mardi 18 août 2026

Me voici, me voilà

Me voici, me voilà

C’est fait, c’est fait !

Hier, j’ai envoyé mon deuxième manuscrit (Le Clan d'Amélia) à neuf maisons d’édition agréées (traditionnelles) au Québec. Je devrais peut-être aller allumer un gros lampion à Sainte-Anne-de-Beaupré pour être dans le 1 % des manuscrits acceptés par eux ?

Et ce n’est pas tout, j’ai aussi eu une longue conversation, aussi enrichissante que dynamisante, avec une auteure-trice (à vous de choisir), qui vit les mêmes défis que moi dans le monde littéraire. Ça m’a fait un bien fou ! 

Plus active et connue sur les réseaux sociaux que moi, elle possède un solide bagage dans l’univers des communications. Elle m’a lancé cette suggestion :

—Tu devrais mettre un extrait de ton nouveau roman dans ton fil d’actualité. Les gens les lisent et ça leur permet de mieux savoir comment tu écris. On ne connaît pas grand-chose de toi…

« Ciel d’Afrique et pattes de gazelle », elle a bien raison ! (Si vous êtes nés dans les années 60, vous connaissez cette expression !).

Alors, « me voici, me voilà » (comme Grujot et Délicat). Je vous partage un tout premier extrait aujourd’hui. Pour la suite, j’oserai peut-être une touche de « crunchie » (de l’érotisme), pourquoi pas !

Ah, je vous vois déjà saliver… Il faudra être patient ! C’est le supplice du compte-gouttes !

Monseigneur Meloche fixait devant lui le tronc d’un gros chêne bourgeonnant, en ce début d’après-midi de mai dédié à la Vierge. Il avait enfoncé son chapeau sur sa tête afin d’être dans une sorte d’état second, pour ne rien laisser échapper de lui-même. Assis sur un banc de bois, derrière l’évêché, les jambes écartées comme les hommes savent le faire si naturellement, il aimait y méditer. Il se tenait loin du grand jardin et surtout des bruits environnants de ce lieu de pouvoir.

 

Le printemps était incroyablement doux. Lorsqu’il se mit à observer autour de lui, il remarqua une belle luminosité qui ne le laissa pas indifférent. En baissant le regard vers le chemin de terre sèche, il constata que les rayons chauds du soleil atténuaient le violet foncé de sa soutane, ce qui l’amena à une réflexion : « Je suis comme le chêne, la lueur du ciel éclaire ma part d’ombre. La guerre change les gens. La guerre me transforme, je ne suis plus le même depuis la mort de mon petit frère. Tout me touche plus qu’avant, je ramollis… », marmonna-t-il en se passant les doigts dans ses cheveux, qui s’éclaircissaient de semaine en semaine.

 

Meloche avait rendez-vous avec Jules. Ce qui, autrefois, l’aurait énervé chez ce vicaire ne lui faisait plus rien aujourd’hui. Sans doute que le temps et l’époque l’amenaient à choisir ses combats et à ne plus essayer de tout contrôler. Il avait appris l’indulgence envers lui-même et les autres, même si, consciemment, il ne le savait pas encore. C’est en tournant la tête vers la gauche qu’il observa la démarche pressée de ce vicaire anxieux qui voulait toujours, et trop souvent, bien faire. « Je dois être patient avec lui. Vais-je y réussir ? Je n’ai pas besoin de monter sur un escabeau pour prendre de la hauteur et qu’il sache que je suis son supérieur. Faut que je descende un peu de mes grands ch’vaux ! » Alors il le salua d’un sourire que Jules ignora, trop essoufflé et préoccupé à calculer s’il était bien à l’heure ou en retard.

 

—Ne vous pressez pas autant, mon cher ami ! lui cria Meloche sans quitter son banc.

Au moment où Jules arriva presque en face de l’évêque, il l’entendit lui dire :

 

—Asseyez-vous, monsieur l’abbé Lavoie. Cela me fait plaisir de vous recevoir aujourd’hui dans ce si bel endroit. Et je vous dispense d’embrasser ma bague épiscopale, puisque nous sommes à l’extérieur.

 

Jules pensait rêver lorsqu’il prit place à côté de son supérieur. Il n’en croyait pas ses oreilles et en devint quasi inattentif. Heureusement que le chant harmonieux d’un chardonneret jaune le ramena à la réalité. Jules prit un soin religieux à lui offrir ses plus sincères condoléances pour la perte de son jeune frère, même s’il avait été présent à ses obsèques, deux semaines plus tôt.

 

—Merci… Prenons le temps de respirer l’air pur et d’admirer l’œuvre du Seigneur. Je ne suis pas pressé aujourd’hui. D’ailleurs, j’apprécie que vous ayez appelé avant de venir me visiter. Je n’aime pas les imprévus.

 

Jules n’en revenait pas. Comment cet homme bourru avait-il pu changer aussi vite ? Était-ce la mort de son frère qui l’avait transformé de la sorte ? Meloche coupa court à ses questionnements en ajoutant :

 

—Qu’est-ce qui vous tracasse ? Dites-moi…

 

mercredi 12 août 2026

Le parcours de la combattante


 



Nous sommes le 12 août, c’est la journée officielle pour acheter un livre québécois, cet événement créé en 2014 pour donner un gros coup de pouce à notre littérature et soutenir nos libraires locaux. Pour être tout à fait honnête, ce rendez-vous annuel me rend un peu mal à l’aise. J’ai l’impression que je demande la charité pour susciter l’intérêt des lecteurs. Ceux qui bénéficient le plus de cette visibilité sont les auteurs populaires connus et publiés dans les maisons d’édition traditionnelles. Les autres, comme moi, en partenariat de distribution, qui n’ont pas eu la chance d’avoir été sélectionnés par les maisons d’édition agréées (1 % de taux d’acceptation de manuscrits), doivent redoubler d’efforts pour que leur œuvre arrive entre vos mains. Ça frise presque le miracle ! 

Chaque année, le Québec voit naître entre 6 000 à 6 500 nouveaux titres. C’est une surproduction pour un si petit marché et je ne vous parle pas des livres importés qui s’y ajoutent. Autant dire que si on espère être lu, faut déjà être connu du grand public.

Écrire au Québec est un sacerdoce. C’est un engagement total sans réelle retombée financière sauf celle de rentabiliser l’investissement initial et de goûter au privilège d’avoir un lectorat. On est loin des influenceurs… Aucune marque ne nous paie pour porter du linge chic, notre récompense c’est de savoir que quelqu’un tourne nos pages, mais pour cela, faut travailler fort !

Et si aujourd’hui votre portefeuille est trop serré, visitez votre bibliothèque. Vous y dénicherez assurément un trésor caché. Mon roman Elle avait aimé se retrouve d’ailleurs dans certaines d’entre elles, mais aussi : Dans les boutiques de : La fabuleuse histoire d'un Royaume, le Musée du Fjord et Le Musée de Charlevoix, chez Essor-Livres éditeur ainsi que dans deux librairies indépendantes : Librairie Baie-St-Paul et Marie-Laura. Merci infiniment pour leur soutien !

Que vous choisissiez de l’emprunter ou de l’acheter, l’essentiel reste le même. Savoir que mes mots s’invitent dans votre quotidien et donnent un sens à chaque heure d’écriture passée dans l’ombre de mes personnages.

Et vous, quelle place ferez-vous au livre québécois aujourd’hui ? Dites-le-moi en commentaire !

 

lundi 18 mai 2026

Un autre manuscrit, une autre aventure

 


Un nouveau manuscrit, une nouvelle aventure.

Quand le manuscrit est corrigé une première fois, bien, il faut recommencer encore, mais pas tout de suite.

J’vous explique.

J’aime écrire, c’est vital comme de respirer, mais pour le reste… c’est vraiment pas ma tasse de thé ! Parce que : remanier, polir, étoffer, élaguer, vérifier chaque mot, la mise en contexte, l’orthographe, la syntaxe et j’en passe… C’est douloureux ! Ça m’a donné de l’insomnie, mais heureusement, pas de boutons (ouf). Des fois, j’me dis que j’suis maso, des fois j’me demande : Mais pourquoi tu fais ça ? Et puis, le manuscrit me happe avec force et je ne m’appartiens plus.

Vais-je garder ce titre ? J’sais pas.

Pour l’instant, j’ai la tête d’une noix de coco vide, alors je vais aller me la remplir de beau et de majestueux. Je serai donc en vacances jusqu’à la mi-juin, parce qu’au retour, il y aura encore une relecture avec quelques corrections, sans oublier de faire le synopsis (un résumé en une page), des lettres de présentation avant d’envoyer le tout aux maisons d’édition agréées qui publient ce genre littéraire.

Quand la correction du manuscrit est finie, rien n’est fini. Tout recommence…

À  suivre...

 (Avez-vous remarqué que j’ai écrit : Tome 1 ? Ben oui, j’suis maso !)

 

dimanche 15 février 2026

 


Écrire, c’est habiter l’imaginaire de ses personnages. C’est vivre avec la solitude et s’en faire une alliée, tant les échanges sont rares entre les auteurs amateurs et inexistants avec les professionnels, surtout quand on est autodidacte. Le monde littéraire, à l’image des autres formes d’arts, est un univers fermé : n’y entre pas qui veut, comme dit l’adage.

On a beau dire que nos personnages nous habitent, il vient un moment où leur seule présence ne suffit plus. Dans ces moments-là, ce sont d’autres voix complices qui rompent mon isolement. Depuis quatre ans, je me gave d’émissions qui partagent le parcours des autres : les confidences d’écrivains québécois connus et reconnus à travers les balados de Radio-Canada Ohdio, comme Dis-moi ce que tu lis ou Il reste toujours la culture. Mon rendez-vous préféré demeure La Grande Librairie à TV5. Ce magazine explore les coulisses de la création de grands écrivains français et l’intention profonde derrière leurs œuvres. Ces émissions sont autant de fenêtres ouvertes sur un monde qui me semble un peu moins étranger. Et le plus drôle dans tout cela ? C’est que je m’y sens à ma place. Entre l’écrivain célèbre et l’anonyme, la passion est la même.

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que je peaufine mot après mot, mon deuxième manuscrit. J’y consacre quatre heures par jour, sept jours sur sept, pour lui donner toute la force qu’il mérite. Vais-je réussir à vous transmettre tout l’amour que j’ai pour mes personnages ? L’intrigue sera-t-elle à la hauteur de mes espérances ? Qui vivra verra 😊

dimanche 1 février 2026

Un mot à la fois

 


Voilà, après sept mois de persévérance, la tortue y est arrivée ! Le premier jet de mon deuxième roman est terminé. Si mes yeux se sont embués, c’est que mon manuscrit est d’abord une victoire sur moi-même. Vient maintenant le temps de la réécriture : sculpter la structure, affiner le style et polir une phrase. Et pourquoi ne pas carrément ajouter un chapitre ? Vais-je encore me réveiller au milieu de la nuit et répéter en boucle un mot, pour le mémoriser ? Probablement.

Demain, mon habit de travail ne changera pas. Mon pyjama bleu poudre aux motifs floraux, ma robe de chambre assortie et mes fidèles espadrilles SKechers m’accompagneront. Deux ou trois heures de travail, toujours le matin, avec mes quatre personnages principaux avant de retrouver le monde réel. L’auteure amateure que je suis chérit cette routine. C’est ainsi que je vis mon rêve, un mot à la fois.

mardi 18 novembre 2025

Salon du livre de Montréal 2025

 



Il s’en vient dans quelques jours, le Salon du livre de Montréal aura lieu du 19 au 23 novembre et j’y serai en dédicaces, samedi, le 22 novembre de 9 heures à midi, kiosque 2129.


Ce sera mon dernier salon du livre pour Elle avait aimé ! Quelle année incroyable, bien au-delà de mes espérances !


Alors gens de Montréal, à samedi !


samedi 8 novembre 2025

L'autre côté du miroir

 


J’ai beau vieillir, la petite Nicole lunatique et perdue dans son monde n’est jamais très loin. Je suis une solitaire. J’ai l’intensité au plafond, je m’émerveille de peu. Heureuse lorsque je lis plusieurs livres en même temps et que les touches de mon clavier font apparaître des mots sur l’écran de mon portable ou qu’un crayon de plomb trace des lignes, des formes, avec ma main droite sur une feuille de papier blanche. N’empêche que l’écriture demeure plus difficile que de dessiner des portraits ou de lire. Malgré cela, je pense que je suis facile à vivre, mais pas toujours simple à suivre.

Et j’ai pris une efface pour ne plus voir le « je ».

Ciel que la petite Nicole était excitée jeudi passé, lorsqu’elle est allée porter une boîte brune remplie d’exemplaires de son roman historique « Elle avait aimé » au Musée du Fjord à La Baie (ville Saguenay). Plus précisément sur les anciennes terres de son ancêtre, Alexis Simard (1788-1875), figure marquante de la Société des vingt-et-un qui, en 1840, défia l’interdiction de cultiver de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Fallait la voir, elle avait retrouvé ses 12 ans, étourdie par l’événement.

Pourquoi était-elle si contente ? Ça part de loin, je vous explique. Un jour que la menue et maigrichonne Nicole était en première année du primaire et qu’elle avait du mal à lire, sa mère lui fit suivre des cours avec un professeur au privé dans le but qu’elle s’améliore. Ce qui l’aida énormément même si, à ce jour, elle mélange encore l’ordre et les lettres de plusieurs mots. C’est qu’elle n’arrive pas à reconnaître la conversion des sons en lettres et vice-versa. En jargon de professionnel, on appelle cela de la dyslexie phonologique et si l’on ajoute un TDAH (diagnostiqué), on peut se demander pourquoi elle s’acharne à écrire. C’est qu’elle aime tout simplement partager ses passions. Et pour y parvenir, elle prend le temps qu’il faut, disciplinée comme dans l’armée.

Après le Musée de Charlevoix, la boutique du spectacle de La Fabuleuse Histoire d’un Royaume, plusieurs librairies au Québec, son roman se retrouve maintenant au Musée du Fjord de La Baie (ville Saguenay). Que de chemin parcouru, d’acharnement pour atteindre son but, être lu.

Le soir, Nicole vieillit, elle redevient une mamie. Ses bras se croisent sur elle-même et entourent ses épaules. La dame à la teinture brune camouflant des cheveux grisés chuchote à son oreille que la différence est un atout, pas un handicap. Alors le lendemain matin, la petite Nicole sort son portable pour écrire son deuxième roman parce qu’elle sait que même à la vitesse d’une tortue, elle va un jour le publier. 

« On ne change pas. Une veste ne cache qu’un peu de ce qu’on voit » Jean-Jacques Goldman.

Il y a toujours derrière soi, l'enfant d'hier.

P-S Merci au Musée du Fjord qui encourage les auteurs natifs de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean !