Se
sentir aspirer vers l’arrière et être violemment catapultée sur un mur de
briques. Un face à face avec la dure réalité de la vie, c’est exactement la
sensation que j’ai ressentie lorsque j’ai appris cette semaine, que le cancer des testicules de mon fiston de 27 ans est de grade 3 et qu'il s'est propagé à l’abdomen, aux ganglions et
aux poumons. En dépit de cette mauvaise nouvelle, le taux de survie
se situe entre 60 et 70%. Fiston dit que c’est surréaliste. L’an
passé, il trippait sa vie à Berlin à enseigner le français à ses jeunes élèves
du primaire tout en visitant 16 pays. Puis, la Covid est arrivée.
Cela
dit, un diagnostic de cancer ne fait jamais dans la dentelle, c’est violent et
les traitements nous donnent la chienne. Sa chimio doit commencer
dans la semaine du 7 septembre jusqu’à la fin novembre. On nage dans
l’inconnu, chacun à notre manière et à notre rythme. Certains jours,
on marche les pieds nus sur de la vitre en apprenant à avancer malgré la peur. Puis la vie continue, nos fêlures deviennent lumineuses parce qu’on s’aime
tout simplement.
J’ai la tête vide, les mots ne veulent pas se déposer
sur ma page blanche, c’est peut-être mieux ainsi, parce que dernièrement, l’un
d’eux m’a fait vraiment peur. Toujours
est-il que le cancer existe encore même en temps de Covid.
Brutalement, sans prévenir, il est entré dans notre
famille. L’un de mes enfants a reçu un
diagnostic de cancer le 24 juillet dernier.
Le côté positif (il faut bien en trouver un) est que la survie relative
de cet intrus s’élève à 97% après 5 ans. Ça reste que le cancer, ce n’est pas
une grippe. Fiston n’a pas perdu son
sourire, sa joie de vivre légendaire, son autodérision pour autant, il navigue dans l’incertitude comme un
capitaine de bateau. C’est fou comme nos
enfants peuvent nous impressionner dans l’adversité.
De mon côté, je suis une mère moussaillon, j’apprends
à retrouver ma sérénité en essayant de ne pas trop m’inquiéter pour lui. La détresse empathique n’aide personne. Je détricote mes peurs, une maille à la fois.
Il y a certains mots que j’enveloppe dans la laine, comme-ça, ils me font moins
peurs.
Il était temps, un peu d’insouciance,
une brise de légèreté parce que la Covid a frappé fort notre printemps
planétaire. Va-t-elle nous donner une deuxième vague à l’automne ?Nous ne voulons pas trop y penser.
Pas facile de tenir la distanciation
sociale, mais on fait de notre mieux. Dans tout ce tourbillon d’émotions, ce
virus nous impose des leçons de vie, nous obligeant à revoir nos façons de
penser, de faire et de vivre. Nous avions tout sans attendre, maintenant, il
faut apprendre à patienter et à s’adapter. Être vite sur la gâchette du
changement et de la créativité.
Cela dit, l’été, nos peurs sont moins
présentes, elles prennent facilement la poudre d’escampette, nous retrouvons
enfin un sentiment de confiance. Adieu le spectacle de notre groupe préféré, le
voyage en Italie, le saut en parachute en tandem (j’exagère à peine), pas
grave, au moins, nous sommes vivants et nous apprenons à apprécier ce que nous
avons. Ce sera le plus bel été de notre
vie. Il le faut, pour tous ceux disparus qui n'ont pas notre chance.
Saviez-vous que les apiculteurs s’habillent
de blanc pour ne pas se faire piquer par les abeilles ?Le blanc est réputé procurer un sentiment de
sécurité.Tiens, je vais en porter un
peu, beaucoup, passionnément, puis me faire une rôtie pleine de miel.Je vais la napper d’espoir et d’insouciance,
l’été, c’est fait pour cela, pause farniente. Profitons, savourons, mangeons,
dansons, aimons.La Covid rôde toujours, gentiment camouflée comme les vaches de Monsieur Racine.
-Qu’est-ce que tu as fait en
fin de semaine, Nicole ? Me demanda l’une
de mes collègues.
-J’ai scié du bois au chalet.
Depuis 3 semaines, je nettoie mon boisée et je travaille fort.
-Ah bon. Ce n’était pas plate
(monotone) ?
-Non, au contraire, rien de mieux pour se vider le cerveau.C’est méditatif et physique
en même temps. Mon chum s'occupe des grosses bûches, pis moi, du reste.
-Ah ok.
Je n’ai même pas eu un petit wow
!Juste un ok, plate comme une bière flatte.C’est certain que j’aurais pu dire, je fais
de la sylvothérapie, je prends un bain de forêt.Là, ça aiguise la curiosité.J’aurais sûrement eu un, c’est quoi la
sylvothérapie ?Une médecine préventive
venue du Japon, ma chère.En gros, elle est basée
sur les bienfaits physiques et psychologiques de la nature. Notre taux de cortisol
baisse, alors cette hormone liée au stress augmente nos globules blancs
impliqués dans la réponse au virus.Pis
les virus, ben, on commence à connaître, sauf un, mais on va l'oublier deux secondes.
De l'air, se mettre le nez au vent est devenu
un besoin vital parce que pour plusieurs, le pif, il se retrouve enfermé dans
un masque, un couvre visage !
Vous n’avez pas de forêt et bien un
parc près de chez vous peut faire l’affaire, mais de grâce, ne sciez pas les
arbres !
La serviette sur la tête, cheveux mouillés, on jase.
C’est que j’arrive de 3 jours de
sciage de bois au chalet.Là-bas, la vie
est comme avant.Je ne prononce même
plus le nom de vous savez quoi, juste à l’entendre, partout en tout temps, les orteils
me frisent. Mais autant s’adapter, autant s’entraider.Prendre le taureau par les cornes parce que
le retour à la normale n’est pas pour demain.
‘’Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle’’.
François Sagan
Des bleus à l’âme.
Après avoir suscité des craintes, et ce avec raison, la réouverture des écoles primaires a somme toute bien été.
Fiston, le prof, a aimé son retour à l’enseignement avec ses 11 poussins de 5ième
année (9-10 ans).Habitué à une classe
de 23 crocodiles, il y voit une grosse différence. Les liens se créent plus
facilement, le gâteau lève vite.Créatifs,
les jeunes inventent des jeux distancés à la récré. Par contre, pas
toujours facile de maintenir les mesures d’hygiènes, mais dans l’ensemble,
l’œuvre semble positive. En bon français, c'est un work progress, c'est donc à suivre jusqu'à la sixième et dernière semaine.
Petits comme grands, on veut juste
faire de notre mieux dans le pire. Comme moi, tantôt, avec ma teinture maison
pour cacher mes cheveux blancs. Ciel que j’ai hâte que les salons de coiffure
ouvrent.Scier du bois est vraiment plus
facile que de s’appliquer une couleur douteuse dans une chevelure indomptable
et rebelle. Le plus compliqué, c'est vraiment le derrière de tête, même le miroir n'a pas voulu m'aider !
Dans ce tourbillon, nous sommes tous
dans le même bateau, un voyage imposé avec au programme une traversée
indéterminée.Apprendre à se faire une
belle vie quand même, on y a droit.
Bon, je vais aller voir la couleur. Même là-dessus, je n’ai pas le contrôle.
La tête par en avant, penchée vers le
sol, je m’étire. En ouvrant les yeux, j’aperçois sur mes cuisses de la peau d’orange,
plus communément appelée de la cellulite.
Ça m’a pris 58 ans pour qu’elle apparaisse sur cette partie de mon
corps. Des fois, j’oublie que nous
sommes en période de pandémie. Je n’écoute
plus les mauvaises nouvelles sur le sujet, je travaille et je maintiens ma
routine d’activité physique.
J’omets presque que :
Le Québec est divisé en deux, les régions et Montréal. Celle-là est l’épicentre du foyer d’éclosion au Canada. Deux de mes trois enfants et ma petite fille vivent là-bas.Ma fille m’a dit que les Montréalais ne
respectent pas du tout la distanciation sociale. Alors déconfiner cette méga
ville, à la fin de mai, ne me semble pas du tout une bonne idée.
Et dans la belle ville de Québec, mon
autre fils recommence lundi à enseigner. Visière, masques et des mesures sanitaires strictes à respecter au
menu.Monsieur le prof au primaire
travaille dans une école privée.Bien
chanceux pour lui parce qu’au public, je connais des enseignants qui n’arrivent
même pas à avoir les produits désinfectants.Les bottines ne suivent pas les babines des points de presse.Difficile de faire tourner un paquebot dans
un lac. L’organigramme au public
est peut-être trop lourd.
En cette journée nuageuse de la fête
des mères, je n’ai pas la tête dans les nuages. Comment ne pas penser à toutes
les mamans, les grands-mamans, décédées de la Covid-19 dans les CHSLD ? Combien aujourd'hui de gens pleurent cette triste
réalité ? Cette année, la fête est triste.
Je vais essayer de faire l’autruche,
la tête par en avant, penchée vers le sol, enterrer mes pensées.Pendant que d’autres vont mettre en terre, on
ne sait pas quand, celle qui les a mis au monde. Bonne fête des mères malgré tout...
L'excellente Élisabeth Moss dans la série La servante écarlate de l'auteur Margaret Atwood.
À 2 mètres de l’autre, je serai.Facile à dire, moins facile à faire !Depuis le 13 mars dernier, Covid-19 a pris le
contrôle de nos vies pour y installer la peur.Depuis tout a changé. Déjà qu’il
y avait le cancer, c’était bien suffisant ! Je veux me réveiller de ce mauvais film de
science fiction !
Le déconfinement progressif a
commencé depuis peu et avec lui, la règle du 2 mètres de distanciation sociale
imposée.Enfantin la fin de
semaine lorsque je me promène dehors en milieu rural, beaucoup plus difficile à
mon petit bureau de la ville de Québec. À moins d’avoir
un énorme chapeau qui m’oblige à garder ma distance avec l’autre, cette règle à
application variable est l’une des plus difficiles à respecter. On joue au ping-pong de l’oubli, on fait des
acrobaties.
Comme le lien de confiance est déjà
établi avec mes collègues, il est ardu de garder la distanciation et ce, sans
me trouver moi-même trop exigeante, voire paraître caustiquement poule
mouillée. C’est malaisant de redire et répéter la
même rengaine.Dans mon cas, je crois
bien que j’opterai pour le port du masque.Reste à savoir si j’arriverai à le mettre sans me sentir l’extraterrestre
du troupeau, la servante écarlate du bureau !
Avant, je cherchais à pimenter ma
vie, maintenant, j’essaie juste de la protéger. Quelle
période troublante ! À suivre...
Je sais, ce ne sont pas des chiens (je vous présente quand même Thelma et Sonny)
Crédit photo: moi.
Mes mains sont
rugueuses, un peu comme l’écorce d’un peuplier.
Il est surprenant cet arbre, puisqu’on peut le planter à partir de
boutures sans racines. Pour en revenir à
mes mains, c’est pas sorcier, l’arrivée du Coronavirus m’a rendue
hypervigilante. Pas au début, mais de semaine en semaine, subtilement.
J’ai déjà lu quelque
part que c’est grâce à nos ancêtres, il y a 5 millions d’années que nous avons
si bien su développer notre faculté d’adaptation.Je vous avise que je m’adapte difficilement à la
nouveauté, je n'ai pas cette capacité.La bulle pandémique du
Covid-19 me fait l’effet d’une gifle par jour.L’overdose de la sinistrose me guette. J’ai la chienne d’attraper ce
foutu virus en raison de mon âge et que…je suis badloquée (malchanceuse).L’immunité collective avec son incohérence me
donne la frousse. Juste le goût de disparaître au chalet pendant 2 ans, le temps de la fabrication d'un vaccin.
Alors, je me soigne.Aux grands maux, les grands moyens ! Je marche comme une dingue ! À mon
heure de dîner, au retour du travail, j’ajoute
30 minutes de yoga, 3 fois/semaine et la fin de semaine, je fais 10 kilomètres
de marche cardio !Cela dit, ma fitbit est en feu
! Ai-je moins peur de la Covid-19 ?Non,
mais je vais avoir des fesses d’enfer !
Toujours est-il que malgré le
laid, il y a du beau.Je m'en vais faire
pousser des tomates au soleil, pis…un peuplier aussi.À suivre.
Nous sommes déjà rendus en 2082. Ce n’est pas des farces, le temps voyage à la
vitesse de l’éclair. Notre capacité d’adaptation a fait notre force pour la survie de notre espèce. Nous vivons notre vingtième pandémie, en plus du
cadeau empoisonné des changements climatiques des générations antérieures. Nos prédécesseurs n’ont rien fait afin de fermer
leur boîte de Pandore, nous faisons donc juste de notre mieux.Je vous annonce qu’après un mois de
confinement, nous aurons lundi prochain, le droit d’accéder à la vaccination
massive buccale de toute la population terrestre.Une livraison express personnalisée de Google
drones !
Bon, comme j’avais du temps à perdre
pendant ce congé forcé, je suis allée fureter dans les archives nationales des
ancêtres du Québec (anciennement BANQ).Mon arrière grand-mère avait un blogue, c’est fou ce qu’on peut y
retrouver de tout, pour tous les goûts.Bref, ma best vieille mamie Nicole Simard a connu l’époque du Covid-19 en 2020,
intéressant de lire que, ce qu’elle trouvait difficile était la dissociation
sociale, fallait garder 2 mètres de distance avec son voisin et se laver les
mains très souvent, je vous passe les détails.À cette période, on développa le télétravail et les 5 à 7 virtuels.Mon aïeule trouvait que la chaleur humaine ne
traversait pas les écrans numériques (technologie de dinosaures entre vous et
moi).Dans le temps, on disait qu’il
fallait de 4 à 6 semaines pour s’adapter à une nouvelle situation.Nous, ça nous prend une semaine. Ils auraient de la misère en petite péché de vivre ici, maintenant !Savez-vous combien ils ont attendu de
temps pour avoir le fameux vaccin Covid-19 ?Un an et 2 mois !Une éternité
!Il y a eu beaucoup de morts, pour eux,
c’était un peu comme vivre dans un mauvais film de science fiction.Franchement, même avec de la poudre de
perlimpinpin, je ne voudrais pas retourner dans ce temps-là !
-Choupette, viens manger !T’as reçu ta commande de chez Hologramme
Kino-mo.
Vous avez entendu mon père ?Faut que j’y aille.Ce soir, on va manger en compagnie de l’hologramme
de Céline Dion.Le rétro est très
populaire en ce moment. Je zieute celui de Paul McCartney.Faut que j’y aille, bye ! J'aime les vieilles choses comme mon ancêtre. Elle chante si bien Céline.
Peu ou pas assez connu à mon goût, Le Réseau Avant de craquer est une valeur sûre pour vous aider à garder la tête hors de l'eau pendant votre confinement du Covid-19. Leur infolettre est remplie d'excellents articles. Je vous partage mon préféré du jour celui de: Handfield, Catherine (2020, 1 avril) '' On se garde bien de parler de nos peurs ''. La Presse.
Ça va bien aller... Chose certaine, il y a un avant et il y aura un après à cette pandémie. Serons-nous différents ? Aurons-nous développer d'autres habitudes ? Pour l'instant, de mon côté, l'adrénaline redescend, je continue à travailler (service essentiel), mes proches ont perdu leur emploi et sont confinés à la maison. Heureusement que nous sommes à l'ère numérique. On a procédé à l'installation du télétravail avec l'adrénaline au plafond. Quelle période stressante ! D'abord, ne pas attraper ce foutu virus, puis s'adapter au télétravail avec des enfants dans les pattes (petits et grands), sans compter le chien de compagnie qui ne reconnaît plus sa routine habituelle. Nous sommes tous en hypervigilance. Cet état de sensibilité, de vigilance exagérée qui disons-le, est épuisante. Avoir une routine, se coucher tôt, marcher régulièrement et souvent, aide beaucoup. On fait ce que l'on peut, pas ce que l'on veut.
On va en avoir pour longtemps, mais pas ad vitam aeternam ! Soyons solidaires, respectons le confinement ! Ça va bien aller.
Pendant qu’il pleut des morts Covid-19 partout
sur la planète, nous cherchons le réconfort.
Ils sont collés sur les fenêtres d’inconnus,
souvent réalisés par de toutes petites mains d’enfants du coin, les arcs-en-ciel
nous font du bien. Les adultes s'y mettent aussi, la pandémie n’aura pas
notre moral, faut trouver l’angle de la lumière où il se trouve.
Alors en voici quelques-uns dans le quartier de Limoilou à Québec.
On pense vivre à une époque moderne
et on se retrouve avec les mêmes difficultés que nos ancêtres qui ont fait face à la variole
et à la grippe espagnole. Belle évolution ! Parce que
depuis que Covid-19 s’est invité sans invitation sur notre planète bleue, nos
vies ont radicalement changé. Il a
fallut une pandémie pour nous en obligé.
On a tous une phrase clé qui nous motive dans la vie, la mienne
est : ‘’j’apprends dans l’allégresse’’,
Covid-19 s’en fiche, persiste et signe.
De mon côté, je continue à travailler
sur le plancher des vaches avec une équipe réduite au maximum, puisque la
grande majorité de mes collègues travaillent en télétravail. Nous respectons à la lettre les mesures
sanitaires obligatoires et même plus. La maladie mentale ne prend pas de
vacances et nous sommes dans le secteur des services essentiels. En mode urgence
nous sommes.Notre mantra est
adaptation à vitesse grand V.
D’un point de vue personnel, l’un de
mes enfants est revenu d’Allemagne avant hier.Après avoir visité 16 pays et enseigné à Berlin pendant 7 mois, il se
retrouve en quarantaine au chalet (lire mon chalet).Y a pire dans la vie, je sais (mais c’est
quand même mon chalet où je ne peux plus aller).Mes autres enfants suivent les normes, l’un
est en télétravail et l’autre a perdu son emploi (lire, j'ai besoin d'argent).
Dans cet esprit de conserver moi-même
ma propre santé mentale, je me retrouve à marcher sur mon heure de dîner et dans
mon quartier en soirée !Ma Fitbit est
en feu ! Un timide bonjour par-ci, par-là et beaucoup de yeux inquiets qui
s’entremêlent. Le ciel est bleu, certes, il y a moins de pollution atmosphérique,
on se préoccupe davantage de nos proches, de nos collègues. Les
rapprochements sont virtuels, mais réconfortants et sincères. Tiens, je deviens presque jovialiste !
C’est fou comme nos priorités
changent vite tout d’un coup. Que dire de plus ?Un jour à la fois et ça va bien aller sont
mes nouveaux mantras.L’allégresse à
pris le bord.
Je n’avais pas trop le goût d’y aller,
j’hésitais, parce que je pensais ne pas aimer les œuvres avec une pincée de surréalisme de
l’artiste peintre mexicaine Frida Kahlo (1907-1954) au MNBAQ. Je m’y suis donc présentée, une journée
gratuite. Mais voulez-vous bien me dire
à quoi j’ai pensé ! Décidément, je n’étais
pas la seule à avoir eu cette brillante idée, c’était archiplein au pouce carré. J’y suis entrée
un peu à reculons, c’était pour mieux avancer dans l’univers de celle qui
peignait sa réalité, sa souffrance. Faut donc oublier le surréalisme, bien au contraire.
Sa vie était loin d’un long fleuve
tranquille.Polio à 6 ans, accident
grave à l’adolescence, elle subira pas moins de 30 opérations dont l’amputation
de sa jambe droite un an avant sa mort.Elle
vivra quand même une passion dévorante avec le peintre Diego Rivera et sera une militante
communiste convaincue jusqu’à sa mort.
Alors jusqu’au 18 mai prochain, allez
découvrir une vingtaine d’œuvres extrêmement fortes de Kahlo, mais aussi de
Rivera et de d’autres artistes modernes mexicains.Il y a également de nombreuses photographies
qui aident à les situer dans l’époque, celle de la révolution mexicaine jusqu’au
début des années 50.
C’est bête, mais des fois, la
souffrance peut donner de la beauté, celle de Frida Kahlo.
Belle découverte à faire, mais pas la journée gratuite du premier dimanche du mois !
Même si Joanne Corneau alias Corno est décédée en 2016, elle habite toujours notre univers artistique. L'un d'eux est la Galerie Iris à Baie-St-Paul. On peut y admirer de récentes acquisitions sur le marché. Normal, puisque les collectionneurs de départissent de certains tableaux. Un ravissement, là où nos yeux s'y déposent.
De toute beauté ! Lorsque je suis allée visiter, samedi passé, elles étaient à 47,450$ chacune. Sur le site de la Galerie Iris, aujourd'hui 27 février, elles sont à 41,270$ chacune. Elles sont immenses !
Site Galerie Iris 10 750$
Site Galerie Iris. Toile de gauche: 22 766$ et toile de droite: 31 268$
Nicole, un nom daté, car à peine
prononcé, on me croit de la génération des septuagénaires. Mon visage est un
paysage habité où l’on y trouve 58 hivers bien sonnés. Pourtant dans ma tête, je suis une quincados
qui ne veut pas vieillir, or lutter contre mon âge n’y changera rien.
Vieillir est difficile pour une
femme (lire pour moi). C’est un passage obligé, compliqué, très étroit. L’âge parle fort, petit
à petit, à travers les remarques de nos proches, la case d’un formulaire à remplir,
nos indispensables lunettes, avec la peau qui change, des douleurs qui s’installent
et le corps qui s’épaissit. Vieillir, c’est surtout avoir moins de certitudes
et de plus en plus de fragilités.
Je vous raconte.
Je mangeais mes morceaux de pommes
que j’avais déjà coupés et déposés dans un petit contenant en plastique vert pâle.Enduits d’un peu de jus de
citron pour qu'ils restent plus appétissants, je les dégustais en écoutant les conversations et j’entendis :
-Non, je n’apporte pas de pommes
coupées comme Nicole, ça fait vieux.
Ça lui a échappé sans le vouloir, un
peu comme glisser sur de la glace en marchant dans la neige.J’ai
très bien su répondre.
Je crois qu’il faut se l’avouer, on
fait tous de l’âgisme envers les personnes plus vieilles que nous, moi y
compris.Juste de dire ‘’Ben voyons, je
ne suis pas si vieille que ça ! ‘’ Montre bien que nos bottines ne suivent pas nos
babines.
Entre vous et moi, je pense fortement
traîner dans ma sacoche des Paparmanes roses comme une vraie vieille,
comme le faisait si bien ma mère, pis ben des vieux Kleenex que je placerai dans
les manches de mon chandail en laine, juste comme ça...
''La vie recèle plein de
miracles, mais certains jours, l’avez-vous remarqué, les citrouilles restent
des citrouilles’’.Jacques Salomé
-Non, j'écris, j’sais pas.Je me lamente, comme les lamentations de
Jérémie. T’as déjà entendu ça, hein ? Ma mère le disait.Mais c’est qui Jérémie ?
-Cherche. Me dit-il.
On ne dérange jamais un homme qui
écoute son Super Bowl.
58 n’est qu’à un pas de la
soixantaine. Céline dirait que la
cinquantaine, c’est un peu la quarantaine de notre époque. Du point de vue de mes amis septuagénaires, c’est
encore jeune, mais pour les autres, mes enfants, mes collègues au travail, ça
semble pas mal vieux.Ce n’est pas l’âge
qui me dérange, c’est sentir mon corps se désagréger sournoisement, direction vers la sarcopénie, c’est quoi ça ?Une sorte de perte progressive de la masse musculaire et croyez-moi, mes
muscles ruminent trop souvent à mon goût, pas question de faire de la raquette
sans mes bâtons, si je tombe, je vais y rester.Qui m’a volé mes quadriceps ?Et
puis, la foutue ménopause tardive qui me frappe en plein visage, j’ai chaud, j’ai
froid, je transpire même des cheveux ! Braillarde en plus !Les vidéos de chiens me bouleversent ! Alors
voulez-vous bien me dire où est passée la fille d’avant ?
-Chérie, ça va être la mi-temps.
Y a tellement de gens qui sont malades et qui avancent vers leur cercueil que je n’ose même
plus dire de vive voix certains mots.Les épeler, ça me semble moins épeurant. J’ai le sentiment d’être en sursis parce qu’une
personne sur deux va avoir un C-A-N-C-E-R.Est-ce moi ou mon homme ? Avancer en âge nous rend fragile
alors je fais l’autruche.J’ai juste le
goût d’un mariage, d’un baptême, pas d'un salon funéraire ! Me schotcher à la vie, voilà.
Va falloir que je trouve un notaire, j’ai
même pas de testament encore.
-Viens, ça commence. Me redit
mon homme.
-Chéri, t’es tu Jlo ou Shakira ?
-Nicolo !
Et je ris.
-Elle a eu 50 ans Jlo, quelle belle femme ! Elle va prochainement transpirer elle aussi des cheveux !
Pognant à la gorge, les larmes vont vous couler le long du visage, lorsque vous allez regarder le vidéoclip viral Monsters de James Blunt concernant la maladie de son papa.
Charles Blunt est atteint d'une maladie rénale chronique de stade 4. Cet extrait est tiré de son dernier album Once Upon A Mind.
En 2017, j'ai adoré son précédent album The Afterlove et pour l'avoir vu en show également, je peux vous assurer qu'il est une bête de scène.
Sortez vos papiers mouchoirs... et allez dire aux gens qui vous entourent que vous les aimez !
-Tu l’écoutes ben souvent
Céline ! T’es là-dessus depuis les vacances de Noël ! Me sermonna mon homme.
-Ben oui, Courage, c’est son
meilleur en anglais ! Une chance que
Maman Dion ne s’est pas fait avorter ! Lui répliquai-je.
Lorsqu’on a donné naissance à 14
enfants et que la petite dernière est l’une des plus grandes chanteuses au
monde, on ne peut pas mourir dans l’anonymat. Thérèse Tanguay, la maman de notre Céline nationale est décédée le 17 janvier dernier à l’âge vénérable de 92 hivers.
Née en 1927, elle appartient
probablement de ces dernières femmes du Québec, à avoir
fait autant d’enfants comme nos respectables ancêtres, du début de la
colonisation jusqu’à la Révolution tranquille.Ma grand-mère maternelle Améda Guérin en a eu 13 (au secours !), c’était
le temps où le curé était l’influenceur suprême et que l’église catholique trônait dans
les chambres à coucher, une sorte de dictature subtile voire omniprésente. La foi, ça aide à surmonter bien des obstacles
avec une trâlée d’enfants comme ça ! Pour
revenir à Céline, bien contente que la cigogne non planifiée soit passée.
Toujours est-il que Maman Dion, qui elle-même jouait du
violon, voyait grand pour sa fille.En
visionnaire, elle lui écrit sa première chanson ‘’ce n’était qu’un rêve’’ qui
se cristallisa en succès.Puis arriva
les pâtés, l’animation d’émissions culinaires, les livres de recettes, La
Fondation Maman Dion (enfants défavorisés/réussite scolaire), et La Maison
Adhémar Dion (soins palliatifs). Et dire
que moi, avec seulement 3 enfants, j’ai rien fait de tout cela !
Malgré le décès de sa maman, Céline
chantait sur scène en Floride.Thérapie ou
professionnalisme, vous en connaissez-vous des femmes qui vont travailler la
même journée de la mort de leur mère ?Pas moi.Céline est plus grande
que nature, comme sa maman, des femmes montgolfières.
Coeur vaillant, mission accomplie et
musique en tête de Céline.Elle chantait vers le paradis :
‘’Dans un grand jardin enchanté
Tout à coup je me suis retrouvée’’…
Respect.
Crédit photo: RichardGauthier
Lying Down et les autres tournent en boucle dans ma salle de bain tôt le matin, juste avant d'aller travailler. Écoutez-moi ça !
Depuis quelques mois, je l’avais
demandé et espéré. En ouvrant mon cadeau
de Noël, comme une gamine de 10 ans, je me réjouissais d’avoir enfin ma montre
Fitbit. Maintenant, l’objectif ultime de mes
journées est d’atteindre mes 10,000 pas, tout en vérifiant la
qualité de mon sommeil. Cette montre a d’autres
fonctions, mais je vais me limiter à celles-là.
-Je t’ai vraiment acheté ça, moi
?Quel cadeau empoisonné !Me dit Monsieur le Marquis.
-Chéri (je l’appelle autrement, mais
c’est secret), Je dois atteindre mon objectif coûte que coûte !Selon l’OMS (organisme mondial de la santé),
il faut faire 150 minutes d’activités d’endurance d’intensité modérée par
semaine.
-Ben moi, mon activité d’endurance, c’est
toi et cette montre !
Tout a commencé parce que mes
gentilles collègues au travail comparaient leurs résultats avec leur
Fitbit.J’ai un gros côté influençable
etcomme j’ai engraissé de 15 livres
depuis 2 ans et que j’ai la sensation qu’un bulldozer m’ait entré dedans un
vendredi 13, je trouvais l’idée géniale.Mon corps grossis au contact de l’air (du vin peut-être aussi), mon métabolisme ralentit avec l’âge qui s’impose.Évidemment, le surplus de l’enrobage ne se
retrouve pas dans mes seins !Je deviens
une poire bien mûre, il ne me reste qu’à m’habiller en jaune ! Injustice ou
karma, allez savoir !
Faut me voir marcher en me lavant les
dents et courir dans toutes les pièces de la maison pour comprendre que mon
objectif me tient à cœur. Je deviens de
plus en plus serviable.Veux-tu un verre
d’eau ?Non, ne te lève pas, je vais le
chercher !Cherches-tu tes clés ?Je suis déjà rendue debout à virer la maison
de bord pour les trouver.
-Viens mon chien, on va dehors, faire
une autre marche.
-Il ne veut pas y aller dehors.Il a déjà fait sa marche tantôt ! Me dit mon
homme au regard de lynx.
-Ça se peut que tu perdes ta
montre, tu sais !
-Ben non, je couche avec !
P.S.
Le nombre de pas par jour est modulable.
Idéalement, c’est 10 000, mais vous pouvez commencer par un
objectif différent. Arrêtez-moi ‘’Quéqu’un’’
!
On a tous notre opinion sur la
monarchie britannique. Je n’irai pas sur
ce chemin, c’est trop glissant. Or si vous
habitez sur la planète terre et que vous n’avez pas été trop dans la lune cette
semaine, à part Trump et l’Iran incluant le Boeing 737 abattu, vous avez
peut-être sans doute vu passer une petite bombe médiatique plus légère un peu.
Le petit fils préféré de notre Queen
Élisabeth II renonce à son allocation royale (5% de ses revenus) et veut habiter
6 mois en Amérique du Nord, tout en gardant son royal cottage de Frogmore.On dit qu’Harry est sous influence de sa
belle Meghan, on dit bien des choses. Après l’abdication d’Édouard 8, c’est
donc la deuxième fois que la couronne britannique se fait rejeter, même si
Harry reste 6ième dans le rang de succession.
Est-ce qu’Élisabeth II avait perçu
des signes avant-coureurs ou est-elle littéralement tombée en bas de son trône
?Dans un cas comme dans l’autre, il n’existe
malheureusement pas de cours de perfectionnement pour une reine avec l’époque
actuelle. Après l’affaire Epstein et le
prince Andrew, la monarchie se détricote.
Tout le monde est curieux de savoir
comment Harry et Meghan gagneront de l’argent ?Vous ne le savez peut-être pas, mais le prince Charles, un grand écolo,
est à la tête d’un organisme sans but lucratif de produits biologiques du nom
de Duchy Originals. Depuis le début des
années 90, petits sablés, marmelade d’orange au thé, bacon, galettes à l’avoine,
limonade et miel sont vendus un peu partout dans le monde
(difficiles à trouver au Canada, inexistants au Québec).Néanmoins tous les bénéfices sont réservés à
la fondation du prince de Galles qui regroupe plusieurs œuvres caritatives. Alors
pourquoi nos deux tourtereaux ne commercialiseraient pas le sirop d’érable Harry
et Meghan ?Une vraie compagnie lucrative
comme…Ricardo (farce évidemment) !
J’avoue que ça m’amuse. Ça donne tout
de même de la fraîcheur à nos discussions.
‘’Sans oser, on perd sa vie.Les erreurs sont inévitables, mais c’est le
prix à payer pour être vivant’’.Douglas
Kennedy