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samedi 25 août 2012

Adopter sa mère



J'ai moins de temps pour écrire, vous l'avez sûrement remarqué.  Je voulais prendre un cours privé avec une dame en vue d'écrire un ''livre'' mais... je ne sais pas si je vais avoir le temps.  Y a des moments dans la vie où il faut vivre pleinement ce que l'on doit vivre.  Le fameux moment présent, celui qui s'impose. 

Je m'occupe présentement des préparatifs pour le déménagement (2 novembre) de ma mère dans un endroit plus sécuritaire et extrêmement stimulant (semi-autonome).  C'est fou comme il en faut des rendez-vous pour d'abord trouver l'endroit, changer ses assurances, aviser son propriétaire, remplir de la paperasse, faire des changements d'adresse, trouver un déménageur, aller reprendre les mesures, trouver des boîtes, changer son pharmacien, aller revoir son médecin, aller passer un test médical avec une infirmière, téléphoner pour savoir le résultat de son examen chez l'ophtalmologiste, vérifier son budget et j'en passe... Je viens d'adopter ma mère, mon 4 ième enfant.  

À 86 ans, elle marche lentement vers sa chute mortelle. Elle ne peut pas faire une phrase complète avec un sujet, un verbe, un complément. Et puis, elle a des gaz aux 3 minutes et c'est sans aucune gêne qu'elle les expulse et ce, peu importe l'endroit et les gens présents.  Les bonnes manières ont pris le bord ! Bien sûr, elle est vieille... Elle manque d'équilibre, se nourrit mal en plus de perdre sa jovialité en même temps que son 85 ième anniversaire, l'an dernier.  La solitude des personnes âgées est bien réelle. On s'en occupe comme on peut mais elles passent souvent en dernier après les besoins de nos propres enfants et les nôtres. C'est bien beau maintenir nos parents le plus longtemps possible à leur domicile mais n'avons pas tous une âme de missionnaire et surtout les ressources nécessaires pour y arriver. 

Une charmante infirmière m'a dit hier qu'on ne peut pas uniquement penser aux pertes que vivent les personnes âgées.  Ils doivent APPRENDRE comme un enfant à découvrir d'autres manières de vivre, d'autres activités, d'autres milieux de vie, de nouveaux amis...  J'ai compris qu'il ne faut pas mettre tout sur le dos de la vieillesse. Qu'à travers elle, ma mère doit apprendre encore à grandir.  

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