de semaine en semaine, subtilement.

J’ai déjà lu quelque part que c’est grâce à nos ancêtres, il y a 5 millions d’années que nous avons si bien su développer notre faculté d’adaptation.  Je vous avise que je m’adapte difficilement à la nouveauté, je n'ai pas cette capacité.  La bulle pandémique du Covid-19 me fait l’effet d’une gifle par jour.  L’overdose de la sinistrose me guette. J’ai la chienne d’attraper ce foutu virus en raison de mon âge et que…je suis badloquée (malchanceuse).  L’immunité collective avec son incohérence me donne la frousse. Juste le goût de disparaître au chalet pendant 2 ans, le temps de la fabrication d'un vaccin. 

Alors, je me soigne.  Aux grands maux, les grands moyens ! Je marche comme une dingue ! À mon heure de dîner, au retour du travail, j’ajoute 30 minutes de yoga, 3 fois/semaine et la fin de semaine, je fais 10 kilomètres de marche cardio !  Cela dit, ma fitbit est en feu ! Ai-je moins peur de la Covid-19 ?  Non, mais je vais avoir des fesses d’enfer !

Toujours est-il que malgré le laid, il y a du beau.  Je m'en vais faire pousser des tomates au soleil, pis…un peuplier aussi.  À suivre.


dimanche 19 avril 2020

Atterrir dans le futur


Getty images

Nous sommes déjà rendus en 2082.  Ce n’est pas des farces, le temps voyage à la vitesse de l’éclair.  Notre capacité d’adaptation a fait notre force pour la survie de notre espèce.  Nous vivons notre vingtième pandémie, en plus du cadeau empoisonné des changements climatiques des générations antérieures. Nos prédécesseurs n’ont rien fait afin de fermer leur boîte de Pandore, nous faisons donc juste de notre mieux.  Je vous annonce qu’après un mois de confinement, nous aurons lundi prochain, le droit d’accéder à la vaccination massive buccale de toute la population terrestre.  Une livraison express personnalisée de Google drones !  

Bon, comme j’avais du temps à perdre pendant ce congé forcé, je suis allée fureter dans les archives nationales des ancêtres du Québec (anciennement BANQ).  Mon arrière grand-mère avait un blogue, c’est fou ce qu’on peut y retrouver de tout, pour tous les goûts.  Bref, ma best vieille mamie Nicole Simard a connu l’époque du Covid-19 en 2020, intéressant de lire que, ce qu’elle trouvait difficile était la dissociation sociale, fallait garder 2 mètres de distance avec son voisin et se laver les mains très souvent, je vous passe les détails.  À cette période, on développa le télétravail et les 5 à 7 virtuels.  Mon aïeule trouvait que la chaleur humaine ne traversait pas les écrans numériques (technologie de dinosaures entre vous et moi).  Dans le temps, on disait qu’il fallait de 4 à 6 semaines pour s’adapter à une nouvelle situation.  Nous, ça nous prend une semaine.  Ils auraient de la misère en petite péché de vivre ici, maintenant !  Savez-vous combien ils ont attendu de temps pour avoir le fameux vaccin Covid-19 ?  Un an et 2 mois !  Une éternité !  Il y a eu beaucoup de morts, pour eux, c’était un peu comme vivre dans un mauvais film de science fiction.  Franchement, même avec de la poudre de perlimpinpin, je ne voudrais pas retourner dans ce temps-là ! 

-Choupette, viens manger !  T’as reçu ta commande de chez Hologramme Kino-mo.

Vous avez entendu mon père ?  Faut que j’y aille.  Ce soir, on va manger en compagnie de l’hologramme de Céline Dion.  Le rétro est très populaire en ce moment. Je zieute celui de Paul McCartney.  Faut que j’y aille, bye !  J'aime les vieilles choses comme mon ancêtre.  Elle chante si bien Céline. 

vendredi 3 avril 2020

Le Réseau Avant de Craquer







Peu ou pas assez connu à mon goût, Le Réseau Avant de craquer est une valeur sûre pour vous aider à garder la tête hors de l'eau pendant votre confinement du Covid-19.  Leur infolettre est remplie d'excellents articles.  Je vous partage mon préféré du jour celui de: Handfield, Catherine (2020, 1 avril) '' On se garde bien de parler de nos peurs ''. La Presse. 


Ça va bien aller... Chose certaine, il y a un avant et il y aura un après à cette pandémie.  Serons-nous différents ?  Aurons-nous développer d'autres habitudes ? Pour l'instant, de mon côté, l'adrénaline redescend, je continue à travailler (service essentiel), mes proches ont perdu leur emploi et sont confinés à la maison.  Heureusement que nous sommes à l'ère numérique.  On a procédé à l'installation du télétravail avec l'adrénaline au plafond.  Quelle période stressante ! D'abord, ne pas attraper ce foutu virus, puis s'adapter au télétravail avec des enfants dans les pattes (petits et grands), sans compter le chien de compagnie qui ne reconnaît plus sa routine habituelle.  Nous sommes tous en hypervigilance.  Cet état de sensibilité, de vigilance exagérée qui disons-le, est épuisante.   Avoir une routine, se coucher tôt, marcher régulièrement et souvent, aide beaucoup.  On fait ce que l'on peut, pas ce que l'on veut. 

On va en avoir pour longtemps, mais pas ad vitam aeternam !  Soyons solidaires, respectons le confinement !  Ça va bien aller. 


samedi 28 mars 2020

Une vague d'arcs-en-ciel





Pendant qu’il pleut des morts Covid-19 partout sur la planète, nous cherchons le réconfort.

Ils sont collés sur les fenêtres d’inconnus, souvent réalisés par de toutes petites mains d’enfants du coin, les arcs-en-ciel nous font du bien.  Les adultes s'y mettent aussi, la pandémie n’aura pas notre moral, faut trouver l’angle de la lumière où il se trouve.

Alors en voici quelques-uns dans le quartier de Limoilou à Québec.

Prenez soin de vous !