mercredi 7 septembre 2022

Les Mosaïcultures Québec 2022

 

Crédit photo: moi-même

Désolée pour l’assiduité qui fait faux bond sur mon blogue, mais la retraite occupe entièrement mon univers. Le matin, c’est sacré, j’écris mon roman et l’après-midi, je prends le temps de Vivre, avec un grand V. Bref, je profite de ce "tout" et ce "rien" que j'aime, que je savoure et que je vénère (je n'exagère même pas). Tiens, tiens, comme celui d’aller voir les Mosaïcultures au parc du Bois-de-Coulonge à Québec.

Le bouche-à-oreille a finalement fait son chemin petit-à-petit jusqu’à moi. Faut dire que les commentaires étaient tous positifs, une sorte d’effervescence, de bouillonnement dans chacun d’eux. C’est donc en accompagnant de la famille, que j’ai pu vérifier les qu’en-dira-t-on, et j’en suis ressortie totalement estomaquée ! Rien de moins !

Lorsque 6 millions de fleurs et de plantes vous parlent avec autant de beauté sur un parcours de 1,5 kilomètres, vous les écouter !  Le thème « Il était une fois…la terre » dans l’art horticole n’est pas juste beau, il livre un message et nous rappelle la fragilité de la vie. Une expo qui nous amène dans le monde polaire et marin, dans celui des espèces menacées, sans oublier, la Nation huronne-wendat, pour se terminer en agronomie. Ce sont 100 horticulteurs qui nous éblouissent avec 200 variétés de fleurs et de plantes, 200 œuvres tridimensionnelles, dont certaines immenses et 20 tableaux, 7 jours sur 7 ! Lorsque la démesure et la poésie se rencontrent, ça donne ce genre d’événement, un incontournable ! 

Je vous confirme que les sentiments sont perceptibles dans les sculptures. Comment y arrivent-ils ? Comment des formes de métal recouvertes de toile géotextile, puis remplies de terreau arrivent à faire de telles merveilles ? Ricardo dirait que le secret est dans la Caramilk, ici, il est créé par Mosaïcultures Internationales, de grands, de très grands artistes horticoles. À voir et à revoir absolument jusqu’au 10 octobre prochain.



mercredi 10 août 2022

Marie Laberge

 



Crédit photo, celle du bas: Michel Cloutier

C’est peut-être un hymne admiratif qui fait que je prends mon clavier, c’est sûrement un hymne à la reconnaissance, un chant à la louange de l’écrivaine québécoise connue et reconnue qu’est Marie Laberge. J’avoue, d’elle, je ne connaissais qu’une mèche noire, bien en évidence sur une belle chevelure blanche. Ma boulimie littéraire n’avait jamais croisé son chemin. Mais où étais-je avant d’aller à sa rencontre ? Mieux vaut tard que jamais, comme on dit! Cet été, fallait me voir me gaver de « Gabrielle », « Adélaïde » et « Florent », trois briques intemporelles. D’ailleurs, c’est la première fois qu’un auteur réussit à me faire pleurer à la première page d’un roman, celui de Florent. La dernière page lue, j’étais en manque. Au secours !

Les jours ont passé, je suis allée vers « Manikanetish » de Naomi Fontaine, jeune auteure Innue remplie de talent. J’ai beaucoup aimé. J’ai par la suite continué vers d’autres écrivains, mais je m’entendais dire souvent : « Ce n’est pas si bien écrit que Marie Laberge! Il manque l’humanité des personnages qu’elle seule sait si bien décrire. Bref, je cherchais son style, son intensité, sa flamme et son talent dans les autres. Fallait que je fasse quelque chose. J’ai mis de côté ma pile de livres, pris le volant pour atterrir chez mon libraire afin d’y déposer devant la caissière, quelques ’unes de ses œuvres. C’était Noël avant le temps ! Alléluia !

J’ai terminé d’écrire mon premier roman (politico-historique) que je corrige en ce moment. C’est du sport, mais c’est tellement important pour moi ! Disons que la débutante à peur de rien !  Je me vois, petite, prendre des cours privés pour juste apprendre à lire (merci maman), je pars de loin et me voici à 60 ans à voyager en 1833 avec des mots, les miens. Marie Laberge, sans le savoir, m’a donné l’autorisation d’enlever la pudeur qui enfermait mes personnages. Décloisonner ma retenue. Elle est maintenant mon auteure chouchou. Celle qui tient sa plume comme un scalpel, une grande chirurgienne de l’âme humaine. Je vous quitte, j’ai des livres à lire, les siens ! Enfin ! 

dimanche 31 juillet 2022

Le ciel est défâché

 

                                                             Crédit photo: AP, Éric Gay

Lorsque ma montre a vibré et que mon cellulaire en sourdine a sonné, j’ai pris l’appel immédiatement. J’oublie toujours de remettre le son, mais ça, c’est une autre histoire. Je poursuis… C’était l’adorable secrétaire Maggie qui m’offrait un rendez-vous d’urgence (abordable) pour réparer, ma dent numéro 47, ma maudite molaire tronçonneuse. Elle fut donc restaurée vendredi, par une nouvelle, gentille, jeune et très compétente dentiste, Docteure Marcotte ! Je n’ai jamais été très superstitieuse, mais je vais le devenir !  La médisance envers l’Église catholique, je ne ferai plus (sauf dans mon roman) et le ciel ne m’en voudra plus ! Ça rime en crime !

Faut dire que j’ai arrêté mes critiques envers le pape assez rapidement puisque je ne pouvais plus ni parler, ni mastiquer. J’ajoute que vendredi, dans les airs, bien installé dans son avion papal, Jorge Mario (son vrai prénom) a enfin reconnu que les abus subis par les peuples autochtones dans les pensionnats constituaient un génocide. Alléluia ! « Dieu existe » me suis-je dit ! Peut-être que ça ne vous fait rien, mais moi, ça me fait du bien. La pression est donc maintenant sur les évêques et le Vatican afin d’ouvrir les archives de cette macabre époque. Cet aveu important ne me rendra pas plus catholique, mais disons que cette cause me tient à cœur et augmente mon empathie et mon grand respect envers les Autochtones. Parce qu’il ne faut pas faire l’autruche, les non-Autochtones dont je fais partie, ont pas mal de travail à effectuer pour construire des ponts, pour aller à la rencontre de ces premiers habitants du Québec. Leur musique et leur littérature deviennent les meilleurs véhicules pour y arriver et la visite de leurs territoires à ne pas oublier. Un pas à la fois, ensemble.

Il fait beau, vraiment beau, je vais aller tester le ciel. Si un oiseau laisse échapper un cadeau du firmament, je saurai que le pardon n’est pas encore accordé ! :) 

jeudi 28 juillet 2022

Le ciel est fâché

                                                           Crédit photo: Getty Images/Joe bélanger

Je deviens crack-pot, marteau, vous me direz ce que vous en pensez, mais le ciel vient de me punir! Cette semaine, j’ai commenté allégrement, à droite et à gauche, mon malaise voire ma colère envers la religion catholique et les excuses insuffisantes du pape aux victimes des pensionnats. Bien hier, j’ai reçu ma punition en plein visage. 

La soirée s’annonçait pourtant belle. La température était humide, mais pas trop, un petit vent nordet, de l’aval du fleuve St-Laurent rafraîchissait la pièce. En apéro, j’avais bu un excellent vin rouge italien, un mercredi soir en plus, pas même la fin de semaine ! Je considérais mon geste comme un péché véniel, anodin, amusant, sans gravité !  Je crois que je médisais encore ma frustration papale lorsque le malheur me frappa pendant que je mastiquais une bouchée de porc mariné que j’avalais avec un gros, mais que dis-je, un énorme morceau de plombage de ma dent 47, une molaire inférieure droite. Je trouve que le ciel y ait allé fort un peu ! Je ne pouvais plus rien ingurgiter, même le vin changé en eau ne passait plus ! 

Le ciel, au-dessus de nos têtes voit et entend tout. Il s’est arrangé pour me faire taire. Je veux quand même ce soir, lui préciser que j’ai très bien compris le message, surtout ma langue qui se fait scier froidement par ma dent coupante et ce, à chaque fois que j’avale ou que je parle. Alors je mange mou comme si j’avais atteint l’âge vénérable de 90 ans et je ne dis plus un mot jusqu’au retour des vacances de ma dentiste, soit lundi (Alléluia). Je vous précise qu’au Québec, les professionnels de la santé buccale prennent leurs vacances tous en même temps. Bien sûr, vous pouvez trouver un dentiste en urgence, mais ça vous coûtera la peau des fesses juste pour le diagnostic. J’ai quand même pensé à placer un peu de cire orthodontique sur la méchante dent tronçonneuse, ma langue s’en porte un peu mieux. 

Vous pensez que je me trompe que « Honni soit qui mal y pense », que ce n’est pas une intervention divine, que l’intention ne se voulait pas malveillante.  Peut-être, mais comme dirait un proverbe bien connu : « crache en l’air, retombe sur le nez ». C’est tout près des dents ça ! Avoir une dent contre quelqu'un nous revient toujours entre les dents ! 

vendredi 8 juillet 2022

À dix minutes du pape


                                        Photo: Archives Deschâtelets

Mon fils, le plus vieux de la famille, m'a écrit dernièrement: ''J'suis en retard, mais je viens de voir que le pape François va venir au Sanctuaire de Ste-Anne-de-Beaupré''. Le pape, ce n’est pas Coldplay pour lui, c’est probablement juste un représentant d’une religion ancienne qui a contrôlé ses ancêtres et bien d’autres.

Si je me fie à la théorie de Karinthy, je devrais être à 6 degrés de séparation du saint-père, mais avec les réseaux sociaux et le réseautage, d’année en année, le degré de séparation diminue, j’imagine que maintenant, 3 degrés seraient plausibles. En tout cas, le pontife romain sera à 10 minutes de chez moi du 24 et 29 juillet prochain. Il y viendra afin de présenter officiellement ses excuses aux Autochtones pour les mauvais traitements qu’ils ont subis de la part des prêtres et religieuses catholiques dans les pensionnats.

Il ne faudrait pas oublier que le gouvernement de l’époque a manigancé la Loi sur les Indiens (1876) dans le but de les assimiler, de ''tuer l’indien'' en eux (langues, cultures, spiritualités et encore plus) en les obligeant à fréquenter ses établissements. Ce qui leur a donné, pendant plusieurs générations, de graves traumatismes et installé une immense barrière entre les québécois, les canadiens et les Premières Nations. J’ai appris, il y 2 semaines que le gouvernement sud-africain s’est inspiré de cette législation pour créer l’apartheid en 1940. Ça m’aura pris 60 ans pour le savoir ! Dans ma langue à moi, cela s'appelle un génocide, rien de moins.

Entre vous et moi, on n’a rien vu, on n’a rien su, de toute façon, on ne l’aurait pas cru, mais aujourd’hui, les Premières-Nations parlent et nous les écoutons. Aujourd’hui, des ponts se bâtissent, nous allons à leurs rencontres musicales et littéraires, c’est un bon début. Restons ouverts à nos ressemblances et bonifions-nous de ce qu’ils sont, sans oublier le passé. Le respect sera notre lien d’amitié, c’est dans l’air du temps, il était temps.



mercredi 6 juillet 2022

Le Festival en chanson de Petite-Vallée 2022

 


Crédit photo: moi-même :) 

Il y a des lieux dans le monde qui nous accrochent le cœur, ils entrent en nous avec force, on aimerait s’y blottir longtemps, longtemps. Alors on se promène sur le bord de la mer comme à Petite et Grande-Vallée pour y admirer le plus grand que soi afin de s’en galvaniser pour n’en rien oublier.

Je n’avais jamais mis les pieds à Petite et Grande-Vallée, mais cette année, j’y ai déposé mes valises à l’accueillant Hôtel-Motel de Grande-Vallée afin d’y vivre 4 jours intensifs au rythme d’auteurs-compositeurs-interprètes émergents ou reconnus de la chanson francophone du Québec.  D’abord, je vous parle de l’hébergement en vous mentionnant que j’ai payé ma facture et que je ne suis pas sponsorisée. Coup de cœur pour cet ancien hôtel, fin 19ème siècle, mais surtout pour ceux qui y travaillent, son propriétaire Monsieur Mathieu et ses chaleureux et dévoués employés. Son restaurant L’Aubergine n’a rien à envier aux tables des grandes villes du Québec, sa cuisine aux saveurs de la Gaspésie est plus que délicieuse. De ses belles chambres, on y admire une vue panoramique spectaculaire entre la mer et les montagnes. Bref, c’est l’endroit parfait afin d’y savourer le privilège d’y être, tout simplement, et de vous y sentir comme chez vous.

Le Festival en chanson de Petite-Vallée se retrouve aussi à Grande-Vallée avec le grand chapiteau Québecor de 1400 places. Ce sont les grosses pointures artistiques qui s’y produisent. Endroit idéal pour y observer son grand manitou, le directeur général et artistique Alan Côté, qui chapeaute et dirige admirablement, avec son équipe et de nombreux bénévoles, l’événement. Ce festival est hors-norme parce qu’il reste à échelle humaine, pas trop gros pour s’y perdre dans la foule et l’anonymat. Mon seul regret est d’avoir manqué Déferlante Autochtone, il paraît qu’on pouvait sentir l’unification entre Autochtones et non-Autochtones. Le Festival qui se termine le 9 juillet, fait donc la preuve que l’on peut changer les mentalités avec le biais des arts de la scène, de la poésie, des mots et de la musique.

Que de belles découvertes, que de belles rencontres, un incontournable définitivement.

P.S. Merci à Madame Fournier, Madame Brousseau et Monsieur Pelletier pour la visite privée à l’Église St-François-Xavier. C’était divin, rien de moins.


jeudi 23 juin 2022

La sexagénaire

 

                                           Crédit photo: Sacha Goldberger

Je suis en mode vacances au Québec, bien heureuse de ne pas dormir dehors pour d’obtenir un précieux passeport afin de partir à l’étranger. J’ai le cerveau libre comme un papillon, un battement d’aile au spectacle de Clara Luciani, un autre au Grand Prix de Montréal, un petit dernier vers Lara Fabian. Il y en a qui se libère de leur brassière, moi, je savoure la délivrance du port du masque jusqu’à la prochaine vague. Immunisée pour trois mois de la Covid, même si je sais que je peux rattraper le méchant virus, mon esprit reste insouciant, désenchaîné, euphorique. La sexagénaire s’excite comme une ado.

Progressivement, je me suis transformée en pigeon voyageur de La Malbaie à Montréal, en attente de mon envol pour la Gaspésie et l’Anse-St-Jean au Saguenay. Malgré l’inflation et la manque d’employés, le Québec est beau dans la démesure de son territoire, de ses paysages et surtout de ses humains qui y habitent. La sexagénaire aime les gens.

Lorsque je suis allée à Montréal, j’ai encore constaté que la langue anglaise y dominait implacablement, tout le contraire des régions, où le français y règne en roi et maître. Bref, deux solitudes habitent notre belle province, et un jour, pas si lointain que cela, le français sera minoritaire à Montréal au même titre que les langues autochtones (cries, inuktitut, innu/montagnais et atikamekw). Je m’y résigne de plus en plus, la règle étant que c’est la langue du commerce et des affaires qui prédomine. Cette méga-ville deviendra progressivement une sorte de Louisiane avec ses quartiers banlieusards français de l’époque coloniale. La sexagénaire est une sorcière tristounette.

Mes enfants vous diront que l’environnement et plus important que la lutte du déclin du français dans la métropole, certes, ils n’ont pas tort, mais l’un peut aller avec l’autre. Ils ‘’chilleront’’ à La St-Jean, elle fêtera avec eux. La sexagénaire, des fois, se sent du passé. 

Bonne fête nationale un peu, beaucoup, passionnément ! 

mercredi 15 juin 2022

Les conseils de Simon Boulerice

 



Photo: Jean-François Lemire, Shoot Studio


Voilà, c’est fait, j’ai terminé d’écrire mon livre, mais ce n’est que le début d’un grand défi. J’ai encore bien du travail à faire, car il me reste à le relire, le corriger, le bonifier et par la suite, demander à des amis d’y trouver les coquilles et de m’émettre leurs commentaires. L’avant dernière étape sera de reprendre la correction en tenant compte de leurs suggestions. La difficulté maintenant est que je n’arrive pas à quitter mes personnages. Ciel que je me suis attachée à eux ! Sans le vouloir, subtilement, j’en m’en suis imbibée.

Le premier jet m’aura pris 8 mois à temps partiel, soit environ 2 heures par jour. Quotidiennement, inspirée ou sans idée, je me lançais. Souvent, pendant la nuit, mon cerveau m’envoyait les informations manquantes, mon livre me suivait dans mon sommeil lové à moi comme un bébé caneton à sa mère.

Pour écrire, il faut aussi aimer lire les autres auteurs et ne pas vouloir atteindre l’inaccessible étoile de la perfection. Je suis réaliste, j’ai le talent modéré et la passion très élevée. Je ne suis pas Muriel Barbery, Éric-Emmanuel Schmitt, Katherine Pancol, Marie Laberge, Dany Laferrière, Micheline Lachance, Jean-Pierre Charland, Pierre Caron, Michel Jean, Yves Beauchemin et Simon Boulerice pour ne nommer que ceux-là. Parce que je pars de loin, de très loin. Celle qui encore, mélange la séquence des sons à l’intérieur d’un mot et change un son pour un autre, celle qui pense qu’elle souffre d’une forme quelconque de dyslexie.

À Noël passé, mon fiston Cloclo m’a fait parvenir en cadeau, une petite vidéo personnalisée du prolifique auteur Simon Boulerice. À ce moment-là, j’étais en chicane avec le plan de mon roman. Je savais l’histoire, mais pas les détails du récit. J’étais étourdis, prise dans un manège qui ne voulait pas s’arrêter. C’est donc l’adorable Simon (oui, je l’aime d’amour) qui a su trouver les bons mots afin que je devienne la plombière qui débouche le tuyau de son premier roman politico-historique. Simon m’a transmis de la confiance avec toute son humanité et bien sûr de bons conseils que je vous refile :

1- Avoir une discipline d’écriture, de la rigueur, tout en préservant sa bonne humeur, son plaisir de rédiger.

2- Le plan est fait pour nous ramener sur le droit chemin, mais comme dit Michel Tremblay, c’est le fun de tourner de l’autre côté lorsque ce n’est pas prévu.

3- Se donner du lousse et s’amuser comme un enfant dans un terrain de jeux.

4- Se surprendre soi-même, car il y a de bonnes chances de surprendre aussi le lecteur.

Une minute cinquante sept secondes qui a transformé mon rêve en réalité. Les grandes lignes de mon plan en tête, j’y suis allée à l’instinct, juste pour oser me surprendre, ce qui a fonctionné.  

À 60 ans, je regarde la petite fille de sept ans de mon passé, celle qui n’arrivait pas à lire et qui prenait des cours privés, la fin de semaine (merci maman), afin de réussir à bouquiner comme les autres, afin qu’un jour, elle monte son Everest et qu’elle écrive son premier roman. Tout cela pour vous dire de ne JAMAIS abandonner.



vendredi 27 mai 2022

Les covideux




Photo: Pixabay

Je prends le clavier pour vous donner un peu de mes nouvelles. J’aurais bien pu ne jamais écrire ce billet, mais tout d’un coup qu’une Martienne en 2300 retrouve mon blogue dans les archives terrestres et qu’elle veut savoir si j’ai eu la Covid et bien, elle aura sa réponse. Pourquoi une Martienne et pas un Martien ? Bien, c’est connu, les femmes lisent plus que les hommes ! Alors je gère et je genre ! 

Chère Martienne,

Nous avons attrapé la Covid. Malgré 3 vaccins, elle nous a sauté dessus, Monsieur le marquis et moi, avant notre prochaine dose de rappel du 6 juin. Tu parles d’une mauvaise blague ! (Je me permets de vous tutoyer). Le port du masque n’étant plus obligatoire dans les grandes surfaces, c’est fort probablement en magasinant que la malveillante s’est volatilisée dans l’air ambiant pour qu’on la fleure ! Bref, depuis la fin de semaine passée, un camion m’a lourdement passé sur le corps, avec frissons, éternuements, toux sèche. Dans mon cas, c’est comme un gros rhume-grippe d’homme, c’est-à-dire, une démarche pesante, un cerveau gelé avec des symptômes et des lamentations de Jérémie. Monsieur le marquis, lui, est presque asymptomatique. Je vous confirme qu’il n’y a pas de justice sur cette terre ! Chère Martienne, c’est du sarcasme.

Isolés pour 5 à 10 jours, Monsieur s’occupe dans notre petit paradis campagnard pendant que je continue d’écrire mon roman politico-historique (1833 à 1861) qui va très bien, 170 pages à ce jour. Ce n’est qu’un début, car par la suite, faudra que je le bonifie afin de le faire lire à 5 personnes objectives qui me donneront leurs précieux commentaires. Ensuite le corriger, l'abonnir, jusqu'à ce qu'il me plaise et que je l'envoie dans l'univers littéraire. J’ai laissé tomber le plan qui me stressait, je vais le mettre à jour lorsque le roman sera terminé. J’écris lorsque Monsieur est au golf, c'est plus facile. Je pianote devant mon écran afin de me surprendre moi-même lorsque les larmes me viennent aux yeux ou que je me dis, hein, est-ce moi qui a écrit cela ? Alors, j’ai gagné mon Goncourt, mon Renaudot !  

Je dois vous quitter chère inconnue, mes personnages m'attendent ! Je viens de voir Alexandrienne sortir de sa poche un mouchoir blanc en vieux tissu du pays. Elle a le nez qui coule, la pauvre, la démarche balourde, faut vraiment que j'y aille ! Est-ce le choléra ou une peine d'amour ? Une chose est certaine, mes personnages me mènent par le bout du nez, nuit et jour. À la revoyure, chère amie lointaine du futur ! Attention aux virus interstellaires ! 

jeudi 28 avril 2022

Écrire

      crédit image: https://www.motscles.net/blog/ponctuation-et-bien-ecrire


J’écris, j’écris, j’écris. Cette semaine, j’ai repris mon roman, juste pour le plaisir de faire des recherches, de me raconter une histoire, avant tout, juste à moi, rien qu’à moi. J’ai botté le cul à mon anxiété de performance en me fichant d’être publiée ou non. Que mon roman soit bon ou mauvais, je m’amuse et c’est bien ainsi. Mon énergie carbure aux hommes et aux femmes d’hier, aux dialogues, aux intrigues et aux mots. Dans mon lit, La mèche en bataille, je rêve dans l’obscurité, pour trouver au réveil la soif de vivre de mes personnages. Je me glisse dans leur peau comme si c’était la mienne, j’invente, je tricote et détricote leur vie. Je suis l’intruse de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils seront ou ne seront pas. Qu’importe, je les aime d’Amour avec un grand A.

Il y a quelques minutes, lavette à la main en faisant la vaisselle, je me suis dit :

-Tu écris sur le passé. La colonisation du Saguenay, année 1833 à ? (Je n’ai pas encore statué sur la l’année butoir, finale). Peut-être parce que tu ne veux pas voir le présent ?

-Fiche-moi la paix Nicole Kidman, arrête de toujours analyser. Quoique, en ce moment, avec la guerre en Ukraine, Poutine qui évoque encore l’arme nucléaire, la spirale d’autodestruction du réchauffement de la planète, l’éternelle Covid, le délestage dans les hôpitaux, le nouveau virus de l’hépatite chez les enfants, la rougeole qui revient au grand galop et l’inflation, je suis mieux de rester au 19ème siècle !

Si vous n’étiez pas déprimé avant de me lire et bien là, vous l’êtes. Désolée.

 

vendredi 22 avril 2022

La jeune poète

Au déjeuner de Pâques, assise en face de sa jeunesse, j’observais les traits fins et délicats du beau visage de ma petite fille Alys. Déjà sept printemps et 6 mois, que le temps passe vite. Petite princesse a hérité de la beauté naturelle de sa mère et de mes énergiques expressions, un beau mélange. Facile de l’aimer, elle est sensible pour deux, son âme est celle d’une artiste, lorsqu’elle dessine, son crayon calme la tornade qui l’habite. 

-Alys, mais tu as de beaux grains de beauté sur ton nez et tes joues ! Lui dis-je.

-Mamie, tu veux dire des graines de douceur !

Cette enfant est poétique. Elle sait faire de la dentelle avec les mots.

jeudi 14 avril 2022

Pâques 2022

 

                                                                      Photo: @iStock

Qu’il est loin le temps des cathédrales, des églises avec leurs inconfortables bancs durs en bois, de la messe du dimanche en latin pour mes ancêtres ou à gogo pour ma génération, des soutanes, de la confession (eurk), de l’abstinence de viande tous les vendredis de Carême jusqu’à Pâques. Cette époque-là n’existe plus pour moi, terminée, j’ai divorcé de l’Église catholique depuis longtemps même si je prie avant de dormir pour les Ukrainiens en souhaitant qu’un espion divin réussisse à stopper Poutine. N'empêche qu'entrevoir mes enfants parcimonieusement voire presque jamais, ne faire aucun souper avec mes amis, respecter à la lettre les règles de mesures sanitaires incluant la vaccination, m’aident à affirmer que cette année, j’ai vraiment fait mon carême ! Même encore plus, car je dépasse les 40 jours de privations du cycle pascal.

La pluie tombe, la neige ne veut pas fondre comme la Covid qui refuse de prendre la poudre d’escampette. Deux de mes trois enfants ont eu la malotrue, leur jeunesse les a aidés à passer au travers d’une grosse grippe hivernale, du genre un camion qui te passe sur le corps avec des frissons, t’obligeant à dormir, dormir et dormir, parce que le virus te vampirise l’énergie. Ils sont en pleine forme maintenant, La mémé est bien contente parce que…

Les Pâques seront neigeuses mais festives à souhait dans ma campagne en montagne. J’attends ma descendance au grand complet. Une chasse aux cocos pour Alys, de la bonne bouffe, du chocolat, des jeux, feront pousser mes ailes dans le dos et mes petites cornes sur ma tête. Bacchus, Dieu du vin se vautrera avec nous. Des bouchées de bonheur au menu, j’vous dis !

Je ne sais pas si je vous l'avais mentionné, mais depuis la perte de mon chien, je nourris assidûment deux petits suisses et les oiseaux sur mon grand terrain. L’un d’eux, un minuscule Tamia rayé roux, aime bien se coller la face dans ma vitre du salon en attente de ses cacahuètes. Ce qui, quand même, n’enlève rien à la grisaille de mon deuil. Ceci dit, une mère demeure toujours une maman oiseau toute sa vie.  Joyeuses Pâques !

vendredi 8 avril 2022

La généalogie et la négationniste

 

   Voici Robert, mon papa. Fort possiblement au Petit Séminaire de Chicoutimi. 

Depuis une dizaine d’années, je fais bombance du passé de mes ancêtres. Je mange abondamment de généalogie. Le meilleur site que j’ai trouvé est celui de FamilySeach. J’ai longtemps hésité avant de m’y inscrire. Je voyais en bas de page, tout en minuscule, Église des Jésus-Christ des saints des derniers jours, et je prenais la poudre d’escampette. Un jour, j’ai passé par-dessus mes préjugés et ce ne fut que positif.  Cependant, je me suis posée la question : Mais pourquoi un site de généalogie est géré par une religion ? Je vous le donne dans le mille : ‘’Chaque Mormon doit identifier sa famille afin que ces ordonnances soient accomplies pour eux par procuration afin qu’ils soient scellés à leurs ancêtres pour l’éternité’’.  Me semble que lorsque l’on connaît la vie de certains de nos précurseurs, on ne veut pas être coller at vitam aeternam à eux, mais bon…Je peux passer des heures et des heures à me perdre dans les registres paroissiaux comme dans un long fleuve tranquille, je suis dans un autre monde. Membre de la Société généalogique virtuelle du Québec depuis septembre dernier, les webinaires, le forum et le BMS2000 m’aident beaucoup (abonnement 50$/année).

Je vais tourner à 180 degrés, attention, attachez votre tuque avec de la broche comme on dit par chez nous.

Hier, ma sœur Titinette m’appelle.

-J’ai eu un beau téléphone de cousine ‘’L’’ hier. Après ses vœux d’anniversaire, elle m’a dit que la guerre en Ukraine n’existait pas. Que c’était une invention, un montage des Ukrainiens et j’en passe. M’annonça-t-elle d’un ton éberlué.

-On a une négationniste dans notre famille ! Bordel, c’est gênant, humiliant même. Elle ne croira jamais la Cour pénale internationale. Répondis-je.

-Tu sais, c’est une personne à ne pas côtoyer. Il est préférable de l’ignorer. Ajouta-t-elle sagement.

-T’as bien raison ma Titinette, je n’avais déjà pas de contacts avec elle, mais je ne peux pas imaginer qu’elle fait partie de notre famille !  Je vais penser qu’elle a été adoptée même si elle ressemble deux gouttes d’eau à notre tante !

Entre vous et moi, j’ai la mèche rebelle lorsque j’entends de tels propos. Cela dit, ma cousine sera quand même placée dans mon arbre généalogique, mais avec la notification de négationniste du génocide Ukrainien en 2022. J’ajouterai qu’il ne faut pas idéaliser nos ancêtres. L’ADN n’a rien à voir avec leurs pensées. Les bisounours n’existent pas en généalogie, mais la honte, elle, oh que oui!   

 

vendredi 1 avril 2022

Le poisson d'avril

 

Image: GETTYIMAGES/ISTOCKPHOTO

La naïveté porte un nom, le mien. Ce matin, en feuilletant Facebook, je suis tombée sur une photo d’un poisson, comment dire… avec de la fourrure presque identique à celle d’un lapin. On pouvait lire : ‘’La truite poilue de la Nouvelle-France. Vous savez sans doute que la Nouvelle-France était connue pour ses fourrures animales mais saviez-vous qu’il y avait un poisson mythique encore méconnu ? ‘’.

-Chéri, arrête deux minutes de siroter ton café. Savais-tu qu’il y avait des poissons poilus en Nouvelle-France ?  C’est marqué noir sur blanc dans un site très sérieux en histoire. Lui ai-je dit.

Il détourna lentement son visage au rythme d’un adagio. Son regard fixa le mien, puis il précisa :

-Nous sommes le 1 avril Nicole !

-Oups, c’est bien vrai, j’y ai cru pendant 5 secondes tu sais, juste le temps de te soumettre l’info. C’est tout.

Des fois, je devrais me tourner la langue 7 fois avant de parler. Je baragouine avant et je réfléchis après. Ma spontanéité pourrait bien se calmer un peu. Pensais-je.

La journée passa. Je sirotais mon thé Chai, composé d’un mélange parfait de thé noir et d’épices de cannelle, de cardamome, de clous de girofle et de gingembre. Infos superflues, je sais, mais maintenant vous savez la composition de ce succulent breuvage ! Bref, je poursuis…Ma tête et mes doigts décidèrent d’aller vérifier une petite interrogation sur Google.

-Et si les poissons poilus existaient vraiment ?  Repensais-je en silence. Cette fois-ci pas question de m’exprimer tout haut.

Subito presto, ma recherche dura 5 secondes.

-Chéri, chéri, ça existe vraiment un poisson poilu ! viens voir !

-Et que t’es naïve…me dit-il avec un gros sourire aux lèvres en se déplaçant moderato vers mon portable.

-Alors, alors…Je te présente, un poisson grenouille poilu ! Il est recouvert d’excroissances et de poils pour se camoufler dans le fond de l’océan. Il peut même changer de couleur pour s’adapter à son environnement.

Il est reparti en souriant, sans plus.

Entre vous et moi, ma spontanéité me tape sur les nerfs, mais ma curiosité, elle, me ravie.  

 


samedi 26 mars 2022

Le deuil, les oiseaux et Clara Luciani

                                                   

’Parler de ses peines, c’est déjà s’en consoler’’. Albert Camus

Tannée de me sentir lourde de chagrin depuis que mon fidèle compagnon poilu est décédé et que la guerre en Ukraine a commencé. J’ai donc décidé de m’entourer de beau afin de combler cette tristesse qui alourdit mon quotidien. L’idée m’est venue en achetant mes habituels mélanges de blocs de graines pour les oiseaux. Comme je ne peux plus nourrir mon chien, je vais sustenter les volatiles plus souvent, voilà ! Dans la boutique fantastique, une gentille mamie, marquée par le passage du temps, me donna son tuyau d’experte :

-Vous pouvez bien acheter ce que vous voulez, mais je vous dis que les oiseaux préfèrent les graines de tournesol. Vous allez en voir de toutes les sortes, faut les garrocher par terre, toujours au même endroit, m’affirma de sa voix chevrotante, Madame Oiseau, nouvellement rebaptisée.  

Puisque l'on doit toujours écouter nos prédécesseurs, je suis repartie avec un gros sac, en ayant en tête, qu’il faut ce qu’il faut, pour que les oiseaux arrêtent de me fuir ! N’empêche que maintenant, je peux m’en approcher à très courte distance. Je suis devenue invisible ! Dans mon coin de pays, je vois surtout des geais bleus, des chardonnerets, des mésanges et des sizerins.  Le reste, aucune idée, car je commence juste à les observer et les différencier. Quoi que, tout de même, je connais les buses, les corneilles, les mouettes, les tourterelles, les colibris et les hirondelles parfaitement.

Si vous avez un peu d’espace sur votre terrain, vous pouvez planter des arbustes à fruits. Le rosier rustique, le houx, l’argousier, l’aronie noire, la symphorine blanche, sont décoratifs et nutritifs pour nos petits pitpits adorés.

Les oiseaux peuvent-ils être en deuil ? Selon le biologiste comportementaliste Marc Bekoff, les pies déposent des branches et des brins d’herbe sur les pies défuntes.  Il a appelé ce rituel les ‘’funérailles de pies’’. Les petits vertébrés, tout comme les mammifères, auraient donc de ce fait, des coutumes funéraires.

Et je tourne à 180 degrés. Belle découverte des chansons velcros de Clara Luciani, peu ou pas connue au Québec en passant. Je suis tombée en amour avec ses compositions en fouinant sur la toile. Des vers d’oreille assurés qui me remontent le moral illico presto. Le 16 juin prochain à l’Impérial, j’observerai ce rossignol babiller sur scène et je serai aux petits oiseaux*! 

*Aux petits oiseaux : Être heureuse, contente.

 

dimanche 20 mars 2022

La guerre en Ukraine

 

                                                          Crédit photo: Shutterstock

J’aime bien m’installer sur mon divan, tout moelleux, avec ma tablette et regarder des vidéos sur Facebook. Une perte de temps que j’assume. Les algorithmes me donnent l’impression de voyager de Clara Luciani à Angèle, puis sur les chaînes de télévision françaises qui m’informent de la guerre en Ukraine. Éditions spéciales et courageux reporters s’enchaînent. Entre vous et moi, il m’aura fallu cette foutue guerre pour connaître le drapeau de ce pays et savoir situer la Mer Noire, Kiev, Kharkiv, Odessa, Lviv, Marioupol et j'en passe. Les oligarques sont venus aussi enrichir mon vocabulaire, certes, je m’en serais bien passée de ceux-là.

Facile maintenant de ressentir une brutale insignifiance, une culpabilité, d’habiter dans ce ailleurs, où la vie doit continuer comme si de rien n’était pendant que d’autres luttent pour leur survie. L’impuissance rend morose. L’Apocalypse Now de l’Ukraine est commencée pendant que le spectre d’une guerre mondiale nucléaire empêche les Alliers de l’Otan de fermer l’espace aérien ukrainien. Je n’ose pas prendre ma pression, me semble qu’elle va être élevée.

Où se cache l’agent secret 0022 qui pourrait arrêter cette folie poutinienne? Connaissez-vous un hacker pouvant pirater son serveur afin de montrer aux peuples russes la vérité?

Vous avez vu Volodymyr Zelensky et son peuple se tenir debout devant cette barbarie? Comment font-ils pour résister malgré la peur ? Aurais-je cette force ? Aurais-je le courage de partir dans un pays inconnu en laissant mon mari et mes proches vieillissants?

Vite comme cela, je ne pense pas avoir la bravoure patriotique de mes ancêtres. Je suis diluée dans les folâtreries nord-américaines de mon époque. Si les États-Unis envahissent Montréal et Québec comme en 1775, je sors le drap blanc et je capitule. Oubliez-moi ! Incapable de tuer une mouche, comment voulez-vous que je tue un autre humain ? Je sais, les Ukrainiens, eux aussi sont comme moi, mais ils résistent. Respect.

Voici le lien au Canada pour des dons à la Croix-Rouge et le formulaired’offre de soutien du Congrès des Ukrainiens Canadiens. Maintenant prions pour que Poutine n’utilise pas l’attaque chimique et que quelqu'un trouve la clé de la paix. 

 

lundi 14 mars 2022

La sinistrose

Sam en 2018

Force est de constater que le déconfinement et ses assouplissements ne m’apportent pas ce sentiment de normalité tant attendu. Je ne sais pas si c’est parce que mon compagnon canin des douze dernières années est mort le 1 mars et/ou que la guerre en Ukraine m’inquiète et m’attriste, mais j’ai le moral dans la Jell-O. J’ai la gélatine molle, ce qui est rare, croyez-moi, car j’abuse du bonheur comme un enfant de 10 ans.

Pendant que mon chien était malade, tout en le caressant, j’ai trop écouté de CNN, du Journal de France 2 et des infos en continu du Québec. J’ajoute les vidéos informatives de l’héroïque président de l’Ukraine, Monsieur Zelensky et du machiavélique président de la Russie, Monsieur Poutine. Certes, comme vous pouvez le constater, j’ai atteint l’overdose. Je souffre d’une sinistrose, une intoxication aiguë à l’information qui mine royalement ma joie de vivre accompagnée de la perte de mon meilleur ami.

Assez de moi-même, cela me rappelle que je voulais vous partager un endroit rempli de beauté que j’ai visité la semaine passée, le musée LeChâteau Ramesay situé à Montréal. Coup de cœur assuré pour ses magnifiques boiseries sculptées à la main en 1725. Elles proviennent d’un édifice de Nantes, ayant appartenu à un personnage important de la compagnie des Indes. Rares sont les endroits où nous pouvons en admirer au Québec. Cinq cents ans d’histoire à travers de belles expositions permanentes et temporaires, plusieurs époques à découvrir, c’est à voir et à revoir !

Dans cette société de performance où le deuil doit se cicatriser à la vitesse de l’éclair, je vais aller m’aérer le cerveau dehors, marcher dans la neige qui s’obstine à ne pas fondre avec mon invisible Sam. Il sautille et me regarde, impatient d’aller se dandiner dans le rang St-Elzéar. Je ne lui mettrai pas son chandail rouge en laine, à quoi bon…

                                      

Les magnifiques boiseries du musée Château Ramesay

Crédit photo: moi-même

dimanche 30 janvier 2022

Dessiner sa vie

 


Monsieur le marquis me regarda en me lançant :

-Nicole, demain, dors ! La retraite, c’est fait pour dormir aussi. Tu te réveilles, tu brasses et je n’arrive pas à me rendormir. Le hamster est réveillé dans ma tête.

-Mais j’essaie de ne pas faire de bruit ! Je crois que c’est inconscient. Je dois avoir peur de ne pas avoir assez de temps de réaliser tout ce que je veux faire avant de mourir. J’ai un pétard invisible dans le derrière !

Soit dit en passant, cette conversation quotidienne avec mon chéri, du genre Le jour de la marmotte, arrive toujours en soirée. On finit toujours par en rire.

J’ai souvent dans la tête la chanson de Céline Dion: On ne change pas et vous allez comprendre le comment du pourquoi. J’ai recommencé à crayonner comme dans ma jeunesse lorsque le dessin et le ballet occupaient mes temps libres. Je me souviens de ma professeure de 6ème année qui me faisait manquer mes cours de mathématiques pour compléter une murale collective. Pouvais-je me le permettre ?  Aucunement, bien au contraire.  Je savais que mes notes allaient encore en souffrir autant que mon stress de performance. Faut dire que mon TDAH dans les années 70 n’existait pas encore dans la société. Le pire n’était pas d’avoir de mauvais résultats académiques, juste me sentir différente, malgré mes efforts, me faisait encore plus me réfugier dans ma tête afin de m’y cacher le plus longtemps possible. Ma honte disparaissait avec les formes qui apparaissaient sur le papier.

Hier comme aujourd’hui, dessiner me rend zen, le temps n’existe plus, je m’amuse. Je me sens vaporeuse, nichée sur un nuage, je flotte. J’entends mon cerveau ronronner, bien réveillée, je dors confortablement sur mes deux oreilles, longtemps, longtemps.

vendredi 28 janvier 2022

La belle vie GoVan avec Julien Roussin Côté


La retraite est faite pour voyager, mais en pandémie, l'hiver, faut oublier cela dans mon cas. Alors, je me suis trouvée une émission coup de cœur qui m’amène ailleurs, complètement, La belle vie GoVan sur Unis.TV avec l’excellent Julien Roussin Côté. Je l’écoute sur TOU.TV Extra. Bref, peu importe l'endroit, c'est un incontournable ! 

Dans sa van, Julien traverse le Canada à la rencontre de gens inspirants qui savourent la vie en possédant moins. Fascinant de voir d’autres humains faire le choix de vivre différemment. C’est inspirant, des fois déstabilisant, mais toujours captivant ! Roussin-Côté sait mettre en valeur ses invités, c'est le point fort de l'émission, le respect dans la différence et la diversité. À savourer sans modération ! Avec un verre d’eau ou un bon vino ! 

lundi 24 janvier 2022

La mémé retraitée



Crédit photo: Site Freepik 

Lorsque l'on vieillit, est-ce qu'on change vraiment ? Un peu, beaucoup, passionnément ? Dans mon cas, la retraite au chalet se savoure à la vitesse d’une tortue dans le froid sibérien du Québec. Avant, j’avais la sensation d’être dans une tornade, un gros cumulonimbus sans fin. Il a fallu que j’arrête pour sentir et apprécier la différence et elle est immense, croyez-moi !

Comme aurait dit mon adorable mère, le matin, il ne faut pas me pousser dans le dos, je m'y projette moi-même à chaque battement d’ailes. La retraite, c’est indubitablement une Dolce Vita, en tout cas la mienne. Accompagnée d’un bon café avec refile, je butine les réseaux sociaux, puis j'écris mon roman avec ou sans inspiration. Je suis rendue à cent pages, je vise le deux cent cinquante, aucune date butoir pour y arriver, sauf celle de ma mort que je veux tardive. Le jeudi, j'ai mon cours en littérature à l'Université Laval, celle du 3ème âge, ça existe vraiment ! Sur vingt personnes, deux hommes et dix-huit femmes, la majorité avec de beaux cheveux blancs qui les auréolent dans la lumière bleue de mon écran. La semaine passée, j’ai appris qu’on ne peut pas écrire : Elle se sent triste. Il faut amener le sentiment sans le nommer. Nous avons deux petits ateliers d’écriture spontanée, une méthode qui viole ma vitesse de croisière de nouvelle retraitée. Alors, je triche. Cette semaine, j’ai préparé en avance mes textes. Le stress de performance m’a habité toute ma vie, je n’en veux plus ! Je deviens la mémé délinquante ! 

Dernièrement, j'ai repris le crayon de plomb comme dans ma jeunesse. En mode pause, je vis dans un autre monde. J’ai l’impression de rajeunir avec l’odeur du papier et de la mine HB2. Je sniffe pas de colle, soyez sans crainte. 

Vers 11 heures, c'est la marche santé rapide pendant 60 minutes avec mon conjoint. Encore là, Les reptiles que nous sommes se dandinent à la compagne. Vous saviez qu’une tortue est un reptile qui existait avant les dinosaures ? Pas moi, je continue. Bref, des fois on trottine reptilien aussi, et c’est bien acceptable. En pandémie, Monsieur le marquis, aussi à la retraite, est devenu mon siamois sans les caprices de l'animal. Bonne bouffe, rendez-vous, commissions, entretien du chalet, projet rénovations, lectures, généalogie, TOU.TV, Netflix, sont toujours appréciés. La tortue vaccinée jubile de gratitude, faut juste ne pas trop écouter les mauvaises nouvelles à la télé.

Est-ce que l’on change en vieillissant ? Sur certains aspects, la réponse est affirmative, on vise à devenir un bon vin, en espérant se bonifier au lieu de se vinaigrer. Ma retraite permet de retrouver ma véritable essence, celle de l’artiste, qui s’était peu à peu effacée. Il y a des mémés tortues herbivores, omnivores, carnivores. Moi, je suis la mémé artistevore et comment est la vôtre ?