dimanche 13 mars 2016

Je suis une loque humaine.

Le dimanche matin, c'est un rendez-vous avec elle.  Le temps d'arrêt d'une réflexion avec ma mère. Malgré son départ, sa présence se fait sentir, tellement de souvenirs.  Je la vois encore assise dans l'escalier, avec son manteau multicolore sur le dos, et moi, j'écrivais... Sachant très bien qu'il fallait arrêter, me disant : profite, elle va te manquer... J'écrivais, je l'écoutais.  L'inspiration lorsqu'elle passe, on veut en profiter... Insidieusement les regrets s'invitent à notre rencontre.  

La maladie l'a frappé, un peu comme un train qui happe un canard déambulant sur la voie ferrée.  J'ai rien vu venir. Un Alzheimer langagier, une démence neurodégénérative qui affecte les fonctions cognitives dont le langage.  Pour ceux qui accompagnent l'être aimé, le cauchemar c'est la maladie, pas la mort.  Je me souviens d'avoir pesé mes mots lorsque je lui ai annoncé la nouvelle.  Ses yeux parlaient... que la mort l'attendait.  

Je me souviens de ses derniers mots quelques mois avant qu'elle décède.  ''Je suis une loque humaine''.  On dit que les paroles s'envolent et que les écrits restent...  Ses mots sont tatoués dans mon âme à jamais, il me reste l'écriture.  Elle accompagne ma culpabilité.

J'avais vu juste, elle me manque terriblement...








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