dimanche 29 novembre 2020

Se chixer


Photo qui date de quelques années

Ma dernière de 22 printemps me sort toutes sortes de mots anglicisés. Le dernier en lice est se ''chixer’’ (se faire une beauté).  À chaque fois, mes cheveux se grisent en dessous de ma coloration et mes yeux s’écarquillent de stupéfaction. Heureusement que mon cellulaire ne dort jamais très loin et que Google existe ! Toujours est-il que les trentenaires chillent (prennent du bon temps), les milléniaux, eux, chixent.  Que va-t-il rester de la langue française dans toute sa beauté ?  

Faut dire que j’aime les mots moyenâgeux comme ‘’en lice’’.  Plus il est âgé, plus je vais l’apprécier. Certes, un mot qui a le poids du temps mérite toute mon admiration. 

Alors lorsque le cratère générationnel apparaît, je monte sur mon cheval blanc, au galop, je pitonne le plus vite que je peux, afin d’aller la rejoindre avant qu’elle ne prenne la poudre d’escampette dans son monde numérique. À cache-cache des mots de Molière et un peu trop près de ceux de Shakespeare, elle ne peut pas résister à l’ivresse de son temps.

jeudi 29 octobre 2020

Un automne pas comme les autres

 


Crédit photo:  moi-même

J'ai toujours aimé l'automne, cette année, c'est différent. 

En télétravail depuis un mois, mes temps libres sont vachement (c’est un compliment) occupés à cuisiner (Coco-Poubelle a toujours faim) à marcher et au travers de tout cela, quelques mouvements de yoga se collent à mes journées. Le cancer de fiston est rock and roll. Une journée, il fait un embolie pulmonaire et une autre, ses métastases rapetissent sur ses poumons. Aucune idée pour les ganglions et l’abdomen.  Mes émotions jouent donc au yoyo. La 3ième et avant dernière série de chimio est très difficile pour lui.  Il a un moral d’acier, mais plus un poil sur la tête, ni de barbe, peu d’énergie et de concentration. De ses cheveux, il ne dit mots, mais de sa barbe, il s’ennuie. Un peu comme un arbre qui perd ses feuilles, son corps détache ce qu'il ne veut plus et ce, sans lui demander son avis.

Comment recoller les morceaux de cette étrange période Covid qui continue à s’abattre sur nous ? Chacun essaie à sa manière de faire son gros possible, pour garder la meilleure version de soi-même.  Déjà, la neige a recouvert le sol de sa blancheur, je souhaite qu’elle nous éclaire.  Et toi, mon fils, mon porteur d’espoir, toi plus grand que nature. Où puisses-tu ta force ?   

Épilogue

Rares sont ceux qui ne sont pas un aidant naturel pour un proche. Un papa, une maman, un fils, une fille, une sœur, un frère, un ou une amie, nommez-les.  De cœur à cœur dans le tourbillon de nos vies, cette personne devient notre priorité. La semaine du 1 au 7 novembre prochain sera la semaine nationale des proches aidants.  Pour ne pas s’oublier, il faut s’outiller. Allez fouiner INFO-AIDANT, ça ne pourra que vous aider. 

Cet automne est décidément surréaliste. Le silence fait du bruit. 

jeudi 15 octobre 2020

La chimiothérapie de Nicolas-Claude

 




Depuis son premier souffle, ses premiers pas, ses premiers mots, je me suis toujours efforcée à bien prononcer ses deux prénoms Nicolas-Claude. Tout d’abord parce qu’ils sont beaux et parce que l’un d’eux, rappelle à mon conjoint, le prénom de son père. Un petit clin d’œil à l’invisible.  Même long, j’ai toujours persisté et signé. Faut dire que fiston à lui seul vaut bien deux personnes, minimum. Énergique comme ma mère, qui provenait elle, d’une famille de TDAH inusable presque indestructible. Ce qui fait de nous, génétiquement, la famille Ritalin. 

Ceci dit ou écrit, il m’arrive quelquefois de l’appeler Cloclo, à bien y penser, je suis la seule de la famille à lui donner ce diminutif affectueux. Dernièrement Cloclo est devenu Coco, parce qu’avec la chimiothérapie (12 traitements sur 28 de faits), il a perdu ses cheveux, sa grosse barbe à la mode, niet, disparus. La cortisone le fait manger aussi comme un ogre alors Coco devient affectueusement Poubelle.  C’est pas compliqué, il n’a pas de fond !  On cuisine, on cuisine, on cuisine.  Oubliez les grandes préparations culinaires du genre des tartelettes au fromage mascarpone sur croûte Granola avec truite fumée, on ne fournirait pas ! 

C’est fou comme il est courageux, il ne se plaint jamais. Va à ses traitements, mange, dort comme un ours, il hiberne et Poubelle devient le Dormeur.

Les enfants nous sont prêtés, ils nous apprennent à ne jamais baisser les bras.  Dans la maladie, mon dormeur devient mon héros. 

 

vendredi 18 septembre 2020

Quartier St-Jean-Baptiste à Québec


Sur les plaines d'Abraham, on peut y admirer la beauté du fleuve St-Laurent et Lévis.

Dans la jungle de béton d'une ville, il y a toujours de beaux paysages à découvrir. Il faut juste prendre la route à pieds, puis marcher, marcher et marcher. Quel plaisir de voir Québec différemment ! 

Le quartier St-Jean-Baptiste à Québec est décidément mon préféré. J'ai bien fait une bonne quarantaine de kilomètres, cette semaine, selon ma précieuse Fitbit. En voici quelques clichés.



Un proprio indécis ou amoureux de l'art urbain


Le MNBAQ fleuri



Art visuel au MNBAQ




La Tour Martello 4 pour protéger Québec contre l'invasion américaine dans les années 1818 environ. On connaît la tour située sur les plaines, mais celle-ci est un bijou méconnu de la population.  Elle est vraiment bien cachée dans le quartier.  


Art urbain


Art urbain


Coin caché, tout près du Centre communautaire Lucien-Borne, au coeur de la Haute-Ville. On peut voir en bas, une petite partie du quartier St-Sauveur. 


Plein de belles petites maisons comme celle-ci 



ou comme celle-là (tout près de la rue Cartier). 


jeudi 17 septembre 2020

Des nouvelles de fiston


Crédit photo: Pixabay


Fiston devait commencer sa chimio la semaine du 7 septembre, mais avec le férié, il a débuté le 14 (il faut 5 jours consécutifs, jours ouvrables). Je vous passe la néphrite et ses visites à l’urgence reliées à ce léger retard, presqu’un cauchemar !

Alors c’est enfin parti mon kiki ! Sa première semaine est le commencement de sa guérison, rien de moins ! Je suis de nature optimiste, puisqu’avec chaque intraveineuse, on s’approche de la santé. Cependant, pour lui rappeler, un peu de nausées et de fatigue en fin de journée. Chaque cancer a sa recette de Ricardo-chimio. Son oncologue (un très bel homme en passant, bonheur aux yeux) possède un minuscule petit livre de recettes d’où il recopie les ingrédients sur un formulaire.  Monsieur courage, fiston, aura 3 autres séries intensives, ce qui nous amènera à la fin décembre.  

Au début-début, étant nouvellement proche-aidant, on ne sait pas grand chose. On vit dans l’incertitude, en sachant très bien que les effets secondaires sont incontournables, qu’ils peuvent survenir à tout moment à différents niveaux.  J’imagine qu’ils vont s’intensifier,  d’où l’importance de le nourrir le mieux possible.  J’ai donc pris une semaine de congé au travail et je me suis transformée en maman oiseau, style Maman Dion et Sœur Angèle (en plus jeune), pour leur côté réconfortant, talent en moins, j’y mets tout mon cœur.  Concernant son appétit, fiston a toujours été une poubelle, dans le sens qu’il mange comme un ogre, c’est encore vrai, mais seulement à 16 heures, après ses traitements qui sont intenses et quotidiens. 

Dans ma vieille, mais vraiment vieille revue du vrai Ricardo, la nutritionniste Caroline Tran, spécialisée en oncologie au CHUM-Hôpital Notre-Dame, mentionne que l’alimentation doit être vue comme une partie intégrante du traitement contre le cancer. La revue est tellement obsolète, qu’elle ne doit plus travailler là, mais bon, un conseil comme celui-là, ça ne démode pas. Faut donc augmenter la teneur des protéines dans les repas en y ajoutant du fromage râpé, tofu, beurres d’arachides, noix, morceaux de viande, œufs durs, légumineuses et lentilles.  L’ajout, j’oublierai pas !  Les fameux Boost, Ensure,donnent un bon coup de pouce aussi. Ils ont leur importance. On ne fera pas toujours dans la gastronomie en chimiothérapie.  Ça rime en crime.

Fiston n’est pas rendu à tout ce qui mange a mauvais goût (dysgueusie). J’veux même pas y penser. On s’accroche à nos petites victoires, une bouchée à la fois. Une odeur, une couleur, le souvenir d'une bonne bouffe et la vie devient plus belle. La nourriture est tellement réconfortante, paroles de maman oiseau. Je vous quitte pour laver mes plumes. 

dimanche 30 août 2020

Le cancer de mon fils


Crédit montage: Auteur inconnu 


Se sentir aspirer vers l’arrière et être violemment catapultée sur un mur de briques. Un face à face avec la dure réalité de la vie, c’est exactement la sensation que j’ai ressentie lorsque j’ai appris cette semaine, que le cancer des testicules de mon fiston de 27 ans est de grade 3 et qu'il s'est propagé à l’abdomen, aux ganglions et aux poumons.  En dépit de cette mauvaise nouvelle, le taux de survie se situe entre 60 et 70%.  Fiston dit que c’est surréaliste. L’an passé, il trippait sa vie à Berlin à enseigner le français à ses jeunes élèves du primaire tout en visitant 16 pays.  Puis, la Covid est arrivée.

Cela dit, un diagnostic de cancer ne fait jamais dans la dentelle, c’est violent et les traitements nous donnent la chienne.  Sa chimio doit commencer dans la semaine du 7 septembre jusqu’à la fin novembre.  On nage dans l’inconnu, chacun à notre manière et à notre rythme.  Certains jours, on marche les pieds nus sur de la vitre en apprenant à avancer malgré la peur. Puis la vie continue, nos fêlures deviennent lumineuses parce qu’on s’aime tout simplement.


jeudi 20 août 2020

Le mot cancer

 

Crédit photo: meditation monk wail paper.

J’ai la tête vide, les mots ne veulent pas se déposer sur ma page blanche, c’est peut-être mieux ainsi, parce que dernièrement, l’un d’eux m’a fait vraiment peur.  Toujours est-il que le cancer existe encore même en temps de Covid. 

Brutalement, sans prévenir, il est entré dans notre famille.  L’un de mes enfants a reçu un diagnostic de cancer le 24 juillet dernier.  Le côté positif (il faut bien en trouver un) est que la survie relative de cet intrus s’élève à 97% après 5 ans. Ça reste que le cancer, ce n’est pas une grippe.  Fiston n’a pas perdu son sourire, sa joie de vivre légendaire, son autodérision pour autant, il navigue dans l’incertitude comme un capitaine de bateau.  C’est fou comme nos enfants peuvent nous impressionner dans l’adversité.

De mon côté, je suis une mère moussaillon, j’apprends à retrouver ma sérénité en essayant de ne pas trop m’inquiéter pour lui.  La détresse empathique n’aide personne.  Je détricote mes peurs, une maille à la fois. Il y a certains mots que j’enveloppe dans la laine, comme-ça, ils me font moins peurs.