dimanche 12 mai 2019

Les retrouvailles





Dans la pièce, il fait un noir de corbeau.  La patriarche Améda allume la lumière et se dirige d’un pas décidé vers le divan  Elle prend l’un des coussins et le tire par terre de la même manière qu’elle le fait avec ses chaussures dans sa garde-robe, tel un joueur de soccer semi-professionnel.

-Joachim, sors-moi le Kodak, j’veux une photo avec mes filles ! Crie Améda.

C’est pas la fête des mères, c’est juste un été, celui de 1955, mais elles sont belles et elle veut immortaliser ce moment précis de sa vie.  Il manque Ida (décédée) et Marthe, il en manque toujours une, jamais la même. Si différentes et si semblables, tissées serrées par les liens du sang et du cœur. 

Josette, Anne-Marie, Edith et Blanche arrivent en jacassant à tue-tête.  Les sœurs Girard ont la voix forte et le rire facile. Améda est heureuse.

Édith (1932-2019)

De sa sœur Edith, ma mère m’a déjà mentionné qu’Améda, ma grand-mère, l’avait sauvé d’une naissance prématurée en la réchauffant dans le four du vieux poêle à bois.  Faut croire que l’incubateur n’était pas encore inventé au début du siècle dernier à La Malbaie !

Le 26 avril dernier, la grande faucheuse est venue chercher tante Édith.  Elle est allée rejoindre Marie-Claude, sa fille adorée. 

Golfeuse émérite, une 3-A, elle mangeait du golf comme une boulimique, une passion familiale qu’elle partageait avec Tante Josette (marraine), ma mère Anne-Marie et quelques'uns de leurs frères.  Cordon bleu et mélomane de musique classique, cette fédéraliste convaincue, de la génération de la Trudeaumanie du père (Pierre-Eliott) au fils (Justin) ne manquait jamais une occasion de nous en parler. 

J’entends des rires, une fête s’organise.

Ste-Marie, Mère de Dieu, il ne reste que Joachim sur cette terre, en bas.  Le petit dernier de mes 13 enfants. Pense Améda.

-Maurice, va chercher le Kodak, tu vas prendre la photo, on fête le retour d’Édith.  Pis voulez-vous bien m’enlever vos bâtons de golf du salon !  J’vous ai élevé mieux que ça !  Sortez-moi les cartes, on va jouer à La Poule, pis faut pas oublier le gros Gin ! On m’a dit qu’elle préférait le vin, faudrait que quéqu’un aille en chercher, on prend ça où du vin par icitte ? 

Édith arrive.  Améda et ses filles sont heureuses.

mercredi 10 avril 2019

La femme hippopotame

La femme hippopotame

Six heures trente, fils de 26 printemps, montant les escaliers à vitesse grand V comme s'il avait le feu pris au derrière, me lance au vol:
-M'man, t'as vraiment l'air jeune, t'es une cougar ! 

Mes yeux ont presque sorti de leurs orbites en fixant mes rôties recouvertes de beurre d'arachide crémeux, celui de Kraft, le meilleur.  

-Et bien moi, je me sens pas mal plus comme une hippopotame.  J'ai mal partout, et j'ai l'impression d'engraisser juste en respirant ! Lui dis-je.

C'est fou, la perception que nos enfants ont de nous. C'est quand même un bel effort de compliment, je vous l'accorde.

Vous savez ou pas, mais il ne reste que 125 000 hippopotames communs dans le monde.  Ils ont oublié...125 001 ! 



dimanche 31 mars 2019

Chansons-velcro





Autant entrer dans le vif du sujet, je ne me réveille plus la nuit en raison de mes bouffées de chaleur. C'est probablement l'effet placebo, parce que depuis que je prends du Maca (c'est pas une drogue, mais plutôt une plante péruvienne), je dors mieux.  Laconiquement, faut pas crier à la victoire tout de suite, j'ai encore des nuits...agitées.  La Maca devrait me donner des rêves érotiques, et ben non ! Elle a décidé de me donner des foutus vers d'oreille qui font que j'ai presque peur d'écouter de la musique. Ces chansons-velcro poursuivent leur ascension dans mon cerveau comme un prédateur qui talonne sa proie.  C'est le méchant qui gagne sur la lilliputienne que je suis. 

En voici trois (3) qui sont à mes trousses.  Au secours... 

Par Amour de Lara Fabian


Bad Liar d'Imagine Dragons 

Qu'est-ce qu'on y peut ? de Pierre Lapointe et Clara Luciani


Attention, ça vampirise, je sais... 


mardi 19 mars 2019

J'ai chaud !

Crédit image:  Mark Wood

Je me souviens de ma mère, trônant sur sa chaise de cuisine, elle proférait bien haut et fort ''j'ai chaud, j'ai chaud !''.  Fallait pas l'approcher.  Elle sortait dehors se rafraîchir, je la trouvais bien spéciale.  Chez nous, rien n'était expliqué. Fallait deviner. 

Sa petite guerre se prénommait la préménopause et elle lui faisait la vie dure.  La mienne est arrivée sur le tard, sans invitation, il y a quelques mois, coucou, je suis là ! Un vrai guet-apens ! Dans le bus, en auto, à la maison, au bureau et surtout, surtout lorsque je dors, j'ai chaud !  Mon laïus préféré commence à me faire radoter.  

Mes nuits sont remplies de bouffées de chaleur du Mexique dans le nord de mes hivers québécois.  Les couvertures s'envolent brusquement pour ensuite revenir me retrouver. À vrai dire, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai chaud-chaud et...ça passe. Dormir comme un bébé, c'est du passé. 

Or, l'affrontement ne sera pas au rendez-vous, Ce n'est qu'une escarmouche, une guéguerre, rien de plus.  Je ne peux l'éviter autant m'adapter.  

Entre vous et moi, même Shallow de Lady Gaga se transforme en:  y fait chaud, y fait chaud là !   


lundi 18 mars 2019

Il m'aime trop

Crédit photo: site Binette et Cornichon

Il est apparu dans ma vie au rythme lent d'une valse de Strauss.  Sur la pointe des pieds, un pas après l'autre, il a su se déposer autour de moi de la même manière que la main qui caresse l'animal blessé.  Je ne l'ai jamais vu venir.  Silencieusement, il m'entoure de son amour, sans me demander mon avis, il s'enroule comme un serpent sur sa proie.  Il pense peut-être que je suis aveugle, mais je le vois trop bien.  Il me pousse un foutu bourrelet d'amour !  


Nouvellement arrivé sur ma taille comme si je lui avais donné la permission, il se sent chez lui, un peu comme une feuille bien ronde aux nervures rayonnantes sur sa capucine. Il s'impose à moi et je n'ai pas le pouce vert !  La capucine est une fleur comestible. J'ai faim ! J'ai toujours faim, ciboulette de ciboulette ! 

De jour en jour, je le surveille du coin de l'oeil. À la va-vite, discrète, parce qu'il m'intimide.  Je suis un apprenti-peintre qui regarde sa toile.  Je l'observe, l'humanise, voire même le camoufle. Je le veux secret.  Cette histoire sera entre lui et moi.  Je suis Picasso et mon corps dérive vers le cubisme.  L'époque Giacometti est terminée.  Où m'amènera-t-il ? 

La bienveillance est dans le regard du peintre en devenir, mais en attendant, son amour est trop lourd ! 




dimanche 3 mars 2019

Cuisiner vintage



Crédit photo: moi-même

Ce n'est pas que je veux toujours avoir raison, loin de là cette idée, mais cette fois-ci, les carottes sont cuites, j'aurai le dernier mot !  Tout cela servi sur un plateau d'argent.  Je vous explique.

Monsieur le beau coq, mon conjoint, aime bien se moquer de moi.  Son sarcasme épice notre relation.  Il me poivre de ses quolibets parce que je cuisine toujours approximativement en ce qui concerne les quantités et la cuisson.  J'ai l'oeil, que voulez-vous !

Et voilà qu'au chalet, je retombe sur le livre de recette ''La cuisine raisonnée'', édition de sa mère, année MCMLIV, 1954 !  Un magnifique livre vert pomme, fragilisé le pauvre.  Il y a caché, entre certaines pages, de vieilles découpures de recettes de journaux jaunis de l'époque.  Il suffit de tourner les pages pour voir apparaître le passé.  Touchant de lire les notifications, les commentaires, les conseils. Ça m'a presque donné le goût de me trouver un tablier fleuri et de m'en costumer. Juste pour avoir l'impression de toucher l'invisible, voire son mystère et de me vautrer, quelques minutes, dans cette période où la femme était la reine du foyer.  

Ce qui fait que, en cherchant une recette de gâteau, j'y ai trouvé un mode de préparation qui se terminait par ''cuire au four modéré'', aucun degré, ni de temps de cuisson ! faut deviner !

Cher Monsieur le beau coq, votre poule de luxe (à ses heures, mais pas souvent) cuisine vintage, comme en 1954.  Toutefois, je vous invite à aller vous servir un gros morceau vous-même, l'époque de la servante ne reviendra pas ! 


dimanche 24 février 2019

La poule de luxe


Crédit photo: Pinterest.com Farming Backyard chickens

La mijoteuse trône sur le petit comptoir de la cuisine du chalet.  Elle est remplie de boulettes de viande, de sauce aux tomates et d’épices.  Elle ne le sait pas, mais elle parfume l’air ambiant d’une odeur de bonheur.  Des bouquets de basilic, ciboulette, laurier, persil et thym fleurent la pièce.

Poule de luxe, des fois, à ses heures, c’est-à-dire moi.
-Je vais mettre un peu de sucre dans ma sauce, ça va enlever l’acidité.

Homme qui aime Poule de luxe, communément appelé le beau coq.
-Est-ce indiqué dans ta recette ?

Poule de luxe qui aime le raffinement.
-Non, mais tout le monde sait cela !

Lui, stoïque, fixe droit dans les yeux son oiseau rare en ne disant mot.   Statue bouge plus.  Dix secondes interminables.  C'est fou comme quelquefois, le temps peu paraître long. 

C’est alors que Poule de luxe prend le sucrier en verre taillée de sa mère et avec la minuscule cuillère, saupoudre délicatement des flocons de sucre en s’imaginant qu’ils tombent du ciel.   Elle a de l’imagination.  Faut bien compenser le talent de cordon bleu.

Le beau coq a tout vu de son geste.
-Tu ne sais même pas combien tu en as mis !

Poule de luxe qui n’aura jamais une sacoche Chanel (snif-snif) lui répond :
-Non, j’y vais à l’œil.

-Tu peux bien parler de Madame Labriski, toi, t’es Madame qui y va à l’œil !  T’as besoin d’avoir de l’œil pour y aller à l’œil !  Prenez un peu de ceci, vous ajoutez un peu de cela.  Tu vas faire un grand livre de recettes avec des approximations !  

Poule de luxe s’esclaffa en même temps que son mâle.

Le bonheur, ça rentre dedans, sans prévenir, sans rendez-vous.  Puis, ça embellit une sauce à la viande ordinaire en mirifique (adjectif qui existe), un peu, beaucoup, passionnément.

-Tu vas faire quoi samedi prochain ma belle ?

-Un coq au vin, mon beau cocorico !

Poule 1, coq 0.  
Les poules, même de luxe, ont des dents ! Et vlan !

dimanche 10 février 2019

Madame Labriski




C’est dans l’air et de plus en plus dans nos assiettes, on recommande de consommer au moins la moitié des produits céréaliers sous forme de grains entiers.  Ce qui fait que mon passe-temps favori actuellement (à part la raquette) est de modifier mes anciennes recettes pour qu’elles deviennent meilleures pour la santé.  J’ajoute, je change, je crée.

Force est de constater que le choix, je n’ai point eu (c’est un anglicisme, mais je trouve ça beau, j’assume).   Je commence par la fin, je sais. Je continue.

Ayant essayé trois recettes du 2ème livre de Madame Labriski, vous dire… le triomphe n’a pas suivi. Cette jeune entrepreneure veut changer le monde une cuillère de purée de dattes à la fois, elle a plutôt réussi à faire prendre la poudre d’escampette à ma famille au grand complet !   Je me suis donc retrouvée seule à manger sa poussière de licorne, le pouding au chia à la Bomba Rosa et le Bettybette.   De beaux titres enjôleurs à lesquelles j’ai ajouté du yogourt, de la purée de pommes et/ou du sirop d’érable pour réussir à les avaler en radotant le mantra ‘’à bon goût et bonne faim, il n’y a pas de mauvais pain’’ (Gabriel Meurier).  La grande gagnante fût ma poubelle ! 

Cela dit, j’vais zieuter une autre de ces recettes.  Ça prend des fois de la curiosité pour trouver des substituts qui apportent de la nouveauté à un petit déjeuner. J’me convins moi-même, j’crois bien !  La Bibitte à pockette finira-t-elle enfin dans mon estomac ? En passant, il paraît que son premier livre est meilleur.  En tout cas, j'dis ça comme ça. 

dimanche 3 février 2019

le maca, c'est quoi ça ?


Crédit photo: site Journal de l'éco. fr

Depuis quelques temps, deux sujets de conversation se retrouvent dans les chaumières québécoises. Le premier, l’environnement, je passe, j’ai trop encore à apprendre sur le sujet pour vous en parler.  L’autre, l’alimentation, et que ça adonne bien, j’aime manger.

Avez-vous remarqué que le nouveau guide alimentaire canadien est sorti à la fin de janvier dernier ? Il suggère moins de produits laitiers et davantage de protéines végétales.  Autant vous dire tout de suite que les légumineuses sont pour moi comme une langue étrangère.  Auriez-vous le goût d’apprendre l’allemand ou le mandarin en fin de semaine ?  Voilà, vous avez tout compris.

J’ai quand même la chance de vivre 35 heures/semaine avec ma deuxième famille, celle du bureau et…comme mes adorables collègues sont plus jeunes (les chanceuses), mais toutefois plus expérimentées que moi sur le sujet, alors elles m’éduquent, par-ci, par-là.  À vrai dire, elles sont des pros, rien de moins.  Y a des mots que je ne savais même pas qu’ils existaient ! Vous voulez un exemple? Le maca. Vite comme ça, j’ai pensé : Vraisemblablement, rien à voir le macaroni.  

-Maca cé, le maca, les filles ?

-Nicole, c’est un superaliment avec des valeurs nutritives et médicinales (contre l'anémie, douleurs articulaires).  Ce ginseng péruvien est une plante qui accroît la fertilité, l’appétit sexuelle (OMG) et réduit les symptômes de la ménopause.  Elle stimule le système immunitaire et tonifie l’organisme.  Elle contient des fibres, protéines, acides aminés, minéraux (sélénium, calcium, magnésium, fer, phosphate) B1,B2, B12, C, E, phytostérols et antioxydants. 

Une à deux cuillères à thé de poudre de maca dans un smoothie, un jus, un dessert, un yogourt, thé, café… et le tour est joué !  7$ à 12$ pour un 250 grammes environ.  Pas pire hein ? 

On jase là, entre vous et moi.  Céline doit sûrement prendre du maca pour réussir à suivre Pépé Munoz, 32 printemps, c’est certain !  Vite, à l’épicerie !  Un gros sac s'il vous plaît !  Modus et bouche cousue ! 

Crédit photo: Getty Images






dimanche 27 janvier 2019

Michel Legrand et Les uns et les autres




Michel Legrand est décédé à l'âge de 86 hivers.  Nous avons tous un souvenir se rattachant à lui, à ses merveilleuses compositions.  J'ai les miens, moi aussi. 

L'une de mes chansons préférées est Un parfum de fin du monde, tiré de la trame musicale du film de Claude Lelouch Les uns et les autres (1981).  J'ai adoré ce film ! L'histoire, la musique et que dire du grand Jorge Donn dans Le Boléro de Ravel... Ça m'a tellement marqué que, comme bien des professeurs en danse de l'époque, du début des années 80, j'ai porté l'intrépidité de le chorégraphier.  J'en étais tellement fière de mon Boléro !  Celui de Béjart reste tout de même et assurément, intouchable, gigantesque, unique et inatteignable (en voulez-vous, en v'la) ! 




Et comme Michel Legrand avait la conviction que la vie continue après la mort, ''comme l'eau qui bout se transforme en vapeur'', je lui souhaite de la poursuivre toute en musique avec Maurane.


Attrapons des bouts de ciel avec eux...




Respect

samedi 19 janvier 2019

La poudre de grillons


Crédit photo: site Naak


-Veux-tu un morceau  de barre énergétique faite maison ?  J’y ai ajouté de la poudre de grillons.  Me demanda gentiment ma nouvelle DG.

Moi, dans ma tête :
-Est-ce que j’ai bien compris… des grillons ?  

-Ça ne goûte rien, c’est juste bon pour la santé et c’est encore plus puissant que les bleuets.  Par contre, dans le sac, ça sent mauvais, mais pas après la cuisson.  Ajouta-t-elle.

-Bien sûr, je suis curieuse. Pourquoi pas ! (Elle avait bien dit : grillons.  Je n’ai pas un problème avec mes oreilles, tant mieux ! ).

-T’as raison, c’est bon, un peu granuleux, c’est probablement la recette. Ai-je répondu.

Puis, arrivée à la maison, mes recherches ont commencé. Ma curiosité avait pris le dessus. 

Sans le savoir, nous mangerions beaucoup d’insectes à notre insu.  Dans les salades, les légumes, les fruits et même en dormant parce qu’on a la bouche ouverte. Combien pensez-vous ?  Oubliez les 12, 13 bibittes, la bonne réponse est un demi-kilo chaque année.   Ayoye, ça fait presque peur ! Heureusement qu’on n’y pense jamais.

Peut-être les avez-vous remarqué sur les tablettes de votre épicier, mais les grillons s’y retrouvent en poudre, dans des sacs de 113 g (4 onces) pour $14.99.  Ce n’est pas donné, mais si vous cherchez bien, vous pourrez en trouver à de meilleurs prix dans de petits commerces (comme dans Limoilou à Québec).

Mes nouveaux amis sont bourrés de B12, de fer, de calcium, de potassium, de fibres et d’acides aminés.  Ils sont apparemment une excellente source de protéines. Suffit qu’à ajouter 2 cuillères à soupe dans un plat mijoté, un gâteau, un smoothie, une sauce à spaghetti et le tour est joué, ni vu ni connu.  Parce comme dit le proverbe : Par la ruse, on peut prendre un lion. Par la force, pas même un grillon !

Je ne suis pas rendue à manger une assiette au complet, mais je trouve que cette poudre est une excellente idée !  Peut-être que nos descendants lointains devront s’y habituer lorsqu’il ne restera plus de nourriture à avaler.  L’assiette du futur quoi, eh boy ! 

Là, je m'en vais feuilleter le livre de Madame Labriski. Me semble que les photos ne sont pas attirantes, mais les titres, eux, comme Poussière de licorne, sont fabuleux !  J'suis en retard, tout le monde la connaît, je sais. Un jour, Mériane Labrie a dit bye-bye au sucre raffiné et bonjour à la purée de dattes. On s’en reparlera.  Mon cellulaire vient de sonner, avec sa nouvelle musique de cigale.  C’est concept, mais pas vrai du tout.  J’voulais juste vous faire chanter un peu.  J’me suis trouvée fort dépourvue quand la fin fut venue.

dimanche 30 décembre 2018

Bonne année 2019 !

Crédit photo: moi

C'est bien connu, la période des fêtes rend l'humain nostalgique. Une simple chanson festive peut raviver en nous la flamme de la perte d'un être cher. La mort arrive comme un coup de vent et le souffle de sa brûlure se fait encore sentir malgré les années qui passent.  Le temps a besoin de lenteur pour cicatriser l'absence et le manque de l'autre. De nos jours, le deuil doit se vivre rapidement. De nos jours, le sacré disparaît. L'éphémère s'habille de ses plus beaux atours.  

Ma génération a jeté le sacré de sa vie, elle a rejeté tout particulièrement la religion catholique sans tenir compte de ses aspects positifs (y en avait quelques-uns quand même).  Les curés pédophiles, la place subalterne des femmes et que dire des mauvais traitements dans les pensionnats autochtones (lire génocide), tout cela aide à divorcer d'un culte plus facilement !  Ce que j'ai fait comme plusieurs d'entre nous.  Alors nous essayons de placer du sacré autrement, chacun à sa recette personnelle.  Une petite pincée de ceci, une autre de cela.

Or la nostalgie s'accroche à nous, elle ne veut pas disparaître et c'est peut-être mieux ainsi. Issue de toutes sortes de souvenirs, elle devient une savoureuse épice qui donne du goût à ce que nous sommes. Le tout mijotant dans l'espace temps.  

Pour 2019, je vous souhaite une année parsemée de fromage parmesan !  Il ne sent pas bon, mais au goût, il est délicieux !  Prenez soin de vous !  

Épilogue: le fromage, c'est pas une épice, je sais...Soyons créatifs !   



Mariage hindou bouddhiste, un peu de sacré, pourquoi pas ! 

mercredi 12 décembre 2018

Guillaume Côté, un bleuet à Moscou

Crédit photo: Karolina Kuras

Il s'appelle Guillaume Côté, il est danseur au Ballet national du Canada. C'est aussi un gars du Lac-St-Jean, mais dans mon coin de pays, on dit plutôt, c'est un bleuet.  Louis XIV avait du sang bleu, nous, les natifs de cette immense tale du Québec (Saguenay Lac-St-Jean), avons de la fierté bleutée qui coule dans nos veines à jamais. Une tonne d'amour-propre qui frise exagérément l'exaltation.  

Ce Jeannois athlétique de 37 printemps est donc le premier danseur québécois a être invité au Ballet Bolchoï à Moscou dans le rôle de Roméo et ce tour de force aura lieu samedi, le 15 décembre.  Trente sept ans dans le milieu de la danse classique, c'est vieux. Ce qui me fait encore plus apprécier l'événement. 

Devenu le symbole de ma région natale en raison de sa grande quantité et de son goût particulièrement exquis, je dois admettre qu'il n'y a pas seulement le fruit qui est unique.  Ce sont également les gens de la place, des gens de coeur, plus grands que nature qui se démarquent par leur gentillesse et/ou leurs talents. Voici donc Lost in Motion interprété par un bleuet d'exception. 

Force, amplitude, souplesse, perfection... Avec ce bleuet-là, juste avec lui, on pourrait faire une immense tarte ! 





lundi 10 décembre 2018

Le temps est bon, pas juste pour la chanson

Crédit photo: Pinterest wearlemonade.com


C'est l'histoire d'une chanson et de sa deuxième vie, parce que lors de sa première, elle avait été créée par Stéphane Venne en 1971 pour le film Les mâles de Gilles Carle.  Chantée par Isabelle Pierre de son vrai nom Nicole Lapointe, elle faisait l'éloge d'une triangle amoureux entre une femme et deux hommes.  

C'est l'histoire de trois jeunes, un collectif français du nom de Bon Entendeur qui en attendant la chanson dans le film Les amours imaginaires de Xavier Dolan ont décidé de la remixer.  Pourquoi pas, c'est leur grande spécialité ! 

Ce qui fait qu'elle a été visionnée 5,000 000 de fois sur différentes plateformes dont 2,800 000 fois d'écoutes sur Spotify et 425 000 sur Youtube. Après Céline Dion, Isabelle Pierre est semble-t-il la plus écoutée sur Spotify, et ben ! 

Du bon raboudinage (c'est du vieux français de la cour de Louis XIV parlé au 18ème siècle au Québec) qui nous fait redécouvrir une charmante chanson.  Je vous entends penser, mais où veut-elle en venir avec son vieux français  ? 

Faut lire ceci, c'est parti mon kiki.

Épilogue
J'ai commencé à écrire un roman historique géo-politique (1834-1839). Comme dirait le réputé professeur-historien dont j'ai suivi un cours intensif il y a deux semaines, il est à deux contextes parallèles. Ça vous dit rien... Normal, la littérature, c'est tout un univers, va falloir que j'écrive sur le sujet. Y a de la hiérarchie dans ce monde là !  C'est pas croyable ! 

Je poursuis...

Néanmoins, pour faire une histoire courte, après avoir lu tout ce qui me tombait sous la main depuis un an sur la Nouvelle-France et fais ma généalogie, je carbure maintenant sur le Parti patriote et la Société des 21.  Je sais faire du savon ancestral, je connais la potasse, pis mon chum ne veut plus m'entendre parce que je lui radote tout ce que j'apprends surtout lorsque nous roulons en voiture. Pourquoi ? Il ne peut pas se sauver !  J'pense pas écrire mon roman rapido-presto parce que je commence un nouvel emploi en janvier.  J'suis ben occupée. 

J'vous quitte pour le blocus de Napoléon.  Si j'écris moins souvent sur mon blogue, c'est pour tout ça.  

Le temps est bon, pas juste pour la chanson. 






jeudi 6 décembre 2018

Personne ne pourra m'arrêter

J'ai toujours admiré la fierté, la dignité des Franco-Ontariens et en ce moment, ils le sont encore plus. Soyons tous solidaires avec eux, c'est un devoir, une nécessité que l'on ne peut contourner.  Ils ont besoin de nous. Il est temps d'être au rendez-vous et de se tenir debout avec eux.  


vendredi 30 novembre 2018

Marche à Québec en soutien aux Franco-Ontariens



Crédit photo: Radio-Canada

Ils existent, ils sont là, les francophobes.  Sournoisement ou au grand jour comme Doug Ford, premier ministre de l’Ontario qui persiste et signe en sabrant  dans les acquis des Franco-Ontariens. 

L’annonce du départ comme indépendante d’Amanda Simard, députée du Parti de Ford me rend fière d’être une Simard !  Elle a des couilles Madame Simard, des grosses et j’aime ça !  Bravo !

Et puis, ce soir, le drapeau des Franco-Ontariens flotte dignement sur une des tours du Parlement de Québec grâce à une motion de la députée du Parti québécois Véronique Hivon en protestation du manque de sensibilité du gouvernement Ford envers la minorité francophone de sa province.  On ne peut que la féliciter pour cette brillante idée ! 

Mais nous, Québécois, Québécoises, que pouvons-nous faire pour soutenir les franco-Ontariens ?

Voici quelques suggestions :

-Faites une visite sur le site de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.  Ils vous offrent différentes options pour les supporter.

-  Y a aussi des marches organisées un peu partout au Canada.  À Québec, ce sera dimanche au Parc de la Francophonie, 758 Grande-Allée Est à 13 heures.  

-  Prions en choeur pour que René Lévesque, Jacques Parizeau et Bernard Landry apparaissent en rêve à M. Ford !   Ben quoi, j’ai pas écrit, fabrication d’une poupée vaudou ! 

À suivre…  So So So Solidarité !  

Je suis à toi de Lara Fabian



La pochette du nouvel album de Lara Fabian qui sortira le 8 février 2019 est magnifique !  Quelle belle femme ! Pour l'avoir déjà rencontré en personne, et oui, je suis née sur une bonne étoile, elle est d'une grande beauté en chair et en os, pas juste sur papier !  

Deux extraits sont disponibles sur iTunes en précommande, Papillon et depuis ce matin, Je suis à toi.  Ma préférée est la dernière. Écrit, produit et enregistré à Montréal dans le studio de sa maison, l'album semble être dans la même lignée électro-pop que Camouflage. Ça promet.  

Décidément, celle qui reprendra son fauteuil rouge à la Voix à l'hiver prochain continue de nous éblouir.  Incomparable Lara, non, divine Lara ! 




jeudi 22 novembre 2018

Les voleuses


Droit d'auteur de l'image: Aleksandra Sabelskaia


Je ne sais pas ce qui se passe avec elles, mais ce sont des voleuses, des cleptomanes en puissance !  Je l’affirme haut et fort, ma laveuse et ma sécheuse s’emparent de mes bas ! Un par-ci et un par-là, ça ne paraît presque pas, mais le résultat est le même, lorsque j’entends le concerto en fa mineur de Bach qui m’avise que le cycle de séchage est terminé, c’est automatique, l’un d’eux a disparu ! Volatilisé ! Quoique, ça pourrait être ma laveuse aussi, il y a des petits recoins qui ne sont pas toujours connus dans ce genre d’appareil. Peut-être les mangent-elles ? Pas évident à digérer !  Ce qui fait quand même que je me retrouve avec une petite montagne de bas de toutes les couleurs et c’est juste à moi qu’elles font ces mauvais coups !  Serait-ce un complot ou sont-elles des misogynes ?  Adieu, la solidarité féminine !  J’en ai parlé à toute ma famille, évidemment, personne n’a rien vu.  Seraient-ils des complices ? 

À bien y penser, elles sont des magiciennes.  Je viens d’allumer !  Pourraient-elles m’envoyer dans un pays chaud me faire dorer la couenne au soleil ?  Il fait -18 mais température ressentie de -28 pour un 22 novembre, c’est frette !  Bon, en attendant, je vais me réchauffer les pieds avec deux bas différents !  Et pour mes enfants, ne me dites pas que je commence à prendre de l’âge parce que j’ai pas la même couleur de bas aux pieds !  C’est voulu ! C’est-à-dire, imposé par ces voleuses.  Je vais aller vérifier la marque de ces appareils pour appeler le fabriquant.

-Quoi ! Des Kenmore Robin des bois !  On aura tout vu (sauf mes bas) !


dimanche 18 novembre 2018

Doug Ford et la communauté franco-ontarienne





Mais voulez-vous bien me dire ce que le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a mangé pour décider d’abolir le Commissariat des services en français et le projet de création de l’Université de l’Ontario français ?

Cette décision soi-disant économique pour le redressement de la province ontarienne cache assurément une volonté politique de ne plus protéger la communauté francophone de cette province qui compte 620,000 personnes.  Quelle honte !

L’argument de Caroline Mulroney, ministre déléguée des Affaires francophones ne tient pas la route non plus.  Comment croire que ces abolitions sont uniquement administratives et que l’ombudsman s’occupera adéquatement des plaintes liées au fait français ?  Avons-nous une poignée dans le dos ? C’est justement parce que ça ne fonctionnait pas que ce Commissariat a été créé.

Essayez d’imaginer un peu comment les anglophones du Canada réagiraient si nous faisions la même chose pour la communauté anglophone du Québec ? Sans revenir sur les propos de Denise Bombardier à TLMEP au début de novembre dernier, disant que toutes les communautés francophones à travers le Canada avaient à peu près disparu, et bien, ça ne les aidera pas à les garder en vie bien longtemps ! Cette décision purement politique veut délibérément la disparition de la communauté francophone en Ontario ! C’est le début de la fin pour eux.  Denise Bombardier est-elle une sorcière ?   

Les Franco-Ontariens ont besoin de nous, soyons solidaires et que la Charte canadienne des droits et libertés se fasse entendre devant les tribunaux.  Parce qu’un jour, ça pourrait très bien nous arriver si on baisse la garde.  Le décompte de la survie de la langue française est bel et bien commencé.


mercredi 14 novembre 2018

Frôler l'extase





Crédit photo: moi

J'ai la chance, le privilège, de me ressourcer dans la nature et mon endroit fétiche se trouve devant ma rivière Lombrette à mon chalet.  C'est la plus belle du monde, celle du nom de mes ancêtres Simard dit Lombrette.  

Je la contemple de tous les côtés, à toutes saisons, des heures et des heures, beau temps ou mauvais temps. Écouteurs sur les oreilles, assise sur ma roche préférée, je l'admire en chantant à tue-tête avec mon Josh Groban, juste à moi et pas aux autres.  Je l'écoute aussi, bien attentivement. J'vous dis qu'une rivière, ça jase !  Un bonheur qui frôle l'extase.  

Je vous souhaite un endroit où le temps s'arrête et que la vie prend tout son sens.  Un endroit qui vous recouvre de son énergie, un cocon, un havre de paix.  Le trouver, c'est précieux, tellement précieux.  Gratitude...