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dimanche 20 avril 2014

J'ai mal à ma mère



Image:  Feedly.com
http://www.folkfibers.com/blogs/news/11964545-station-to-station

J'ouvre la porte... L'odeur de l'hôpital me rentre dans les narines.  Un mélange qui me prend à la gorge quotidiennement depuis un mois.

Il fut un temps où j'avais le sentiment de vivre ma vie en sachant que j'étais dans mes meilleures années, celles de la légèreté de l'être.  Ce n'est plus le cas, je viens de frapper un mur. Consciente de la chance que j'avais de ne pas vivre de gros drames épiques et malgré mes préoccupations, je voyais chaque jour comme une nouvelle page blanche.  J'étais en mode bonheur et je ne le savais pas.   Et me voilà que je pleure à tous les jours parce que, comme plusieurs d'entre nous,  j'ai mal à ma mère.

Ses yeux hagards me fixent profondément.  Ils me font penser à ceux de mon chien.  Que je lui parle de tout ou de rien, je ne sais pas si elle décode quoi que ce soit et le médecin n'en sait pas plus.  À force de la voir dans cet état, clouée à son lit ou à sa chaise berçante, ne pouvant s'exprimer et devenant de plus en plus incohérente, le mot dignité prend tout son sens et n'existe plus.  Comme un animal, je ne peux que la caresser.  

Je sais bien que ma mère n'est pas éternelle, j'apprivoise mon deuil de ce qu'elle a été et de ce qu'elle ne sera plus.  Sa fin de vie ressemble à un long naufrage et j'ai de la peine.  

Bref, on vit, on meurt.  En souhaitant qu'elle n'a pas conscience de ce qui lui arrive.  La nostalgie du passé est un étrange sentiment lorsque la personne aimée part au compte-gouttes.

Je ferme la porte... L'odeur de la vie m'apaise jusqu'à ma prochaine visite, demain...


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