dimanche 31 mai 2020

UN BAIN DE FORÊT





-Qu’est-ce que tu as fait en fin de semaine, Nicole ?  Me demanda l’une de mes collègues. 

-J’ai scié du bois au chalet. Depuis 3 semaines, je nettoie mon boisée et je travaille fort.

-Ah bon. Ce n’était pas plate (monotone) ?

-Non, au contraire, rien de mieux pour se vider le cerveau.  C’est méditatif et physique en même temps. Mon chum s'occupe des grosses bûches, pis moi, du reste. 

-Ah ok.

Je n’ai même pas eu un petit wow !  Juste un ok, plate comme une bière flatte.  C’est certain que j’aurais pu dire, je fais de la sylvothérapie, je prends un bain de forêt.  Là, ça aiguise la curiosité.  J’aurais sûrement eu un, c’est quoi la sylvothérapie ?  Une médecine préventive venue du Japon, ma chère.  En gros, elle est basée sur les bienfaits physiques et psychologiques de la nature. Notre taux de cortisol baisse, alors cette hormone liée au stress augmente nos globules blancs impliqués dans la réponse au virus. Pis les virus, ben, on commence à connaître, sauf un, mais on va l'oublier deux secondes. 

De l'air, se mettre le nez au vent est devenu un besoin vital parce que pour plusieurs, le pif, il se retrouve enfermé dans un masque, un couvre visage !

Vous n’avez pas de forêt et bien un parc près de chez vous peut faire l’affaire, mais de grâce, ne sciez pas les arbres !






Crédits photos: moi-même

lundi 18 mai 2020

La serviette sur la tête


Crédit photo: Pixabay

La serviette sur la tête, cheveux mouillés, on jase. 

C’est que j’arrive de 3 jours de sciage de bois au chalet.  Là-bas, la vie est comme avant.  Je ne prononce même plus le nom de vous savez quoi, juste à l’entendre, partout en tout temps, les orteils me frisent. Mais autant s’adapter, autant s’entraider.  Prendre le taureau par les cornes parce que le retour à la normale n’est pas pour demain.

‘’Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle’’. 

François Sagan
Des bleus à l’âme.


Après avoir suscité des craintes, et ce avec raison, la réouverture des écoles primaires a somme toute bien été. Fiston, le prof, a aimé son retour à l’enseignement avec ses 11 poussins de 5ième année (9-10 ans).  Habitué à une classe de 23 crocodiles, il y voit une grosse différence. Les liens se créent plus facilement, le gâteau lève vite.  Créatifs, les jeunes inventent des jeux distancés à la récré. Par contre, pas toujours facile de maintenir les mesures d’hygiènes, mais dans l’ensemble, l’œuvre semble positive. En bon français, c'est un work progress, c'est donc à suivre jusqu'à la sixième et dernière semaine. 

Petits comme grands, on veut juste faire de notre mieux dans le pire. Comme moi, tantôt, avec ma teinture maison pour cacher mes cheveux blancs. Ciel que j’ai hâte que les salons de coiffure ouvrent.  Scier du bois est vraiment plus facile que de s’appliquer une couleur douteuse dans une chevelure indomptable et rebelle. Le plus compliqué, c'est vraiment le derrière de tête, même le miroir n'a pas voulu m'aider ! 

Dans ce tourbillon, nous sommes tous dans le même bateau, un voyage imposé avec au programme une traversée indéterminée.  Apprendre à se faire une belle vie quand même, on y a droit. 

Bon, je vais aller voir la couleur. Même là-dessus, je n’ai pas le contrôle.  

dimanche 10 mai 2020

La fête est triste


Crédit photo: Pixabay (Banksy)

La tête par en avant, penchée vers le sol, je m’étire. En ouvrant les yeux, j’aperçois sur mes cuisses de la peau d’orange, plus communément appelée de la cellulite.  Ça m’a pris 58 ans pour qu’elle apparaisse sur cette partie de mon corps.  Des fois, j’oublie que nous sommes en période de pandémie.  Je n’écoute plus les mauvaises nouvelles sur le sujet, je travaille et je maintiens ma routine d’activité physique. 

J’omets presque que :

Le Québec est divisé en deux, les régions et Montréal. Celle-là est l’épicentre du foyer d’éclosion au Canada. Deux de mes trois enfants et ma petite fille vivent là-bas.  Ma fille m’a dit que les Montréalais ne respectent pas du tout la distanciation sociale. Alors déconfiner cette méga ville, à la fin de mai, ne me semble pas du tout une bonne idée.

Et dans la belle ville de Québec, mon autre fils recommence lundi à enseigner. Visière, masques et des mesures sanitaires strictes à respecter au menu.  Monsieur le prof au primaire travaille dans une école privée.  Bien chanceux pour lui parce qu’au public, je connais des enseignants qui n’arrivent même pas à avoir les produits désinfectants.  Les bottines ne suivent pas les babines des points de presse. Difficile de faire tourner un paquebot dans un lac. L’organigramme au public est peut-être trop lourd. 

En cette journée nuageuse de la fête des mères, je n’ai pas la tête dans les nuages. Comment ne pas penser à toutes les mamans, les grands-mamans, décédées de la Covid-19 dans les CHSLD ? Combien aujourd'hui de gens pleurent cette triste réalité ? Cette année, la fête est triste.

Je vais essayer de faire l’autruche, la tête par en avant, penchée vers le sol, enterrer mes pensées.  Pendant que d’autres vont mettre en terre, on ne sait pas quand, celle qui les a mis au monde.  Bonne fête des mères malgré tout...


dimanche 3 mai 2020

À 2 mètres de l'autre


L'excellente Élisabeth Moss dans la série La servante écarlate de l'auteur Margaret Atwood. 


À 2 mètres de l’autre, je serai.  Facile à dire, moins facile à faire !  Depuis le 13 mars dernier, Covid-19 a pris le contrôle de nos vies pour y installer la peur.  Depuis tout a changé.  Déjà qu’il y avait le cancer, c’était bien suffisant !  Je veux me réveiller de ce mauvais film de science fiction ! 

Le déconfinement progressif a commencé depuis peu et avec lui, la règle du 2 mètres de distanciation sociale imposée.  Enfantin la fin de semaine lorsque je me promène dehors en milieu rural, beaucoup plus difficile à mon petit bureau de la ville de Québec. À moins d’avoir un énorme chapeau qui m’oblige à garder ma distance avec l’autre, cette règle à application variable est l’une des plus difficiles à respecter.  On joue au ping-pong de l’oubli, on fait des acrobaties.

Comme le lien de confiance est déjà établi avec mes collègues, il est ardu de garder la distanciation et ce, sans me trouver moi-même trop exigeante, voire paraître caustiquement poule mouillée. C’est malaisant de redire et répéter la même rengaine.  Dans mon cas, je crois bien que j’opterai pour le port du masque.  Reste à savoir si j’arriverai à le mettre sans me sentir l’extraterrestre du troupeau, la servante écarlate du bureau ! 

Avant, je cherchais à pimenter ma vie, maintenant, j’essaie juste de la protéger. Quelle période troublante ! À suivre...


dimanche 26 avril 2020

J'ai la chienne


Je sais, ce ne sont pas des chiens (je vous présente quand même Thelma et Sonny) 
Crédit photo: moi.


Mes mains sont rugueuses, un peu comme l’écorce d’un peuplier.  Il est surprenant cet arbre, puisqu’on peut le planter à partir de boutures sans racines.  Pour en revenir à mes mains, c’est pas sorcier, l’arrivée du Coronavirus m’a rendue hypervigilante. Pas au début, mais de semaine en semaine, subtilement.

J’ai déjà lu quelque part que c’est grâce à nos ancêtres, il y a 5 millions d’années que nous avons si bien su développer notre faculté d’adaptation.  Je vous avise que je m’adapte difficilement à la nouveauté, je n'ai pas cette capacité.  La bulle pandémique du Covid-19 me fait l’effet d’une gifle par jour.  L’overdose de la sinistrose me guette. J’ai la chienne d’attraper ce foutu virus en raison de mon âge et que…je suis badloquée (malchanceuse).  L’immunité collective avec son incohérence me donne la frousse. Juste le goût de disparaître au chalet pendant 2 ans, le temps de la fabrication d'un vaccin. 

Alors, je me soigne.  Aux grands maux, les grands moyens ! Je marche comme une dingue ! À mon heure de dîner, au retour du travail, j’ajoute 30 minutes de yoga, 3 fois/semaine et la fin de semaine, je fais 10 kilomètres de marche cardio !  Cela dit, ma fitbit est en feu ! Ai-je moins peur de la Covid-19 ?  Non, mais je vais avoir des fesses d’enfer !

Toujours est-il que malgré le laid, il y a du beau.  Je m'en vais faire pousser des tomates au soleil, pis…un peuplier aussi.  À suivre.


dimanche 19 avril 2020

Atterrir dans le futur


Getty images

Nous sommes déjà rendus en 2082.  Ce n’est pas des farces, le temps voyage à la vitesse de l’éclair.  Notre capacité d’adaptation a fait notre force pour la survie de notre espèce.  Nous vivons notre vingtième pandémie, en plus du cadeau empoisonné des changements climatiques des générations antérieures. Nos prédécesseurs n’ont rien fait afin de fermer leur boîte de Pandore, nous faisons donc juste de notre mieux.  Je vous annonce qu’après un mois de confinement, nous aurons lundi prochain, le droit d’accéder à la vaccination massive buccale de toute la population terrestre.  Une livraison express personnalisée de Google drones !  

Bon, comme j’avais du temps à perdre pendant ce congé forcé, je suis allée fureter dans les archives nationales des ancêtres du Québec (anciennement BANQ).  Mon arrière grand-mère avait un blogue, c’est fou ce qu’on peut y retrouver de tout, pour tous les goûts.  Bref, ma best vieille mamie Nicole Simard a connu l’époque du Covid-19 en 2020, intéressant de lire que, ce qu’elle trouvait difficile était la dissociation sociale, fallait garder 2 mètres de distance avec son voisin et se laver les mains très souvent, je vous passe les détails.  À cette période, on développa le télétravail et les 5 à 7 virtuels.  Mon aïeule trouvait que la chaleur humaine ne traversait pas les écrans numériques (technologie de dinosaures entre vous et moi).  Dans le temps, on disait qu’il fallait de 4 à 6 semaines pour s’adapter à une nouvelle situation.  Nous, ça nous prend une semaine.  Ils auraient de la misère en petite péché de vivre ici, maintenant !  Savez-vous combien ils ont attendu de temps pour avoir le fameux vaccin Covid-19 ?  Un an et 2 mois !  Une éternité !  Il y a eu beaucoup de morts, pour eux, c’était un peu comme vivre dans un mauvais film de science fiction.  Franchement, même avec de la poudre de perlimpinpin, je ne voudrais pas retourner dans ce temps-là ! 

-Choupette, viens manger !  T’as reçu ta commande de chez Hologramme Kino-mo.

Vous avez entendu mon père ?  Faut que j’y aille.  Ce soir, on va manger en compagnie de l’hologramme de Céline Dion.  Le rétro est très populaire en ce moment. Je zieute celui de Paul McCartney.  Faut que j’y aille, bye !  J'aime les vieilles choses comme mon ancêtre.  Elle chante si bien Céline. 

vendredi 3 avril 2020

Le Réseau Avant de Craquer







Peu ou pas assez connu à mon goût, Le Réseau Avant de craquer est une valeur sûre pour vous aider à garder la tête hors de l'eau pendant votre confinement du Covid-19.  Leur infolettre est remplie d'excellents articles.  Je vous partage mon préféré du jour celui de: Handfield, Catherine (2020, 1 avril) '' On se garde bien de parler de nos peurs ''. La Presse. 


Ça va bien aller... Chose certaine, il y a un avant et il y aura un après à cette pandémie.  Serons-nous différents ?  Aurons-nous développer d'autres habitudes ? Pour l'instant, de mon côté, l'adrénaline redescend, je continue à travailler (service essentiel), mes proches ont perdu leur emploi et sont confinés à la maison.  Heureusement que nous sommes à l'ère numérique.  On a procédé à l'installation du télétravail avec l'adrénaline au plafond.  Quelle période stressante ! D'abord, ne pas attraper ce foutu virus, puis s'adapter au télétravail avec des enfants dans les pattes (petits et grands), sans compter le chien de compagnie qui ne reconnaît plus sa routine habituelle.  Nous sommes tous en hypervigilance.  Cet état de sensibilité, de vigilance exagérée qui disons-le, est épuisante.   Avoir une routine, se coucher tôt, marcher régulièrement et souvent, aide beaucoup.  On fait ce que l'on peut, pas ce que l'on veut. 

On va en avoir pour longtemps, mais pas ad vitam aeternam !  Soyons solidaires, respectons le confinement !  Ça va bien aller. 


samedi 28 mars 2020

Une vague d'arcs-en-ciel





Pendant qu’il pleut des morts Covid-19 partout sur la planète, nous cherchons le réconfort.

Ils sont collés sur les fenêtres d’inconnus, souvent réalisés par de toutes petites mains d’enfants du coin, les arcs-en-ciel nous font du bien.  Les adultes s'y mettent aussi, la pandémie n’aura pas notre moral, faut trouver l’angle de la lumière où il se trouve.

Alors en voici quelques-uns dans le quartier de Limoilou à Québec.

Prenez soin de vous !







lundi 23 mars 2020

Covid-19



Crédit photo: moi-même
Titre: À distance

On pense vivre à une époque moderne et on se retrouve avec les mêmes difficultés que nos ancêtres qui ont fait face à la variole et à la grippe espagnole. Belle évolution ! Parce que depuis que Covid-19 s’est invité sans invitation sur notre planète bleue, nos vies ont radicalement changé.  Il a fallut une pandémie pour nous en obligé.  On a tous une phrase clé qui nous motive dans la vie, la mienne est : ‘’j’apprends dans l’allégresse’’,  Covid-19 s’en fiche, persiste et signe.

De mon côté, je continue à travailler sur le plancher des vaches avec une équipe réduite au maximum, puisque la grande majorité de mes collègues travaillent en télétravail.  Nous respectons à la lettre les mesures sanitaires obligatoires et même plus. La maladie mentale ne prend pas de vacances et nous sommes dans le secteur des services essentiels. En mode urgence nous sommes.  Notre mantra est adaptation à vitesse grand V. 

D’un point de vue personnel, l’un de mes enfants est revenu d’Allemagne avant hier.  Après avoir visité 16 pays et enseigné à Berlin pendant 7 mois, il se retrouve en quarantaine au chalet (lire mon chalet).  Y a pire dans la vie, je sais (mais c’est quand même mon chalet où je ne peux plus aller).  Mes autres enfants suivent les normes, l’un est en télétravail et l’autre a perdu son emploi (lire, j'ai besoin d'argent).

Dans cet esprit de conserver moi-même ma propre santé mentale, je me retrouve à marcher sur mon heure de dîner et dans mon quartier en soirée !  Ma Fitbit est en feu ! Un timide bonjour par-ci, par-là et beaucoup de yeux inquiets qui s’entremêlent. Le ciel est bleu, certes, il y a moins de pollution atmosphérique, on se préoccupe davantage de nos proches, de nos collègues. Les rapprochements sont virtuels, mais réconfortants et sincères.  Tiens, je deviens presque jovialiste !  

C’est fou comme nos priorités changent vite tout d’un coup. Que dire de plus ?  Un jour à la fois et ça va bien aller sont mes nouveaux mantras.  L’allégresse à pris le bord.  

mardi 10 mars 2020

Frida Kahlo au MNBAQ


Oeuvre de Diego Rivera

Je n’avais pas trop le goût d’y aller, j’hésitais, parce que je pensais ne pas aimer les œuvres avec une pincée de surréalisme de l’artiste peintre mexicaine Frida Kahlo (1907-1954) au MNBAQ.  Je m’y suis donc présentée, une journée gratuite.  Mais voulez-vous bien me dire à quoi j’ai pensé !  Décidément, je n’étais pas la seule à avoir eu cette brillante idée, c’était archiplein au pouce carré. J’y suis entrée un peu à reculons, c’était pour mieux avancer dans l’univers de celle qui peignait sa réalité, sa souffrance. Faut donc oublier le surréalisme, bien au contraire. 

Sa vie était loin d’un long fleuve tranquille.  Polio à 6 ans, accident grave à l’adolescence, elle subira pas moins de 30 opérations dont l’amputation de sa jambe droite un an avant sa mort.  Elle vivra quand même une passion dévorante avec le peintre Diego Rivera et sera une militante communiste convaincue jusqu’à sa mort.

Alors jusqu’au 18 mai prochain, allez découvrir une vingtaine d’œuvres extrêmement fortes de Kahlo, mais aussi de Rivera et de d’autres artistes modernes mexicains.  Il y a également de nombreuses photographies qui aident à les situer dans l’époque, celle de la révolution mexicaine jusqu’au début des années 50. 

C’est bête, mais des fois, la souffrance peut donner de la beauté, celle de Frida Kahlo.

Belle découverte à faire, mais pas la journée gratuite du premier dimanche du mois ! 








jeudi 27 février 2020

Jamais trop d'art, jamais trop de Corno

Même si Joanne Corneau alias Corno est décédée en 2016, elle habite toujours notre univers artistique. L'un d'eux est la Galerie Iris à Baie-St-Paul. On peut y admirer de récentes acquisitions sur le marché. Normal, puisque les collectionneurs de départissent de certains tableaux.  Un ravissement, là où nos yeux s'y déposent. 


De toute beauté !   Lorsque je suis allée visiter, samedi passé, elles étaient à 47,450$ chacune.  Sur le site de la Galerie Iris, aujourd'hui 27 février, elles sont à 41,270$ chacune.  Elles sont immenses !



Site Galerie Iris 10 750$


Site Galerie Iris. Toile de gauche: 22 766$ et toile de droite:  31 268$

jeudi 20 février 2020

Vieillir



Julianne Moore, 58 hivers. Crédit photo: Calendrier Pirelli 2017


Nicole, un nom daté, car à peine prononcé, on me croit de la génération des septuagénaires. Mon visage est un paysage habité où l’on y trouve 58 hivers bien sonnés.  Pourtant dans ma tête, je suis une quincados qui ne veut pas vieillir, or lutter contre mon âge n’y changera rien. 

Vieillir est difficile pour une femme (lire pour moi). C’est un passage obligé, compliqué, très étroit. L’âge parle fort, petit à petit, à travers les remarques de nos proches, la case d’un formulaire à remplir, nos indispensables lunettes, avec la peau qui change, des douleurs qui s’installent et le corps qui s’épaissit. Vieillir, c’est surtout avoir moins de certitudes et de plus en plus de fragilités.   

Je vous raconte.

Je mangeais mes morceaux de pommes que j’avais déjà coupés et déposés dans un petit contenant en plastique vert pâle.  Enduits d’un peu de jus de citron pour qu'ils restent plus appétissants, je les dégustais en écoutant les conversations et j’entendis :

-Non, je n’apporte pas de pommes coupées comme Nicole, ça fait vieux.

Ça lui a échappé sans le vouloir, un peu comme glisser sur de la glace en marchant dans la neige.  J’ai très bien su répondre.

Je crois qu’il faut se l’avouer, on fait tous de l’âgisme envers les personnes plus vieilles que nous, moi y compris.  Juste de dire ‘’Ben voyons, je ne suis pas si vieille que ça ! ‘’ Montre bien que nos bottines ne suivent pas nos babines.

Entre vous et moi, je pense fortement traîner dans ma sacoche des Paparmanes roses comme une vraie vieille, comme le faisait si bien ma mère, pis ben des vieux Kleenex que je placerai dans les manches de mon chandail en laine, juste comme ça...

''La vie recèle plein de miracles, mais certains jours, l’avez-vous remarqué, les citrouilles restent des citrouilles’’.  Jacques Salomé


dimanche 2 février 2020

Jlo ou Shakira


Résultat de recherche d'images pour "jlo shakira""
Instagram

-Tu fais un blogue ? Me demande mon homme.
-Non, j'écris, j’sais pas.  Je me lamente, comme les lamentations de Jérémie. T’as déjà entendu ça, hein ? Ma mère le disait.  Mais c’est qui Jérémie ?
-Cherche. Me dit-il.  
On ne dérange jamais un homme qui écoute son Super Bowl.

58 n’est qu’à un pas de la soixantaine.  Céline dirait que la cinquantaine, c’est un peu la quarantaine de notre époque.  Du point de vue de mes amis septuagénaires, c’est encore jeune, mais pour les autres, mes enfants, mes collègues au travail, ça semble pas mal vieux.  Ce n’est pas l’âge qui me dérange, c’est sentir mon corps se désagréger sournoisement, direction vers la sarcopénie, c’est quoi ça ?  Une sorte de perte progressive de la masse musculaire et croyez-moi, mes muscles ruminent trop souvent à mon goût, pas question de faire de la raquette sans mes bâtons, si je tombe, je vais y rester.  Qui m’a volé mes quadriceps ?  Et puis, la foutue ménopause tardive qui me frappe en plein visage, j’ai chaud, j’ai froid, je transpire même des cheveux !  Braillarde en plus !  Les vidéos de chiens me bouleversent ! Alors voulez-vous bien me dire où est passée la fille d’avant ?  

-Chérie, ça va être la mi-temps.  

Y a tellement de gens qui sont malades et qui avancent vers leur cercueil que je n’ose même plus dire de vive voix certains mots.  Les épeler, ça me semble moins épeurant. J’ai le sentiment d’être en sursis parce qu’une personne sur deux va avoir un C-A-N-C-E-R.  Est-ce moi ou mon homme ? Avancer en âge nous rend fragile alors je fais l’autruche.  J’ai juste le goût d’un mariage, d’un baptême, pas d'un salon funéraire !  Me schotcher à la vie, voilà.  

Va falloir que je trouve un notaire, j’ai même pas de testament encore. 

-Viens, ça commence. Me redit mon homme.
-Chéri, t’es tu Jlo ou Shakira ?  
-Nicolo !
Et je ris.
-Elle a eu 50 ans Jlo, quelle belle femme !  Elle va prochainement transpirer elle aussi des cheveux ! 



lundi 20 janvier 2020

Monsters de James Blunt

Pognant à la gorge, les larmes vont vous couler le long du visage, lorsque vous allez regarder le vidéoclip viral Monsters de James Blunt concernant la maladie de son papa.  

Charles Blunt est atteint d'une maladie rénale chronique de stade 4.  Cet extrait est tiré de son dernier album Once Upon A Mind. 

En 2017, j'ai adoré son précédent album The Afterlove et pour l'avoir vu en show également, je peux vous assurer qu'il est une bête de scène. 

Sortez vos papiers mouchoirs... et allez dire aux gens qui vous entourent que vous les aimez ! 


dimanche 19 janvier 2020

Maman Dion


Crédit photo: Céline Dion/Instagram

-Tu l’écoutes ben souvent Céline ! T’es là-dessus depuis les vacances de Noël !  Me sermonna mon homme.

-Ben oui, Courage, c’est son meilleur en anglais !  Une chance que Maman Dion ne s’est pas fait avorter !  Lui répliquai-je.

Lorsqu’on a donné naissance à 14 enfants et que la petite dernière est l’une des plus grandes chanteuses au monde, on ne peut pas mourir dans l’anonymat. Thérèse Tanguay, la maman de notre Céline nationale est décédée le 17 janvier dernier à l’âge vénérable de 92 hivers. 

Née en 1927, elle appartient probablement de ces dernières femmes du Québec, à avoir fait autant d’enfants comme nos respectables ancêtres, du début de la colonisation jusqu’à la Révolution tranquille.  Ma grand-mère maternelle Améda Guérin en a eu 13 (au secours !), c’était le temps où le curé était l’influenceur suprême et que l’église catholique trônait dans les chambres à coucher, une sorte de dictature subtile voire omniprésente.  La foi, ça aide à surmonter bien des obstacles avec une trâlée d’enfants comme ça !  Pour revenir à Céline, bien contente que la cigogne non planifiée soit passée.

Toujours est-il que Maman Dion, qui elle-même jouait du violon, voyait grand pour sa fille.  En visionnaire, elle lui écrit sa première chanson ‘’ce n’était qu’un rêve’’ qui se cristallisa en succès.  Puis arriva les pâtés, l’animation d’émissions culinaires, les livres de recettes, La Fondation Maman Dion (enfants défavorisés/réussite scolaire), et La Maison Adhémar Dion (soins palliatifs).  Et dire que moi, avec seulement 3 enfants, j’ai rien fait de tout cela !  

Malgré le décès de sa maman, Céline chantait sur scène en Floride.  Thérapie ou professionnalisme, vous en connaissez-vous des femmes qui vont travailler la même journée de la mort de leur mère ?  Pas moi.  Céline est plus grande que nature, comme sa maman, des femmes montgolfières. 

Coeur vaillant, mission accomplie et musique en tête de Céline.  Elle chantait vers le paradis :
 ‘’ Dans un grand jardin enchanté
Tout à coup je me suis retrouvée’’…

Respect.

Crédit photo: RichardGauthier

Lying Down et les autres tournent en boucle dans ma salle de bain tôt le matin, juste avant d'aller travailler.  Écoutez-moi ça ! 

dimanche 12 janvier 2020

Le montre ensorceleuse




Depuis quelques mois, je l’avais demandé et espéré.  En ouvrant mon cadeau de Noël, comme une gamine de 10 ans, je me réjouissais d’avoir enfin ma montre Fitbit.  Maintenant, l’objectif ultime de mes journées est d’atteindre mes 10,000 pas, tout en vérifiant la qualité de mon sommeil.  Cette montre a d’autres fonctions, mais je vais me limiter à celles-là. 

-Je t’ai vraiment acheté ça, moi ?  Quel cadeau empoisonné !  Me dit Monsieur le Marquis.

-Chéri (je l’appelle autrement, mais c’est secret), Je dois atteindre mon objectif coûte que coûte !   Selon l’OMS (organisme mondial de la santé), il faut faire 150 minutes d’activités d’endurance d’intensité modérée par semaine.  

-Ben moi, mon activité d’endurance, c’est toi et cette montre  ! 

Tout a commencé parce que mes gentilles collègues au travail comparaient leurs résultats avec leur Fitbit.  J’ai un gros côté influençable et  comme j’ai engraissé de 15 livres depuis 2 ans et que j’ai la sensation qu’un bulldozer m’ait entré dedans un vendredi 13, je trouvais l’idée géniale.  Mon corps grossis au contact de l’air (du vin peut-être aussi), mon métabolisme ralentit avec l’âge qui s’impose.  Évidemment, le surplus de l’enrobage ne se retrouve pas dans mes seins !  Je deviens une poire bien mûre, il ne me reste qu’à m’habiller en jaune ! Injustice ou karma, allez savoir ! 

Faut me voir marcher en me lavant les dents et courir dans toutes les pièces de la maison pour comprendre que mon objectif me tient à cœur.  Je deviens de plus en plus serviable.  Veux-tu un verre d’eau ?  Non, ne te lève pas, je vais le chercher !  Cherches-tu tes clés ?  Je suis déjà rendue debout à virer la maison de bord pour les trouver.

-Viens mon chien, on va dehors, faire une autre marche. 

-Il ne veut pas y aller dehors.  Il a déjà fait sa marche tantôt ! Me dit mon homme au regard de lynx.

-Ça se peut que tu perdes ta montre, tu sais !

-Ben non, je couche avec ! 

P.S.  Le nombre de pas par jour est modulable.  Idéalement, c’est 10 000, mais vous pouvez commencer par un objectif différent.  Arrêtez-moi ‘’Quéqu’un’’ !

jeudi 9 janvier 2020

Le coming out d'Harry et Meghan


Crédit photo: Samir Hussein/Betty images

On a tous notre opinion sur la monarchie britannique.  Je n’irai pas sur ce chemin, c’est trop glissant.   Or si vous habitez sur la planète terre et que vous n’avez pas été trop dans la lune cette semaine, à part Trump et l’Iran incluant le Boeing 737 abattu, vous avez peut-être sans doute vu passer une petite bombe médiatique plus légère un peu.

Le petit fils préféré de notre Queen Élisabeth II renonce à son allocation royale (5% de ses revenus) et veut habiter 6 mois en Amérique du Nord, tout en gardant son royal cottage de Frogmore.  On dit qu’Harry est sous influence de sa belle Meghan, on dit bien des choses. Après l’abdication d’Édouard 8, c’est donc la deuxième fois que la couronne britannique se fait rejeter, même si Harry reste 6ième dans le rang de succession.   

Est-ce qu’Élisabeth II avait perçu des signes avant-coureurs ou est-elle littéralement tombée en bas de son trône ?  Dans un cas comme dans l’autre, il n’existe malheureusement pas de cours de perfectionnement pour une reine avec l’époque actuelle.  Après l’affaire Epstein et le prince Andrew, la monarchie se détricote.  

Tout le monde est curieux de savoir comment Harry et Meghan gagneront de l’argent ?  Vous ne le savez peut-être pas, mais le prince Charles, un grand écolo, est à la tête d’un organisme sans but lucratif de produits biologiques du nom de Duchy Originals. Depuis le début des années 90, petits sablés, marmelade d’orange au thé, bacon, galettes à l’avoine, limonade et miel sont vendus un peu partout dans le monde (difficiles à trouver au Canada, inexistants au Québec).  Néanmoins tous les bénéfices sont réservés à la fondation du prince de Galles qui regroupe plusieurs œuvres caritatives. Alors pourquoi nos deux tourtereaux ne commercialiseraient pas le sirop d’érable Harry et Meghan ?  Une vraie compagnie lucrative comme…Ricardo (farce évidemment) !

J’avoue que ça m’amuse. Ça donne tout de même de la fraîcheur à nos discussions. 

‘’Sans oser, on perd sa vie.  Les erreurs sont inévitables, mais c’est le prix à payer pour être vivant’’.  Douglas Kennedy

Pauvre Queen, encore une annus horribilis !

dimanche 5 janvier 2020

Les balles à tête creuse




‘’Ce n’est pas parce qu’on n’est pas dans la lumière qu’on est un looser’’.  Cette belle citation provient de l’actrice du film culte  Love Story (1970) et égérie de Chanel en 2019 à l’âge respectable de 80 ans.  J’aime cette réflexion qui nous fait réfléchir sur le besoin de reconnaissance.  Est-ce qu’il faut vraiment être présent sur les réseaux sociaux ? On y voit de belles choses, mais aussi les pires. La dureté et  le manque de retenue de certains commentaires d’internautes me font tomber régulièrement de ma chaise.  Faut pas les lire.  Le narcissisme ne se farde pas de nuances.  Ce Far West numérique aurait besoin décidément d’encadrement parce que le manque de discernement est flagrant.

Selon Bruno Patino, auteur du livre La civilisation du poisson rouge (quel beau titre !), il semblerait que le temps d’attention des milléniaux sur internet serait de 9 secondes presque le même qu’un poisson rouge qui est de 8 secondes.  Pas étonnant et peu importe la génération que le clavier a la gâchette facile. Alors pour les cowboys du Web, je suggère l’installation d’une clochette lorsque la mitraillette se lâche lousse à 18 pouces de l’écran.  Cela dit, on devrait peut-être bloquer certains mots sur les réseaux sociaux.  La libre expression a ses limites surtout lorsqu'elle se transforme en balles à tête creuse (croyez-le ou non, mais ce type de balles existe vraiment !).  Que dire des vols de données chez Desjardins, des faux courriels et des faux sites.  On a vraiment perdu le contrôle !

En 2020, je souhaite que notre époque anxiogène se donne les moyens d’un code d’éthique de navigation.  En ce qui concerne la sécurité, ça me dépasse complètement. En attendant, je retourne à ma place, dans l’ombre, c’est gagnant !  

Bonne année et de la santé, beaucoup de santé !  Le reste, c’est du bonus !

lundi 2 décembre 2019

L'empreinte écologique



Crédit image: Pixabay


Ça sera entre vous et moi, on jase là, une sorte de secret de Polichinelle. Je vous prédis qu’en 2020, le terme à la mode et omniprésent sera ( attention, on entend un roulement de tambour), l’empreinte écologique !   Faut vraiment pas être une sorcière pour observer cette évidence, je sais !  Paraîtrait même que le groupe Coldplay (que j’adore) cesse ses tournées pour préserver la planète.  Ne pourrions-nous pas faire des tournées moins polluantes au lieu de les arrêter ?  On pourrait aussi inviter le public à venir assister aux concerts en covoiturage ou en transport en commun. Quoique, je me tire dans le pied si j’opte pour l’option autobus dans ma belle ville de Québec.  Je risque fort d’arriver à destination à la fin du show !  Le transport structurant, on en parle, mais c'est loin d'être fait. 

Il semblerait selon RDI matin, 300 secondes de sciences, que les émissions de gaz à effet de serre ont augmentées et ce, à chaque année, de 1,5% entre 2010 et 2019. On s’enligne pour 20100 à une augmentation de 3,2% degrés Celsius et si on veut rester à 1,5%, il va falloir baisser à 7,6% chaque année.  Et dire que je trouvais intenses les gens qui compost et qui adoptent le zéro déchet !

Faut que j’en fasse davantage moi aussi.  À part la récupération, l’achat de seconde main, le recyclage et le bannissement des bouteilles d’eau, je ne fais pas grand chose. Je vais donc aller fouiner sur les différentes plateformes qui calculent mon empreinte écologique en écoutant du Coldplay.  Quoi ? Je vous l’avais dit, empreinte écologique, empreinte écologique, empreinte écologique, empreinte écologique...Le mantra de 2020. 

P.S. Voici quelques plateformes pour calculer votre... empreinte écologique.

3- Calcule ton empreinte écologique (pour les enfants)