J’aime m’inspirer de ma famille pour
écrire. Il m’arrive d’inventer un personnage de A à Z, mais il m’arrive aussi d’emprunter
une qualité à l’un, un défaut à l’autre, un tic, une parole, une expression ou un
tempérament pour façonner et créer mes protagonistes. Édith Tremblay, ma cousine,
décédée en 2021, m’a insufflé Pauline, dans mon second roman ainsi que mon troisième
manuscrit. Je voulais honorer tous les sacrifices qu’elle a faits pour parvenir
à atteindre un si haut niveau d’excellence en chant lyrique, je désirais la faire
revivre un peu à travers mes mots. Y suis-je arrivée ? Je ne sais pas, en tout
cas, j’y ai mis du cœur.
Certes, sa voix de soprano
colorature qui fait des prouesses ornementales dans les suraigus est admirable,
mais surtout, il faut savoir qu’Édith était une femme d’une grande sensibilité ainsi
que d’une immense générosité.
Je me souviens encore qu’elle m’apportait
toujours une petite poupée décorative habillée du traditionnel costume du pays,
à ses retours de voyages, partout où elle chantait.
Je me souviens d’un verre de cristal
cassé lorsqu’elle chantait après une fête familiale dans la cuisine de mes
parents.
Je me souviens de sa voix qui
faisait pleurer ma mère lors du « Ave Maria » d'une messe de Noël à l’église Saint-Jacques d’Arvida.
Je me souviens de bien d’autres moments
encore…
Une chose est certaine, et comme
on dit souvent, les plus grands sont les plus simples, comme c’est vrai… Ils
sont impossibles à oublier, surtout s’ils ont marqué notre enfance et touché
notre âme. Ils deviennent à jamais des immortels.
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