mercredi 24 septembre 2025

Le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

 


Il me semble que cela fait des lunes que je n’ai pas écrit sur mon blogue. Alors j’y remédie, en cette splendide journée ensoleillée automnale. Et ciel que cette année, le mois de septembre est magnifique ! Les feuillus multicolores sont éblouissants de beauté ! La pluie, le froid et les grands vents ne sont pas encore venus faire tomber leurs feuilles au sol. Heureusement, parce que notre santé mentale ne s'en porte que mieux ! 

Et maintenant, qu’est-ce que je deviens ? J’écris un autre roman, un bon deux heures à tous les jours. Le reste, je vis. C’est pas mal, ça aussi ! Je me suis plongée corps et âme dans cette nouvelle aventure parce que je ne peux pas faire sans. C’est plus fort que moi. Le poisson a besoin d’eau, moi, de mots. Mais vous dire… J’ai la plume lente, une vraie tortue. Il semblerait d’ailleurs qu’il en existe plus de 300 espèces dans le monde, dont 9, au Québec. Ben, je dois être la moins vite de la gang ! Une tortue des bois cachée dans un douillet boisé, tout près de la rivière Lombrette, avec, pour amis (j’en ai d’autres quand même), une moufette et un raton laveur, sans oublier, une énorme, bizarroïde et affreuse araignée, une « Araneus marmoreus ». Bon, entre vous et moi, je m’en fiche d’être une « lambineuse » du clavier, parce qu'écrire, réécrire et gribouiller, encore et encore, c’est ce que je préfère faire, tout simplement.

Toutefois, il m’arrive de sortir de ma tanière, surtout pour des événements importants comme Le Salondu livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean (ma terre natale). J’y serai le samedi, le 27 septembre à 13 heures et dimanche, le 28 septembre à 11 heures et à 14 heures. Vous viendrez me voir ?

Je vous reviendrai éventuellement avec des photos. C’est trop un beau coin de pays ! En attendant, voici le boisé et mon amie l'affreuse araignée, qui elle, se trouve très belle. "Ce qu'on ne sait pas, ne fait pas mal" :)





jeudi 10 juillet 2025

La Fabuleuse Histoire d'un Royaume

 




Dans les années 60, j’étais petite, maigrichonne, timide et lunatique. J’habitais au 375, rue Du Cran à Chicoutimi. De biais à notre maison en briques rougeâtres, demeurait Monsieur GhislainBouchard, figure marquante du monde littéraire et théâtral au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour, je serais en lien indirect avec lui, ce professeur, un peu rondelet, à lunettes métalliques, arborant une barbe à l’ancienne et à la main, toujours son sac en cuir brun.

En 1987, Monsieur Bouchard écrivit le scénario du spectacle historique et théâtral à grand déploiement de LaFabuleuse Histoire d’un Royaume dans le cadre du 150e anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sa conjointe, Olivette Hudon, le seconda à la logistique et aux costumes ainsi que 250 comédiens-danseurs bénévoles dans un aréna qui fut transformé en salle de spectacle.

En ce 10 juillet et jusqu’au 16 août 2025, La Fabuleuse Histoire d’un Royaume revient pour une 38e saison estivale avec 140 comédiens bénévoles, 20 techniciens de scène, chevaux, feu, eaux et animaux. Des effets spéciaux et une nouvelle sonorisation vous feront vibrer des orteils jusqu’au bout des cheveux ! Et à la boutique, vous pourrez retrouver mon roman historique « Elle avait aimé » !

Dans ma vie, j’ai vu à deux reprises cette extraordinaire épopée d’une grande envergure. J’ai toujours été extrêmement touchée parce que l’un des personnages principaux est mon ancêtre Alexis Simard, le semeur (1788-1875). Le temps passe, les années s’effritent pour finalement se faire oublier. Que reste-t-il de ceux et celles qui ont tracé notre chemin ? Un grand spectacle qui nous relie à eux et bien humblement, à la boutique, le roman de fiction de la descendante d’Alexis Simard.

Bleuet un jour, bleuet toujours…



samedi 3 mai 2025

Tout s'efface


Crédit photo: Sabinevanerp (Pixabay)

Je suis en pleine écriture de mon deuxième roman, mais des fois, j'écris autre chose comme cette nouvelle. Son sujet me tient à cœur. En sera-t-il de même pour vous ? Enfin, je le souhaite. Je ne vous en dis pas davantage. Bonne lecture ! :) 


Rosa-Rose était assise sur son petit lit rectangulaire. Elle avait bien pris soin d’allonger ses jambes et de défroisser sa longue jupe blanche, celle agrémentée de pétales bleus blafards. Elle avait mis son chandail jaune, semblable au soleil. Il s’harmonisait à merveille avec celui qu’elle ne voyait pas souvent. Ses orteils et ses pieds emmitouflés dans des bas en laine rouge et gris se frottaient l’un contre l’autre. Deux oreillers soutenaient son dos et sa tête malgré l’ajustement de l’angle du dossier. Elle appréciait le confort de cette position, en dépit de l’odeur persistante de légumes cuits dans cette petite chambre beige pâle comme un glaçage au beurre. Un grand rideau vert pomme jouait à cache-cache avec la fenêtre et la ventilation, laissant entrevoir une faible luminosité. Si l’on regardait à droite, un lavabo et son tuyau métallique trônaient, tout près d’une chaise brune en semi-cuirette. L’endroit n’était pas coquet.  

Rosa-Rose fixait ses longs ongles, mal laqués d’un vernis rouge cerise, rouge comme un lumignon. Ses mains étaient belles. Pas de veines ni de tâches de vieillesse. De toute façon, selon elle, à 30 ans, c’était trop tôt pour en avoir. 

Dans son for intérieur, cette journée allait être différente, même, peut-être belle. Puisque Anaïs, la charmante infirmière du département, lui avait annoncé, très tôt en matinée, qu’aujourd’hui, allait une journée spéciale. Puisque c’était son anniversaire ! Ses parents viendront-ils la visiter ? Qui d’autres encore ? « Aucune idée… », pensa-t-elle. Rosa-Rose savait qu’elle avait eu un grave accident, mais gardait l’espoir de s’en sortir. Elle le souhaitait si fort, tellement qu’elle le demandait trop souvent au corps médical. Qui, lui, répétait, répétait, répétait, tout ce qu’elle ne voulait pas croire, tout ce qu’elle ne voulait pas entendre, tout ce dont elle ne voulait pas se souvenir. 

Le grincement de la porte se fit entendre et Rosa-Rose tourna sa tête vers la droite. Une belle jeune trentenaire, avec un gros bouquet de fleurs dans les mains, entra dans sa chambre. « Bizarre, elle me ressemble », se dit-elle. « Est-elle ma jumelle ? Une amie lointaine ? Une nouvelle préposée ? Elle ne savait plus. « Maudit accident ! », affirma-t-elle d’une voix forte, en ramenant derrière son oreille, une mèche rebelle de cheveux. 

— Bonjour Rosa-Rose ! Bonne fête ! 

La jeune femme semblait si bien la connaître qu’elle ne bougea pas d’un iota lorsqu’un baiser se déposa sur sa joue. 

Rosa-Rose ne put que marmonner un « bonjour », peu articulé. Puis, elle se reprit et ajouta :

— Oui… J’ai 30 ans aujourd’hui ! Quand pensez-vous que je pourrai sortir d’ici ? Ce n’est pas un endroit pour une personne comme moi ! Je suis enseignante, vous savez. J’ai des responsabilités. Et puis, ici, c’est si triste. J’entends des malades crier à l’aide ! C’est sûrement parce qu’il n’y a plus de place à l’hôtel-Dieu de Chicoutimi que je suis atterri là ! C’est un endroit qui peut donner des idées noires, j’vous dis !  

Rosa-Rose poursuivi en fronçant ses sourcils. 

— Vous n’allez pas pleurer quand même ! Ce n’est pas vous qui êtes prise dans cette prison, c’est moi, ma chère ! Ne restez pas debout comme un piquet, le pot de fleurs est près du lavabo et venez me rejoindre pour me faire la jasette un peu. Serions-nous des amies ? Vous ne le savez pas ? Bon, j’ai eu un grave accident. Ma mémoire me fait défaut. J’oublie les mots, moi, qui les aime tant ! 

— Oui, on me l’a dit. 

Le silence recouvra le silence. 

Et tout d’un coup, Rosa-Rose ne put s’empêcher de demander :

— Pensez-vous que je pourrai aller voir bientôt un match des Saguenéens au Centre Georges-Vézina ou même des Nordiques à Québec ? Qu’est-ce qui arrive avec le référendum ? 

¬— Je n’en sais rien. 

— Est-ce que mes cheveux sont corrects ? Je ne trouve aucun miroir dans le coin ! J’viens de Chicoutimi, moi, je suis fière !

Alors, deux grands éclats de rire se firent entendre. On aurait dit que le bonheur poussait sur le malheur et voulait prendre toute la place. 

— Vous êtes bien gentille, chère amie, mais j’ai un petit creux. Pourriez-vous aller me chercher quelque chose à grignoter dans la cuisine ? 

— Bien sûr, évidemment ! Une fête sans sucreries n’est pas une fête ! Je vais te chercher ça. 

La vouvoyer, elle n’y arrivait pas. 

De son côté, Rosa-Rose était orgueilleuse. Elle ne désirait pas demander comment s’appelait la jeune femme. Il n’en était pas question. Elle attrapa le sac à main qui trainait sur le coin du lit, fit glisser la glissière et trouva un portefeuille rempli de cartes de toutes sortes. Le permis de conduire indiquait le nom de : Diane Côté. Ce qui ne lui dit rien. Elle remit tout en place et répéta dans sa tête pour s’en souvenir : « Diane, Diane, Diane ». 

Le même grincement de la porte se fit entendre. Diane Côté tenait fermement dans ses mains, une assiette blanche avec un gros muffin au chocolat dessus. Une petite chandelle rose y était allumée. 

Les yeux de Rosa-Rose s’écarquillèrent d’émerveillement. 

— Serait-ce ma fête, aujourd’hui ? 

Les larmes aux yeux de Diane coulaient sur son visage. Elle ne put que hocher la tête, en lui demandant de souffler sur la chandelle. Ce qu’elle fit.

Puis, l’après-midi passa vite pour l’une et lentement pour l’autre. Lorsque Diane Côté sortie de la chambre pour poursuivre sa vie, elle longea un long corridor et dut faire un code pour s’en échapper. Chaque chiffre lui brulait les doigts. Le cœur en compote, elle pleura silencieusement sa peine. C’est lorsqu’elle respira une grande bouffée d’air qu’elle se sentit un peu mieux. Comment allait-elle supporter l’insupportable ? 

Rosa-Rose, elle, avait déjà oublié Diane Côté, sa fille n’avait jamais existé.


mardi 25 mars 2025

Janette


Crédit photo: Marie H. Rainville

Chère Janette, tu as 100 ans aujourd’hui ! Quel exploit ! Rares sont ceux et celles qui réussissent à atteindre cet âge vénérable avec toutes leurs facultés mentales ! Alors il n’est pas question que je ne laisse pas mes doigts danser sur mon clavier pour ne pas le souligner. Et je veux te dire...

Qu’à l’adolescence, c’est toi qui m’as ouvert l’esprit et le cœur avec tes surprenantes émissions populaires. Je t’ai écouté, lu et aimé, et nous étions nombreux. Par la suite, tu as guidé mes pas dans ma vie de femme en brisant les tabous d’un Québec qui manquait assurément d’empathie et de bienveillance.

Écrire sur toi au « je » est trop restrictif puisqu’avec toi, tout devient « nous ». Ton indignation face aux petits et grands travers de notre société nous a donc amenés à changer. Tu as marqué notre existence, Janette ! Encore aujourd’hui, tu nous étonnes. Tu es le porte-voix de plusieurs générations d’humains et quand tu parles, tes perles de sagesse nous poussent dans le dos pour avancer.
Ne pourrions-nous pas te faire cloner ? Tu as tracé notre chemin, c’est à nous maintenant d’honorer tes actions et de continuer ton legs.
Janette, t’es tatouée dans notre cœur pour l’éternité. T'es notre papesse ! Bon centième anniversaire ! Et Merci d'exister !

mardi 11 mars 2025

Lancement de mon roman et Salon du livre de Québec


Un livre, on peut l’écrire, le regarder, le caresser, le sentir, le lire, le relire, écrire dedans, le donner, le dédicacer, s'asseoir dessus et même le lancer ! C’est exactement ce que j’ai fait le 1er mars dernier dans mon patelin, à la campagne. Malgré la neige qui n’en finissait plus, mais vraiment plus, plusieurs personnes se sont quand même déplacées afin d’assister au lancement de mon bébé littéraire « Elle avait aimé ». Ça m’a véritablement fait chaud au cœur ! Fierté et gratitude m’envahissent encore !


La prochaine étape sera Le Salon du livre de Québec. J’aurai donc la joie de vivre cette première expérience, dimanche, le 13 avril de 13 à 16 heures, au kiosque 1042. Serez-vous au rendez-vous ? Vous risquez d'y voir (du 9 au 13 avril) de grandes vedettes littéraires comme Christine Brouillet, Dany Laferrière, Evelyne de la Chenelière, Francine Ruel, Marie Laberge (OMG ! Ma Marie à moi, juste à moi, pis un peu aux autres), Patrick Senécal et Simon Boulerice. Juste à penser que je vais peut-être respirer le même air que Marie Laberge, j'autoventile (ben non, ben non) ! 


En attendant, je vous rappelle qu’Elle avait aimé est toujours disponible en ligne chez Essor-Livres, Renaud-Bray, Archambault et plusieurs librairies du Québec qui en possèdent aussi des exemplaires sur place.


Lorsqu’on n’est pas connu, faire découvrir son roman à un plus large public, autre que sa famille, ses amis et son entourage, relève d’un lent pèlerinage. Vous dire, je me sens comme une marchande itinérante, les pieds nus dans ses grosses bottes d’hiver, mais en plein été. Une vendeuse ambulante qui a troqué sa vieille Renault 5 des années 80 pour un poney ! Entre vous et moi, c'est un travail de longue haleine d’une durée indéterminée. Écrire un roman, c’est une sacrée belle réalisation personnelle, mais le faire connaître et le vendre, c’est tout un exploit ! 


Vais-je voir Marie Laberge le 13 avril ?  Mais où ai-je caché ma bonbonne d'air ? 

vendredi 14 février 2025

Nouveau virus Dicta-Trump

Depuis les dernières semaines, un méchant virus vient d’apparaître au Canada. Il provoque une oppression à la poitrine, des essoufflements, des maux de tête et une forte coloration orangée sur le visage. Les scientifiques canadiens l’ont baptisé : Le virus Dicta-Trump. Malheureusement, il n’existe aucun traitement pour en atténuer les symptômes et même d’en guérir à moins d’hiberner comme un ours, sans télévision, radio et réseaux sociaux. 

Les autorités médicales et sanitaires de ce grand et beau pays recommandent d’écouter modérément les nouvelles et de fermer immédiatement les yeux lors de l’apparition du 47e président des États-Unis, Donald Trump. De plus, ils suggèrent fortement de mettre des bouchons jetables ou réutilisables dans les oreilles, aux mots : tarifs douaniers, annexion du Canada, 51e État américain. Les bouchons en silicone (atténuation -19 dB) sont à privilégier. 

Des mesures protectionnistes pourraient s’ajouter dans les prochains jours et semaines pendant que le gouvernement canadien travaille actuellement à l’invention d’un vaccin contre ce virus dominateur incontrôlable. En attendant, il recommande d’acheter local, d’aller marcher dehors, d’écouter de la musique canadienne et de lire un bon livre québécois comme « Elle avait aimé » de Nicole Simard. À bon entendeur, salut ! 


mercredi 22 janvier 2025

Tout est possible !

 

Yeah ! Ça alors ! C’est le grand jour ! Boîtes et signets sont arrivés, à la même date que le baptême d’Alexandrienne Murray, mon personnage principal ! Je me pince ! Je suis excitée, survoltée ! Mon bébé est bel et bien vivant ! Il est la preuve que l’on peut réaliser ses rêves ! « Elle avait aimé » s’en vient dans les librairies et les salons du livre au Québec, sans oublier son lancement le 1er mars prochain. Je vous reviens avec les infos très bientôt !  Disponible auprès de ma maison d'édition Essor-Livres: https://distribulivre.com/boutique/fr/nicole-simard/elle-avait-aime-nicole-simard-p2594/?search=elle%20avait%20aim%C3%A9&category_id=0

Tout est possible ! 

mardi 21 janvier 2025

Bébé est né !

 


« Elle avait aimé », mon premier roman vient de naître ! Il a décidé de venir au monde, en cette belle journée froide d’un vortex polaire où l’on peut quand même admirer un ciel bleu méditerranéen. Je ne veux pas être trop ésotérique, mais je vais l’être. Il est né à la même date d’anniversaire que mon personnage principal, Alexandrienne Murray ! Elle aurait aujourd’hui 208 ans ! Serait-ce un signe que mon arrière-arrière-grand-mère est d’accord avec ma fiction ? Il y a des synchronicités qui sont surprenantes, celle-ci, pour moi, en est une ! 

Vous pouvez maintenant vous procurer « Elle avait aimé » auprès de ma maison d’édition Essor-Livres/Distribulivre. https://distribulivre.com/boutique/fr/nicole-simard/elle-avait-aime-nicole-simard-p2594/?search=elle%20avait%20aim%C3%A9&category_id=0

Les listes des librairies et des salons du livre suivront bientôt. J’aurai également plusieurs exemplaires lors du lancement, soit le 1er mars prochain, dédicace incluse ! 

Que chaque page de ce roman vous amène sur les pas de ceux et celles qui ont tracé les vôtres, car mon Alexandrienne, c’est la vôtre aussi ! 


lundi 13 janvier 2025

Fanfreluche

Crédit photo: André Le Coz/Radio-Canada

1966, rue du Cran, Chicoutimi, fin d’après-midi, juste avant le souper. Bien installée sur le gros fauteuil inconfortable en tissu rouge et noir du salon, je fixe le téléviseur, aux images en noir et blanc. J’attends que commence ma chanson préférée de l’émission de ma vie : Fanfreluche. J’en connais les paroles par cœur, pas un mot ne s’y perd dans la grande pièce. J’anticipe déjà le plaisir que j’aurai en admirant la comédienne Kim Yaroshevskaya, qui personnifiera une drôle de poupée avec un cercle foncé sur chacune de ses joues et des cheveux en boudins relevés dans les airs. Bientôt, elle entrera dans un immense livre pour y changer l’histoire de Blanche-Neige ou du roi chocolat. Ce n’est pas un secret, je peux donc vous l’affirmer, Fanfreluche ne supporte pas les injustices. Elle revêtira sa veste magique, celle remplie de bravoure et de créativité afin de corriger les inégalités d’un conte de Charles Perrault. Y aura-t-il des obstacles insurmontables ? Va-t-elle réussir à les vaincre ? Chez moi, le bonheur existe à la télé. 

Le temps a passé, il a couru, les jours et puis les années. 

Hier, à la campagne, dans le rang du Nord, j’ai appris que ma Fanfreluche est décédée à l’âge vénérable de 101 ans et instantanément, une partie de mon enfance m’est revenue en mémoire. Je n’ai pas pu retenir mes larmes. À quoi bon s’en empêcher ? Je me suis souvenue, d’une fillette anxieuse, introvertie, qui, toute menue dans son lit, essayait de s’endormir malgré l’angoisse perpétuelle de perdre ses parents. Elle savait si bien dissimuler ses inquiétudes en cachant ses petits poings en dessous de son oreiller. L’air du temps était aux douleurs silencieuses. À cet âge, elle n’avait qu’une amie, Fanfreluche, la poupée à la télé. 

Hier, j’avais encore quatre ans. 

mercredi 11 décembre 2024

Page couverture et quatrième page de mon roman


La voici, la voilà, la page complète de mon bébé littéraire (couverture et quatrième de couverture) ! Mon presque nouveau-né est en impression (dans l'incubateur) et sortira officiellement vers le 17 janvier 2025 ! J'ai évidemment pleuré en voyant sa belle bette ! Des larmes de joie et de fierté ont coulé sur mes bajoues. Mais on dirait qu'il faudra que je le touche, le caresse pour réaliser que c'est bien vrai, qu'une nouvelle porte s'ouvre dans ma vie ! Serez-vous au rendez-vous ? Est-ce que vous l'aimerez ? Quel sera votre personnage préféré ? Mon bébé est vivant ! Il respire l'espoir !

vendredi 22 novembre 2024

On ne touche plus à rien !

 


Après des recherches qui ont duré dix ans. Après l’avoir réécrit, retouché, retravaillé et recorrigé, pendant deux autres années. Après un mois de corrections intensives, de moult jeux de ping-pong avec mon éditrice, mon bébé littéraire (mon manuscrit), a enfin atterri à la pouponnière de ma maison d’édition. Et maintenant, c’est fini! Je me sens comme une candidate lors de l’un des défis d’élimination de la palpitante émission MasterChef Québec. J’entends : « On ne touche plus à rien! C’est terminé! ». Au secours! 

Le fait est que j’ai pesé un peu à reculons sur le bouton « enter » de mon portable. Quelques secondes plus tard, j’ai même pleuré! Serait-ce la peur qu’il s’y cache encore une ou des coquilles? Serait-ce que de vivre mon rêve me donne le vertige? Serait-ce que mes personnages me manquent?

Écrire, c’est sculpter des émotions avec des mots. C’est créer des relations intimes avec chacun des protagonistes en les accompagnant d’une montgolfière de bienveillance. C’est aussi essayer de comprendre ce qu’ils sont et interpréter leurs actions. Toucher du doigt leur cœur, les effleurer pour ne pas les effaroucher et les aimer sans compromis.

Maintenant, j'attends de recevoir la page couverture. Pas de date prévue. Fébrile, je me sens comme une femme enceinte qui se dirige à l’hôpital pour sa dernière échographie. À qui mon bout de chou va-t-il ressembler ? 

Et puis, je tourne à 180 degrés.

— En tout cas, je n’ai pas encore lu ton roman, mais s’il est pourri, il n’aura pas de fautes! me dit mon chéri pendant l’une de nos longues marches automnales.

Ça m’a fait rire.

lundi 11 novembre 2024

La bonne soeur et son manuscrit



Crédit photo: moi-même (Fatima, Portugal, automne 2024)

Dans son abbesse, en pleine campagne québécoise, entre ceci (l’élection de Trump, la défaite d’Harris) et cela (Masterchef-Québec), la nonne laïque Nicole vient de terminer la correction de son manuscrit. Ce fût, semble-t-il, un véritable travail de moinesse, les prières en moins.

Sœur Nicole, qui est appelée aussi la nonne économe (elle est gratteuse) a pris trois semaines, à temps partiel, pour trouver ce que le logiciel de l’éditeur n’avait pas repéré et également constater que le passé simple n’était pas sa force.

Ce travail de longue haleine n’est pas terminé, il restera l’ajout de la page couverture du graphiste, la correction finale de l’éditeur, puis la sienne (encore…).

Je la regarde du coin de l’œil… Elle me semble un peu anxieuse. Y aura-t-il encore des fautes après la publication de son roman? pense-t-elle, peut-être.

Alors, en même temps qu’elle enleva sa cornette, elle s’exclama d’une voix forte : « Il faut cesser de penser à ce qui pourrait mal se passer et s’exciter à l’idée de ce qui pourrait bien aller! ».

Je n’ai pu m’empêcher de lui murmurer à l’oreille cette autre citation : « La foi, c’est monter la première marche alors que vous ne voyez pas tout l’escalier ».

Elle a aimé et m’a souri, puis, elle a remis sa cornette invisible (plus chaude qu’un simple voile) pour aller promener son chien très poilu. Son manteau noir cachait un jeans bleu. Bien hâte de la revoir pour savoir la suite.


jeudi 10 octobre 2024

Publier son roman

 


Le vent tourne ! Le petit coquin ! Il a pris son temps pour finalement me décoiffer. Avait-il peur de m’effrayer ?

Il y a mille et une raisons d’écrire un roman. La mienne m’est venue du besoin de partager mes découvertes généalogiques et historiques en utilisant mon imaginaire dans un contexte bien précis, celui du Bas-Canada de 1833 à 1886. Je vous rassure ici, mon bébé de 324 pages est loin d’être plate ! Il se veut moderne avec un brin de sensualité et dérangeant, en lien avec certains sujets tabous que l’on ne retrouve jamais dans ce genre littéraire.

Et lorsque le manuscrit est terminé, qu’est-ce qu’on en fait ? On l’envoie pas mal partout ! Malheureusement, nous sommes trop nombreux pour le peu de maisons d’édition et si vous n’êtes pas une personne connue, vous aurez toutes les peines du monde à y avoir vos entrées. À moins, bien sûr, d’avoir écrit un chef-d’œuvre (seulement 3 % des manuscrits sont publiés) ! Alors, il reste l’autoédition ou le partenariat. J’ai donc choisi la dernière option.

« Elle avait aimé », mon premier roman sera publié avec Essor-Livres éditeur (Distribulivre), à la fin janvier 2025. J’aurai la chance d’être présente à trois salons du livre (Montréal, Québec et Sherbrooke). Le lancement sera fort possiblement en mars. Mon bébé roman sera disponible (version papier) sur le site de Distribulivre (pour le Canada) ainsi qu’une trentaine de librairies au Québec. J’ajouterai plus tard, le numérique et l’Europe. Je garderai une bonne quantité de livres que je pourrai vendre personnellement. Entre-temps, j’aurai du travail avec mon éditeur, mais l’excitation est au rendez-vous, car une fabuleuse expérience s’en vient !

Dans les prochaines semaines, mes différentes plateformes de réseaux sociaux telles Facebook, Instagram, LinkedIn, deviendront « Nicole Simard-auteure » (et oui, même après un seul manuscrit !) On ne peut pas faire connaître un roman sans les utiliser. Si vous avez un œil de lynx, vous remarquerez que c’est déjà fait sur ce blogue. 

Je n’ai qu’un conseil à vous donner, celui de foncer, car il n’y a pas d’âge pour réaliser vos rêves !

mardi 17 septembre 2024

Les Américains

                                                                La zénitude de Charlie


Aller à vau-l’eau, vais-je m’en souvenir ? Jusqu’à ce jour, je ne l’avais jamais entendu, jusqu’à ce que je mette mon nez dans un autre roman de Musso. Cette vieille expression du 12e siècle signifiait de descendre une vallée en pente et depuis le 16e, elle veut dire : « courir à sa perte ». 

Les grands yeux brunâtres de Charlie, mon mini doodle, me fixent pendant que son museau, appuyé sur mes pieds, ne bouge pas d’un pouce. Une musique relaxante de Dan DeSantis chatouille nos oreilles et Charlie est zen comme un lotus en fleur qui flotte sur l’eau. Ce qui n’est pas trop mon cas. Peut-être que j’écoute trop les nouvelles internationales ? Cette dangereuse guerre, entre l’Ukraine et la Russie, est désespérante (pour les Ukrainiens) et inquiétante mondialement. Il y a aussi qu’au Québec (Canada), nos voisins américains sont en pleine campagne électorale pour un nouveau ou nouvelle présidente. C’est la folie furieuse entre les démocrates et les républicains. Allons-nous assister à une troisième tentative d’assassinat contre Trump ? Est-ce que Kamala Harris sera la première femme présidente des États-Unis ? Voulez-vous bien m’expliquer pourquoi les républicains appuient Trump malgré de nombreuses fausses affirmations comme la dernière en liste que les émigrés haïtiens mangent des chiens et des chats à Springfield ? Je n’y comprends rien ! J’ai l’impression de lire un livre à l’envers. Trump s’en va à vau-l’eau et les républicains le soutiennent encore et encore… 

Pour arriver à mieux les cerner, je n’aurai pas le choix de m’informer. Ma zénitude attendra. Est-ce que je peux réincarner en chien dans une autre vie et surtout pas aux États-Unis ? 


mardi 10 septembre 2024

Le Portugal avec ce petit quelque chose d’inattendu


                                            Plafond/Convento de Cristo (ordre des templiers) à Tomar
                                                             Crédit photo: moi-même

Voyager, c’est vivre en toupie. Gober tout ce que l’on peut dans un court laps de temps. Je suis arrivée jeudi dernier du Portugal. J’y ai découvert son Nord, son centre et son Sud (15 villes incroyables, plus belles les unes que les autres). De tous les pays visités à ce jour, celui-ci m’a remis les pendules à l’heure en me faisant prendre conscience de la qualité de vie que nous avons au Québec (Canada). On le sait, mais on l’oublie ! À part nos hivers rigoureux et ceci et cela, nous sommes gras dur !

Toujours est-il que la seule guide du voyage, une grande brune avec des mèches blondes de Porto fut incroyable ! Du haut de ses 48 ans et avec ses 20 ans d’expérience, cette maman d’un jeune homme de 25 ans a su m’éblouir en raison de ses impressionnantes connaissances historiques et sociologiques. C’est justement ce dernier critère qui m’a le plus accroché.

Bien sûr, il y eut les fameuses tartelettes de Belém (une petite pensée pour le Dr Arruda), les plats typiquement du pays, des paysages époustouflants et des monastères incroyables. Sans oublier le style manuélin, Henri le Navigateur, l’ordre des Templiers, mais aussi des informations pertinentes sur les conditions de vie actuelles des Portugais. Et j’ai appris beaucoup de choses. Comme quoi ?

Les voici, les voilà.

Après que se termina la monarchie, soit en 1910, la dictature s’installa pendant 40 ans, plus précisément jusqu’en 1974. Par la suite, les Portugais rejoignirent l’Union européenne le 1er janvier 1986. À ce jour, ils ont donc une importante dette à rembourser, ce qui diminue leur pouvoir économique.

Dans cette république, tout est cher, incluant le loyer (sauf l’alcool et les cigarettes afin que le peuple ne se révolte pas). Le salaire minimum est de 860 euros/mois. Ainsi, les Portugais ne font plus d’enfants, et ce, même si sa population est la plus vieille d’Europe. Des relents de la dictature (contrôle de l’état) sont toujours omniprésents comme la facturation électronique de tous leurs achats. Le gouvernement sait ce que chaque personne dépense avec l’imposition obligatoire d’un numéro fiscal que les Portugais doivent présenter partout. De plus, ils paient beaucoup de taxes (25 %) et l’une d’elles est en santé (selon leurs revenus individuels). Il y a du privé aussi (inaccessible). La retraite est possible à 66 ans, mais peu de gens ont les moyens de la prendre. Les travailleurs ne sont pas couverts en cas de maladie. L’assurance-emploi existe, mais ils ne peuvent refuser que deux fois une offre. Je vous passe le reste. Force est de constater qu’en comparaison au Québec, je vis dans de la ouate !

Néanmoins, il y a du positif. La République est verte, très verte (éoliennes, voitures électriques, panneaux solaires) ! Même que, par mesure de prévention, ils ont l’obligation de nettoyer les alentours de leur demeure afin d’éviter que les incendies ne se propagent. 

Les Portugais me semblent très résilients et dotés d’une grande force de caractère. Ils doivent marcher droit, très droit. Un peuple introverti (tout en retenue), riche de plusieurs cultures, dont un immense héritage islamique. Obrigada à mon incroyable guide « E », qui ne peut se permettre de prendre des vacances puisque sa vie, « c’est la survie » comme elle a dit. Somme toute, il n’y a pas que des panoramas éblouissants au Portugal. Il y a aussi un peuple qui en arrache. Respect pour cette génération sacrifiée.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux » (Marcel Proust).

                                                                         Porto (Gaïa) 

                                                                Crédit photo: moi-même

mercredi 14 août 2024

La reine de rien

(Fallait bien que je reste incognito ! :) ) 

Il faut que j’écrive. Vite, ouvre-toi mon portable adoré ! Est-ce que mes yeux et ses nombreux corps flottants vont m’en donner l’autorisation ? Il y a deux jours, le goût m’en est venu à la sortie de la douche. Depuis, je me sens comme une femme enceinte qui veut absolument son cornet de crème glacée aux saveurs bizarroïdes de chocolat et de cornichon à 3 heures du matin. Qu’est-il arrivé de si inspirant pour me redonner l’étincelle d’écrire ? Vous vous souvenez de Monsieur le Marquis ? L’homme de ma vie depuis quarante ans. C’est lui, le coquin, l’allumeur, il m’a fait rire. Quel pouvoir !

Je vous raconte…

Le marquis s’était allongé sur son fauteuil Bergère inclinable, blanc cassé avec le « pitonneux » (la télécommande) dans sa main droite. Allait-il s’y endormir encore une fois ? Dans 30 minutes, dans une heure ? Bref, ce n’était pas important, car je tournais en rond dans ma petite cuisine telle une vieille et nonchalante lionne en cage. J’étais à la recherche de ma bouteille (thermos) d’eau, mon indispensable.

— Chéri (ai-je vraiment dit : « chéri », oui, c’est tellement joli).

— Quoi ?

— Tu écoutes quoi ?

— Tu le vois bien, le tennis.

— Et qui jouent ?

— Rublev contre Popyrin.

— J’connais pas. Enfin ! J’ai trouvé ma bouteille, mon biberon ! Tu sais, avant, je pouvais boire l’eau tiède, presque chaude. Avant, je n’avais pas de bouffées de chaleur. Je supportais la canicule de l’été si facilement, alors l’an prochain, on achètera un climatiseur. Je change, je change… Je deviens une vraie princesse !

Pourquoi je dis tout haut ce qui me passe par la tête ? Pourquoi je ne me ferme pas le clapet ?

— Princesse ? Non. Je dirais plutôt une reine ! Le ton du marquis était assuré tel un connaisseur de grands vins.

— Et que tu es drôle (je me suis vraiment esclaffée) ! J’avoue, j’ai peut-être trop été élevée dans de la ouate.

— Moi, je suis le marquis. Je reste le marquis, toujours le marquis et tes souhaits de reine se doivent d’être comblés !

— Merci Monsieur le Marquis ! Tu viens de me donner le goût d’écrire sur mon blogue !

— Ah non, pas encore le marquis sur ton blogue ! Oublie-moi !

— Pas question ! Faut que je prenne l’inspiration où elle arrive. Elle se fait si rare.

— Va lire, pas écrire ! T’as pas une brique de Pancol de 760 pages à finir ?

— Oui, mais avant, je vais écrire !

— Je m’en fous ! Va, va…

Voilà. Je me suis couchée dans mon lit, les jambes repliées sur mon bedon, crayon au plomb dans ma main droite glissant sur une pile de feuilles lignées. Puis un brouillon émergea rapidement.

La porte coulissante en bois de grange entre la chambre et le salon étant ouverte, j’ai ajouté :

— Je m’amuse à faire des recherches sur Google. Savais-tu qu’à un certain âge, l’abeille reine, qui n’est plus féconde, sera chassée, même tuée par les autres abeilles ? Les vilaines s’en choisiront une autre pour survivre. Pauvre abeille reine ! allez, tu es vieille, on ne te veut plus ! Es-tu là ? Tu dors ?

— Non, mais ça ne sera pas long. Ouais, surprenant. Il y a de la hiérarchie partout, pas juste chez les humains. Je dirais que c’est une question de survie, c’est tout.

— Oui, je sais, mais c’est triste quand même pour la doyenne.

Je suis repartie dans mes recherches et le silence s’intensifia. Monsieur le marquis roupillait sur sa chaise comme un gros bébé avec les lumières et la télé allumées. Il n’est pas douillet, il dort n’importe où. La reine, elle, c’est autre chose. Elle a retrouvé son sourire comme les mots sur son clavier. Ce n’est pas rien pour la reine de rien.

mercredi 7 août 2024

Femme papillon

 


C’est un été chaud et humide que je savoure à grosses gorgées de volupté. Il y a tant de gens que j’ai aimés qui ne peuvent plus le faire. Je supporte bien la chaleur surtout allongée sur une imposante chaise suspendue, recouverte d’un épais coussin rouge dans mon boisé juxtaposé à la rivière. La plupart du temps, un vent s’y cache s’amusant à faire virevolter les feuillus. Une belle fraîcheur chatouille mon visage et le museau blanc de mon chien Charlie. Lui, couché entre mes jambes, il est au paradis. Mon cerveau s’engourdit au même rythme que l’eau qui y coule. Il y a de ces moments que je goûte en ayant l’impression d’être un gros paresseux accroché et suspendu à la branche d’un arbre. Est-il plus doué à ne rien penser ? Mon corps est au neutre, mais mon esprit voyage. En vieillissant, je deviens du papier de soie fragilisé, sans sa merveilleuse légèreté. Serait-ce le cancer de mon fils (il est en rémission), la maladie de mon conjoint (il a été sauvé), la mort d’un ami (l’été passé), qui me font me sentir si vulnérable ? Pourquoi faut-il que j’analyse tout le temps mes états d’âme ?

Bien que j’eusse préféré écrire sur autre chose (j’avais même commencé deux textes, l’un sur Biden et l’autre sur Céline), mon esprit me dicte celui-ci. Il sera songé et sera à prendre ou à laisser. Vieillir me rend anxieuse. Peut-être y a-t-il trop d’enterrements dans ma vie ? 

Nous sommes des humains de notre époque, mélangés avec plusieurs autres générations : la silencieuse (1930-1945), les fameux babyboomers (1945-1965), la « X » (1965-1980), les milléniaux « Y » (1980-1996), la « Z » (1995-2012), l’Alpha (2012-2022) et la Beta (2020-2040). Il y a de quoi s’y perdre ! Mon petit doigt me dit que nos traditions et nos croyances appartiennent à la période que l’on vit. Une dilution progressive s’effectue naturellement jusqu’à disparaître avec le temps. Perdurer est une utopie et justement, avancer en âge nous en fait prendre conscience, trop d’ailleurs. Nous sommes des feux d’artifice, le moment d’un instant. Plus chanceux que la plupart des papillons qui n’existent qu’une journée à quelques semaines et même la nuit, ils dorment en plus ! Ça fait court, je trouve ! Est-ce que mes pensées peuvent arrêter de papillonner ?

Mon grand ennemi est la peur de voir souffrir et mourir ceux que j’aime. Vous le voyez bien, comme une fougère, je penche la tête. En fin de compte, j’aurais peut-être dû parler de Céline, aux JO de Paris !

Chaque jour est un bonus de la vie. Une caresse sur du papier de soie fripé.

mercredi 26 juin 2024

Je suis Céline Dion




Comme une enfant de 7 ans, je comptais en cachette les dodos qui me séparaient de la date ultime de visionner le documentaire « Je suis Céline Dion » sur Prime Video. Et même habitée par une intense appréhension, celle d’être chavirée, le grand jour arriva. 

Entre nous, j’en suis encore bouleversée. J’ai vu une bonne quinzaine de spectacles de notre diva internationale. Le premier au Nouveau-Brunswick (1985), plusieurs au Québec, sans oublier à Paris et à Las Vegas. Elle ne m’a jamais déçue, bien au contraire. Céline a toujours été dans une classe à part, celle de la perfection. Mais à quel prix ?

Ce documentaire fut extrêmement difficile à regarder tellement la charge émotive est forte. Le cruel syndrome de la personne raide dont Céline souffre (premiers symptômes sans le savoir en 2008) est sans pitié. C’est en ingurgitant jusqu’à 90 milligrammes de Valium que les « the show must go on » devaient continuer. Impossible de ne pas pleurer quand elle essaie de chanter et que sa voix craque lorsqu’elle nous explique les ravages de sa maladie. Sa peine nous prend à la gorge, aux tripes et au cœur. Brisée, recluse chez elle avec ses employés et ses fils, dans un état de vulnérabilité extrême, elle se dévoile sans pudeur. Un pied dans son passé, son immense hangar est devenu le musée de sa vie. Comment va-t-elle se redéfinir maintenant ? Comment va-t-elle survivre à cette cruelle maladie ? Finalement, sa violente crise m’a achevée. J’aurais voulu traverser l’écran pour la réconforter. Impuissants, nous étions des milliers. 

Céline respire la musique, c'est sa bouteille d’oxygène. Souffrante, malade, elle ne vit que pour cela. Je ne la reverrai jamais sur scène, c’est évident, mais j’aurai la chance d’entendre quelques chansons inédites sur un nouvel album prochainement. Elle devra faire le deuil de ce qu’elle a été, je ne sais pas comment, mais avec sa force de caractère, elle y arrivera. Le « C » de son prénom définit son immense courage. J’ai juste le goût de la serrer dans mes bras, de cœur à cœur, d’âme à âme, longtemps, longtemps… The show must not go on, Céline. Ton corps te parle si violemment…

jeudi 20 juin 2024

Caroline Dawson

 


Le 19 mai dernier, Caroline Dawson est décédée des suites d’un cancer. Elle n’avait que 45 ans. L’autrice nous lègue « Là où je me terre », un récit parut en 2020. C’est l’histoire d’une petite fille de 7 printemps, allergique aux injustices, déracinée de son Chili natal et qui se retrouve au Québec. Sociologue au cégep et maman de deux jeunes enfants, la mort est sans cœur.  

Il y a des hasards qui me font sourire. Coïncidences, signes du destin ou synchronicités invisibles ? Je n’en sais rien. Je vous raconte. Mardi dernier, en manque de mes doses de drogues littéraires, en pleine canicule, je me suis rendue à ma charmante et minuscule bibliothèque située au village. Je venais tout juste d’arriver lorsque l’une des deux bénévoles, celle avec les cheveux enneigés, se dirigea vers moi d’un pas décidé.

Un livre dans les mains, elle m’annonça d’un ton un peu autoritaire et d'une voix forte :

— Vous devriez lire ceci ! Je ne l’ai pas lu, mais ma sœur, elle, oui ! Il est tout petit, vous allez le finir dans deux jours, maximum. Vous lisez vite !

J’étais stupéfaite. Je voulais justement le réserver, mais ça m’avait complètement sorti de la tête. « Cette dame est une sorcière qui s’ignore », pensais-je, en ajoutant :

— Merci ! Je le prends ! Je vous en donnerai des nouvelles.

Je l’ai placé sur mon cœur, entouré de mes bras, il était mien. Et puis…

Caroline Dawson a écrit une œuvre percutante, profonde et bouleversante. De sa plume d’hypersensible et d’une manière désarmante, elle nomme adroitement les différences entre les classes sociales. Les siennes, parfumées de honte et d’isolement. Les miennes, si éloignées d’elle.

Alors, en cette journée internationale des réfugiés, ce livre est un incontournable. Tout le monde devrait le lire, car les mots de Caroline Dawson servent de ponts entre nous tous.

 

mardi 18 juin 2024

La grande Céline Dion

 


                                             

Hier, à mon réveil, les cheveux en bataille, les pieds qui traînaient sur le plancher brun marbré en bois flottant, je me suis dirigée vers mon homme. Appuyé sur le comptoir de la cuisine, il sirotait son café. En me voyant arriver, un léger sourire se dessina sur son visage. Ma tête se déposa sur son épaule comme un chat recherchant de l’affection. Il me dit :

— Si ça continue comme ça, je vais arrêter mon golf. Je ne m’améliore pas du tout. C’est pire que l’an passé.

— Quoi ? lui ai-je marmonné, la bouche un peu pâteuse.

— J’y pense, ajouta-t-il.

— Pense s’y même pas ! Céline, elle, a une maladie orpheline dégénérative et elle s’entraîne comme une malade pour revenir sur scène ! T’as vu dans le documentaire de Jean-Philippe Dion, elle fait des crises tellement terribles qu’elle doit avoir à sa disposition des boutons d’alarme dans sa maison pour que ses ados, Eddy et Nelson, interviennent !

Mon homme, songeur, continua de boire sa dose de réconfort pendant que j’ouvris le frigo pour nous servir du jus d’orange dans deux petits verres bleus transparents.

Puis, mon laïus se poursuivit :

— Bon, bon, bon, lors du visionnement, pendant une pause, je t’ai dit qu’elle devrait décrocher, penser à retrouver un semblant de santé et profiter du temps qu’il lui reste pour voir grandir ses enfants. Aujourd’hui, je vais être plus nuancée. Céline devrait, ne devrait pas, je ne sais pas, parce que je ne chausse pas ses souliers. Je ne peux que trouver extrêmement triste ce qui lui arrive, mais toi, tu dois poursuivre. Ton cœur a été remis en fonction pour un bon vingt ans encore. Alors, golf must go on !

Il y a beaucoup de Dion, mais juste une Céline avec une voix unique, un destin unique et une fichue de maladie unique ! Cette athlète de haut niveau nous donne une leçon de vie, de persévérance et de courage. Cinq jours par semaine, elle fait de la réhabilitation vocale et physique. Peut-être la verrons-nous chanter à l’ouverture des Jeux olympiques de Paris ? Mais Céline, c’est Céline. Nous sommes tous différents face à l’adversité.

Le documentaire « Je suis : Céline Dion » sera disponible sur la plateforme Prime Video, le 25 juin prochain. En attendant, notre diva nationale nous motive, un peu, beaucoup, passionnément. Prenez la dose qui vous convient parce que ça ne peut que vous faire du bien !