lundi 22 janvier 2024

Coup de coeur

 

                                                                 Crédit image: Freepik

En attente de l’évaluation de mon manuscrit par mon agent littéraire, j’occupe mon temps à la recherche d’informations pour mon deuxième roman, qui se passera fort possiblement au Saguenay pendant la guerre 39-45. Je ne sais pas trop ce que je vais garder ou supprimer, mais ces fouilles m’amènent à trouver de véritables petits trésors. En voici l’un d’eux : le transfert des avoirs et richesses de la Grande-Bretagne et de la Pologne au Canada. Je vous entends penser : « Ça va être plate, j’arrête là ! », et bien, poursuivez, car vous risquez d’être surpris !

En mai 1939, lors de la visite du roi Georges VI, soit quatre mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre, le navire militaire royal transporta, en plus des souverains, des lingots d’or pour qu’ils soient entreposés à la Banque du Canada. Secundo, en 1940, pendant « l’Opération Fish », 2 000 caisses de documents, certificats d’actions, valeurs immobilières et lingots d’or ont été acheminés à Montréal et à Ottawa. L’opération était risquée puisque 40 % des navires marchands furent coulés dans l’Atlantique. Au Québec, le lieu secret était : l’édifice Sun Life à Montréal. Attachez votre tuque, 6 000 personnes ont participé à cette opération. Le retour des avoirs en Grande-Bretagne a eu lieu en 1945.

Après la guerre, en raison de l’occupation soviétique en Pologne, les trésors polonais du château de Wawel à Cracovie (collection de tapisseries, épée médiévale du couronnement de 1320 à 1764 et richesses de plusieurs familles) furent cachés au Canada pendant 20 ans. La cerise sur le sundae, c’est qu’ils ont séjourné très longtemps dans la ville de Québec, plus précisément au Monastère des Augustines puis au Musée des Beaux-Arts de Québec (MNBAQ). C’est Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de l’époque qui se chargea de les protéger, jusqu’à leur retour au château de Wawel, le 2 janvier 1961. 

Je vous suggère donc d’écouter sur TV5Unis ou Tou.TV Extra, les fascinants documentaires, des saisons 1 et 2 de : 39-45 en sol canadien. Vous y ferez une multitude de belles découvertes ! C’est mon coup de cœur du début d’année ! Au bout du compte, vous avez lu jusqu’à la fin ! Et puis ?

Ciao !

                                     Château de Wawel à Cracovie. Crédit photo: site Pixabay

 

 

samedi 20 janvier 2024

L'espionne et les trois G

 


J’ai presque toujours acheté mes livres en librairie parce que j’écrivais dedans et que je prenais tout le temps nécessaire pour les lire, et ce, sans me soucier d’une date de retour. Toutefois, mon budget, lui, ratatinait à vue d’œil. J’en gardais très peu puisque j’aimais les donner à mes amis ou dans des boîtes à livres. Les bouquins devaient voyager. Depuis mon déménagement dans un beau et pittoresque petit village situé sur la Côte-de-Beaupré, je les consomme différemment, précisément comme une boulimique qui n’a plus de fond. C’est l’avantage d’être à la retraite ! Le temps nous appartient ! Mes emprunts se font à la minuscule bibliothèque municipale, qui est loin d’être une caserne d’Ali Baba littéraire ! Les vieux bouquins se mélangent avec quelques nouveautés, mais cela me convient. Je m’y pointe toujours le bout du nez, les mardis à 13 heures, aux trois semaines. On ne se bouscule pas au portillon. Ce qui fait que, seule, j’assisterai peut-être à un spectacle inédit.

À l’entrée de ce haut lieu de l’imaginaire, j’y retrouve toujours les trois gentilles bénévoles aux cheveux poivre et sel et aux personnalités flamboyantes. L’une d’elles arbore même une mèche rougeâtre sur le côté droit de sa courte chevelure. Dans mon monde de licorne, c’est la délinquante du trio ! Elles ne le savent pas, mais je les espionne ! Je les ai baptisées, les trois G : Gertrude, Germaine et Gilberte. Ces ladies, à l’âme volontaire, me semblent avoir de l’énergie à revendre tout autant qu’un grand cœur. Mais pourquoi parlent-elles si fort et ne classent-elles pas les livres aux bons endroits ? me suis-je souvent demandé. En sourdine, comme une étudiante du Conservatoire d’art dramatique de Québec, je glisse ma main gauche sur les rayons remplis de bouquins, et j’avance très doucement, en écoutant leurs conversations. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis toujours la seule qui assiste à leurs représentations. Suis-je l’unique retraitée assoiffée de lecture au village ? Bof, tant pis pour les absents, ils manquent quelque chose !

— Gertrude, as-tu réussi à avoir la prescription de ton médecin ? se demanda Germaine, debout derrière le comptoir, les bras croisés.

— Oui, pis, je te dis que le gouvernement nous fourre ! Le médecin a ajouté à mon ordonnance des Tylenol, mais on paye cinq dollars de plus en pharmacie que chez Walmart en vente libre ! Je te dis qu’y faut être à notre affaire !

— Ben, je le savais que les Tylenol étaient moins chers chez Walmart ! C’est moi qui te l’avais dit ! Tu ne t’en souviens pas ?

Gertrude haussa les épaules et changea de sujet abruptement.

— J’ai apporté de la soupe aux gourganes pour tantôt, y viennent de l’habitant, pas de l’épicerie. Elles sont bonnes comme dans Charlevoix.

— Ça goûte quoi ? demanda Germaine, encore debout, mais cette fois-ci, elle empilait les livres, l’un par-dessus l’autre, en petites piles.

— Des gourganes, Germaine, ben, ça goûte… Des gourganes, s’t’affaire !

Les trois Miladys s’esclaffèrent en cœur. Elles semblaient s’aimer.

— La semaine prochaine, je t’en amènerai un pot ! Tu pourras y goûter ! Bon, je vais aller étiqueter les nouveaux arrivages, précisa-t-elle.

— Avez-vous trouvé le bouquin de Madame Verreault ? questionna Ghislaine, qui semblait désactiver le code-barre d’un livre avec un lecteur.

— Non, je pense qu’il est mal classé, encore… Pourtant, les lettres de la codification sont grosses ! répondit Germaine de sa voix aiguë.

Gertrude ne dit mot. Était-elle la coupable ? Pensé-je, en me cachant la tête entre deux espaces vides d’une étagère.

— Avez-vous acheté votre billet « Célébration » ? renchérit Germaine.

— Non, trop cher ! dit Gertrude

— Moi non plus, mais c’était quand même un beau spectacle à la télé ! ajouta l’autre.

— Moi, demain, je vais souper au restaurant Sagamité à Wendake. J’ai hâte ! J’ai eu une invitation ! C’est un restaurant gastronomique, vraiment spécial, mais c’est loin Wendake !

Mais qui avait dit cela ? Laquelle des trois ?

— Wendake ! C’est loin en p’tit péché ! Renchéris l’une d’elles.

C’est à ce moment précis que j’ai arrêté de les écouter et que mes doigts ont continué à effleurer, regarder, reclasser certains livres mal rangés, à lire des petits bouts de phrases de différents auteurs, pour finalement sélectionner quatre livres, même si je savais que la limite était de trois. Par la suite, j’ai remis mes grosses bottes, mon lourd manteau, mon bonnet avec un pompon en fourrure et c’est au comptoir avec mes précieux volumes que j’ai demandé à Lady Ghislaine :

— Je sais que nous avons le droit à trois livres, mais je suis une gloutonne… Puis-je en prendre quatre ?

— Ben, certainement, M’dame ! Pas de problème ! dit-elle gentiment, sourire aux lèvres, lecteur code-barre en main.

— Merci beaucoup et bonne année ! Je vous souhaite de la santé !

— Vous aussi ! Vous aussi !

J’aime ces Miladys. Elles sont spectaculaires dans leur unicité.

Mais qui classe mal les livres ? Est-ce que Germaine a apprécié la soupe aux gourganes de Gertrude ? Comment s’est déroulé le souper à Wendake ?  

À suivre. Peut-être ou peut-être pas…

lundi 15 janvier 2024

Bifurquer vers hier

 


Édith était allongée sur le confortable divan de couleur crème fouettée de son salon. Celui qu’elle préférait. Elle caressait son chien, qui, couché sur ses cuisses, lui semblait heureux. L’était-il vraiment ? Elle l’espérait. La grande douceur des poils blanchâtres de Gustave, son Mini-Cockapoo de dix mois, lui faisait penser au manteau de fourrure noir de sa grand-mère Amélia, provenant d’un animal quelconque dont elle ne se souvenait plus. Il y avait aussi celui de sa mère, en opossum, tirant sur un gris plus ou moins sombre qui lui revenait en mémoire. « Mais n’était-il pas moins doux ? », s’interrogeait-elle, en constatant qu’un chapeau de la même fourrure terminait toujours l’ensemble comme un impressionnant diastème.

Il y a longtemps, très longtemps, pendant qu’une température glaciale et hivernale s’imposait, les deux femmes s'étaient enveloppées dans leur richesse avec la fierté démesurée d’une Élizabeth Taylor défilant en robe d’apparat à la soirée des Oscars. Quel souvenir mémorable ! Il était évident qu’elles ne touchaient plus terre même si elles savaient qu’une bonne dose de parcimonie était essentielle pour ne pas user leurs préciosités. Il fallait donc un grand événement, une fête importante, la messe du dimanche à l’église pour qu’elles s’en revêtissent. Rares étaient les dérogations à ce principe qu’elles s’infligeaient.

Graduellement, Édith poussa avec délicatesse Gustave de son lieu de repos pour se diriger vers la table de la cuisine où son portable en état de veille l’attendait. Le petit chien, chassé de son confort, alla s’abreuver d’eau sans lui en tenir rigueur. De sa main droite, Édith souleva un peu l’écran vers le haut, puis s’assit pour un face-à-face avec elle-même. Elle pitonna de manière mécanique et rapide puisqu’une idée avait surgi dans sa tête, une sorte de bulle au cerveau. Avec ses longs doigts sur le clavier noir aux touches blanches, elle pianota doucement l’alphabet, qui devint des mots, puis des phrases. Elle se laissa donc emporter par l’inspiration du moment. Édith écrivait comme elle respirait. Elle composait d’interminables paragraphes même la nuit dans son sommeil, en souhaitant très fort s’en souvenir au petit matin. Ce qui n’arrivait jamais.

Dans son enfance, la fillette des années 70 aux longs cheveux bruns ondulés et au jeans à pattes d’éléphant enfouissait sa tête dans une montagne de manteaux de fourrure déposés en désordre, l’un par-dessus l’autre, sur un grand lit. Son plaisir ultime était de s’y cacher ! Que ce soit chez ses parents ou ses tantes : les chats sauvages, les visons, les rats musqués se faisaient renifler par ses petites narines aux sons et cris des fêtards ! Elle y décelait les odeurs capiteuses et puissantes du Chanel No 5 et de L’Air du temps de Nina Ricci avec celles moins agréables des cigarettes Mark Ten et du Maurier. Lorsqu’elle relevait la tête, un nuage d’une fumée de nicotine l’enveloppait. L’asthme la poursuivait maintenant. Dans une chambre adjacente parfumée au patchouli épicé, sa sœur et ses cousines écoutaient en boucle : le vinyle des Beatles sur un tourne-disque. Paul McCartney y chantait : « Let it Be ». Autres temps, autres mœurs. « Mais qui porte de nos jours la fourrure d’un animal mort sur son dos ? », s’interrogeait-elle, en frottant ensemble, ses deux pieds bien emmitouflés dans de gros bas de laine sur le plancher flottant d’un brun marbré imitant le bois à la perfection.

Édith leva son menton pendant que ses yeux fixèrent le plafond. Était-elle encore à la recherche de souvenirs ? Un craquement venant du réfrigérateur la ramena sur terre. Sa grand-mère fut longtemps, c’est-à-dire presque toute sa vie, couturière, mais uniquement de manteaux de fourrure. S’étant séparée de son mari au début des années 40 dans un Québec catholique et puritain, elle dut déménager, prendre des pensionnaires et utiliser ses doigts de fée pour nourrir ses 12 enfants. De cette grande coupure qui affecta énormément sa mère, Édith n’en connaissait pas les raisons. Elle s’en voulait encore de ne pas avoir abordé le sujet de leur vivant. Sa Amélia adorée, née en 1886, habita chez ses parents, jusqu’à ce qu’elle atteigne 14 ans. L’histoire ne retiendra rien d’elle et pourtant, en sourdine, de précieuses souvenances s’entremêlent :

·       L’intelligence d’ignorer ses crises (de bacon) de bébé, en dessous de la table de cuisine ;

·   En été, l’écossage de grosses gourganes qui allaient se retrouver dans une succulente soupe et la plantation d’un lilas à l’arrière de la maison ;

·       Écouter avec elle, le Canadien de Montréal et les congrès de partis politiques ;

·     Un dîner de fête pour ses 12 ans, avec pour dessert : un gâteau aux cerises Duncan Hines et 100 sous noirs dans une enveloppe blanchâtre rectangulaire ;

·       À tous les soirs, la préparation d’une ponce chaude de gin avec un soupçon de sucre dans un verre (oui, un verre) ;

·       Des souliers à talons hauts tirés dans une garde-robe ;

·       L’inoubliable odeur d’une teinture bleutée sur une chevelure blanche et de longs ongles laqués.

·     Des siestes en après-midi, collées, l’une contre l’autre dans une énorme douillette lustrée d’un ton vert olive et dans le cœur, tout son amour et bien plus…

Il était si facile pour Édith de revoir la forme ainsi que la couleur noisette des yeux d’Amélia et de l’entendre lui dire : « Mon p’tit bé… ». Des mots écourtés avec l’accent vieillot charlevoisien d’une autre époque que même 48 ans d’absences n’avaient pu effacer. Édith avait la mémoire longue quand le passé superposait le présent. « J’ai tellement été aimée ! », se disait-elle, en fixant l’écran de son portable pendant que Gustave se couchait à ses pieds. Inopinément, ses doigts s’agitèrent sur le clavier et un titre fut tapé : « Bifurquer vers hier ». Vous connaissez la suite.

C’est fou comme les poils d’un chien peuvent l’avoir amenée ailleurs. Édith sera toujours en manque du refuge des bras d’Amélia, malgré ses 62 hivers, et c’est très bien ainsi. Le savoir ne l’empêchera jamais de l’aimer. Ne dit-on pas : L’ennui est au bout de tous les plaisirs (Octave Primez).


P.S. Le vrai prénom de ma grand-mère est Améda (Guérin). Ma soeur Martine est à gauche de la photo et je suis à droite. Pourquoi ai-je modifié les prénoms ? J'y vais instinctivement sans trop réfléchir. :) 

jeudi 4 janvier 2024

Le cafard et Charlotte Cardin


       Crédit photo: Guillaume Arcand

Pendant que la fin d’année 2023 faisait rage, Édith subissait son coup de cafard annuel, celui du temps des fêtes. Était-ce en raison du réchauffement de la planète et des guerres persistantes que ce malotru était revenu ? Heureusement, elle savait par expérience qu’il ne s’éterniserait pas à l’infini et que 2024 allait tout balayer comme d’habitude. Ce n’était pas la pensée magique, c’était cyclique avec une bonne dose quotidienne de kilomètres à pied. Ne totalisant plus le nombre des années depuis belle lurette, elle connaissait indéniablement ce qu’il lui fallait pour trouver la lumière dans son obscurité. « Une surdose de marche me sera nécessaire », se dit-elle en lavant ses mains au lavabo. 

Debout devant son comptoir de cuisine, elle empoigna fermement de sa main gauche un éplucheur à légume pendant que l’autre tenait une grosse carotte, couleur de l’Halloween, loin du rouge et du vert de Noël. Plusieurs fois, elle la déshabilla de haut en bas. L’économe était passé date, pas de poignée ergonomique ni de tête pivotante. Pas grave, elle s’en fichait, il fonctionnait. Six dissemblables carottes étaient allongées sur le vieux et très usé comptoir recouvert d’une céramique défraîchie. Le temps lui avait enlevé son lustre. Elle n’était pas la seule dont la joliesse s’était évanouie. Un sourire narquois se dessina sur ses minces lèvres. Elle prit une grande inspiration et ses épaules se détendirent. La justice existait quelquefois.

Le temps avait passé, couru, les jours, les mois et puis les années. De sa jeunesse, il ne lui restait que ses souvenirs étiolés. Soudainement, elle constata que le rythme moderato de la chanson pop « confetti » de Charlotte Cardin lui faisait du bien. Une sorte d’hymne aux introvertis, ce qu’elle n’était pas, sauf peut-être occasionnellement. En vieillissant, elle n’avait pas souvent le goût d’étaler ses sentiments. Elle était seule à savoir que le sevrage du décès de sa mère s’éternisait ad vitam aeternam. Le temps des fêtes lui ramenait toujours les lourdes absences de ceux et celles disparus à jamais. « Combien de jours encore, ce cafard allait-il persister ? », se demanda-t-elle en fixant l’économe inerte. Sa tête se tourna vers la gauche où une grande fenêtre dévoila d’immenses conifères saupoudrés de neige qui ne réussissaient pas à cacher la longue rivière, celle du nom de son ancêtre. L’eau y glissait sans entrave, insouciant de demain pendant que Charlotte chantait à merveille.

« C’est fou comme la musique a du pouvoir », s’exclama-t-elle en faisant deux pas vers la droite afin de prendre un morceau de carotte et le croquer. Monsieur Gustave, son chien-citron aux rotules endommagées s’étirait de la même manière qu’un chat de gouttière. Comment faisait-il pour dormir sur ce rythme enivrant de la chanson « Pappy » ? La vieille dame se pencha pour lui flatter le dessus de tête et glisser sa main dans son cou. Ce qui le réveilla. Elle se releva et se laissa prendre au jeu, faussa énormément en se dodinant de gauche à droite. Son cœur s’accéléra, elle se sentit mieux. L’économe devint un micro et son cafard prit la poudre d’escampette. Charlotte avait été sa magicienne. Elle se souhaita de nombreux vers d’oreille dans ses futures dormances ainsi que des visites impromptues de personnes disparues. Le rêve serait-il le pont pour rejoindre cet ailleurs mystérieux ? Spotify roula et les mélodies de la jeune femme de 29 ans s’enfilèrent.

Édith fit quelques pas de souris et tourna en rond pour retrouver la laisse de Monsieur Gustave qui se trouvait à sa place habituelle. Elle l’attacha puis décida d’abandonner sa popote et la maisonnée aux bons soins de la chanteuse douée. Elle saisit son long manteau noir, mit ses grosses bottes avec crampons, sa tuque à pompon et ses mitaines en laine avec un petit cœur sur chacune d’elles. Il était l’heure d’aller marcher dehors et de saluer le voisinage. Charlotte continuait à chanter à tue-tête pendant qu'Édith continuait à fredonner. La porte se referma sur son vague à l’âme. Combien de pas seront inscrits sur son podomètre aujourd’hui ? Attraper des bouts de ciel prend du temps. Monsieur Gustave la tira par en avant au même moment qu’un ver d’oreille apparut dans sa tête. C’était peut-être juste cela le bonheur.

PS La musique de Charlotte Cardin est addictive. L’écoute quotidienne peut amener une grave accoutumance. À vos risques et périls, mais bonheur assuré. 



mercredi 28 juin 2023

Londres


                         

                                                              Crédits photos: moi-même
 
Chère destination royale,

Pas besoin d’être monarchiste pour t’aimer. D’une manière ou du nôtre, tu as ce don de réussir à nous émerveiller ! Tout de même, tu sens la haute gomme, la distinction, le chignon bien coiffé du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Toi, l'impressionnante et coquine grande ville de 8 millions d'habitants. 

Pour ma deuxième visite, je n’ai pas eu besoin de revêtir mes plus beaux atours afin de déambuler dans deux de tes huit parcs royaux, des propriétés de la Couronne britannique.

Le palais de Kensington avec son jardin italien est splendide. On peut y apercevoir l’ancienne résidence de Diana, princesse de Galles et éternelle princesse des cœurs. La visite à l’Abbaye de Westminster a été une belle découverte. Elle a du vécu avec ses 3 000 personnes inhumées et ses 600 tombeaux ! Trente-neuf souverains y furent couronnés. D’ailleurs, le trône du couronnement est l’une des pièces les plus célèbres. Le tombeau de Marie Stuart, reine d’Écosse, n’est pas banal. Situé tout près de celui d’Élisabeth 1er qui décida de la faire exécuter. Les obsèques des membres de la famille royale y sont souvent célébrées comme celle de Diana et d’Élisabeth II.

Revoir le Tower Bridge et tous les autres incontournables, en plus d’assister à la comédie musicale « Les Misérables » m’a rempli de bonheur !

Ton métro et tes autobus sont très faciles à utiliser avec une simple carte de crédit, mais pour deux personnes, il faut en avoir deux différentes. Flâner chez toi se fait si bien à pied. Chaque coin de tes rues a une histoire à raconter. Capitale culturelle, politique et économique, tu es d’une élégance et d’une propreté remarquables. Divertissante aussi avec tes musées gratuits, tes palais et tes monuments.

Je te quitte pour mon « afternoon tea » en jeans et en chemise à carreaux, mais toujours avec mon petit doigt en l’air qui tient sa tasse en porcelaine chinoise de Buckingham Palace. Tu sais, ici, je suis la reine des bécosses ! Bin, on est reine de ce que l’on peut !

                                                                  l'Abbaye de Westminster 



vendredi 23 juin 2023

Un voyage organisé totalement désorganisé

 

                                                         Maison d'Anne Hathaway

L’une des nombreuses anecdotes commence le jour 14 de notre voyage de groupe (Irlande, Écosse, Angleterre), soit le 30 mai, mais la date n’a pas vraiment d’importance.

Nous fîmes un arrêt toilette à Stratfort en Angleterre au cottage d’Anne Hathaway, la femme de Shakespeare. Or nous constatâmes qu’il n’y en avait pas. Alors notre guide nous suggéra de visiter librement la ville, et ce, sans nous donner aucune information. Ce n’était pas la première fois.

— Encore de l’improvisation ! crièrent en cœur les moutons humains que nous étions.

— Et combien de temps pouvons-nous y rester?

— Une petite heure.

— OK.  

Exaspérés, voire découragés, dégoulinant de sueur, nous sortîmes de l’autocar qui d’ailleurs n’avait pas d’air climatisé, mais ça, c’est une autre histoire. Vous ai-je parlé de l’obligation de faire la rotation des sièges? Un mal nécessaire qui enlève le goût de refaire ce genre d’expérience. Je poursuis.

C’est donc en déambulant sur la rue principale que nous avons appris qu’il y avait aussi la maison du célèbre dramaturge, poète et acteur du nom de Shakespeare. Jamais notre guide ne nous en avait parlé! En prime d’incompétence, nous avons eu droit à une lecture avec Google de la ville de Stratford, mais après l’avoir nous-mêmes visité ! Ce fut d’ailleurs souvent le cas. Ce périple avait difficilement débuté et rien ne changea jusqu’à la fin. En construction, les travailleurs disent qu’un projet qui commence mal finit mal. Est-ce que nous nous sommes plaints à l’agence de voyages de tout ce bordel ? Of course ! (comme on dit là-bas). 

Entre vous et moi, je me pose deux questions. Serait-ce qu’il y a trop de gens qui veulent voyager et que la demande est devenue trop forte ? Est-ce qu’il y a une pénurie de guides compétents ?

Bon, ce qui est à retenir, c’est que ce voyage organisé était totalement désorganisé et que comme dirait Shakespeare dans Le roi Lear : « Sache que les hommes sont ce qu’est leur époque ».

                                                          Maison de Shakespeare

Crédits photos: moi-même

 

vendredi 16 juin 2023

Édimbourg la magnifique !

 


Lorsque mes yeux ont vu ton gigantesque château perché au loin sur un gros rocher volcanique, ils sont devenus exorbitants ! Édimbourg, ta beauté est saisissante sur 360 degrés, rien de moins.

Envoûtante, tu sais nous courtiser comme au moyen-âge. Ce que tu as fait avec moi lorsque j’ai visité ton extraordinaire château avec Nikolaï, un guide volubile, compétent, d’une grande théâtralité, natif de Saint-Pétersbourg (jamais il n’a mentionné de Russie). Ce joyau au cœur de la vie écossaise depuis mille ans, est le témoin de tes chevauchées épiques et historiques allant de cérémonies royales, à des batailles sanglantes, à des sièges, à la naissance d’un roi et de plusieurs décès de reines. On peut dire que tu as du vécu ! Aujourd’hui, 3 musées accueillent tes souvenirs et les trésors de tes activités militaires. Mais comment flagornait-on autrefois ? Avec classe et lenteur, voyons ! Et avec moi, tout a fonctionné ! C’est là que j’ai pu admirer la très connue « pierre de la Destinée » qui était de retour depuis 3 jours, tout juste après le couronnement de Charles III. Le trône d’intronisation est revenu lui aussi chez lui, c'est-à-dire à l’Abbaye de Westminster. Comme le charmeur de serpents, tu sais vraiment séduire tes visiteurs !

Ta ville au grand complet est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Que cela est justifié ! Même si on m’a dit que tes façades rurales sont refaites et que tes intérieurs sont maintenant modernes. Déambuler sur le Chemin de Traverse, lieu emblématique d’Harry Potter, continuer dans tes rues médiévales serpentines et géorgiennes de long en large et de bas en haut fut fort agréable. Capitale d’Écosse avec un historique à n’en plus finir, je ne pourrai jamais t’oublier. Les élèves de Poudlard y sont peut-être pour quelque chose ? Y aurait-il de la « poudre de cheminette » éparpillée dans l’air ? 


                                                          Chemin de Traverse



                                                 Minuscule partie du Château d'Édimbourg

Crédits photos: moi-même

mardi 13 juin 2023

Belfast

 











Belfast, ton nom résonne si fort en moi. Je t’associe encore aujourd’hui à tes 30 années de troubles et de violence de 1969 à 1998. Une période de tensions entre les Nord-Irlandais et les Anglais qui s’affrontaient à travers des attentats sanglants. Les bulletins de nouvelles parlaient régulièrement de toi. On dit que 3 480 personnes sont mortes lors de ton conflit. On dit qu’il eut 47 500 blessés, 19 600 prisonniers emprisonnés sans jugement, 37 000 fusillades et 16 200 attentats. [i]

Belfast, lorsqu’on arrive chez toi au Royaume-Uni, une sensation malaisante nous prend à la gorge. On sent que la poudrière pourrait éclater à tout moment entre les unionistes et les séparatistes, entre les catholiques et les protestants. Ce qui est presque survenu lors du Brexit. Tu sembles calme, mais tu restes divisée et sur tes gardes.

Bien sûr, ton musée Titanic est magnifique, mais ce sont tes murs remplis de graffitis, d’œuvres de toutes sortes qui attirent notre curiosité et nous crient ton histoire. D’une hauteur de dix mètres et d’une longueur de cinq kilomètres, on ne peut pas les manquer. Encore aujourd’hui à 19 heures, tes portes métalliques se ferment entre tes deux grands quartiers qui sont collés côte à côte. Tu offres des visites guidées vraiment intéressantes. Tu ne le sais peut-être pas, mais pour un voyageur, c’est une expérience unique à vivre.

Belfast, ta paix reste si fragile. Tes morts ne dorment que d’un seul œil. Reste calme, reste calme…

P.S. Suggestions de visites dans le coin : La Chaussée des Géants avec ses 40 000 colonnes de basaltes polygonales et le « Dark Hedges », les arbres entrelacés à Bailymoney de « Game of Thrones ».



[i] www.guide-irlande.com Les Troubles en Irlande du Nord


                                                                La Chaussée des Géants


                                      Dark Hedges (secret: à l'hôtel sur le site, il y a la porte Stark !) 



Crédits photos: moi-même. 


vendredi 9 juin 2023

Envoûtante République d'Irlande

 


Crédit photo: moi-même

De retour de ce périple vertigineux en Irlande, Écosse et Angleterre et malgré l’incompétence et l’improvisation de l’agence de voyages qui nous gâcha bien du bon temps, il reste tout de même certaines découvertes, des moments forts à ne pas oublier. En tout premier lieu, La République de l’Irlande avec sa beauté émeraude, ses infinies clôtures de pierres, ses paysages jalonnés de moutons à tête noire qui sont plus nombreux que ses habitants. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de nourrir un agnelet à la fermeRathbaum. Endroit pittoresque et bien organisé pour accueillir ses visiteurs avec de bons scones et du thé. Ce pays abrite des panoramas époustouflants comme dans Le Connemara où l’on retrouve plusieurs lacs mythiques. La nature est rude, grandiose et surprenante. 

Que dire de la grande gentillesse des Irlandais, elle rivalise avec les bleuets du Lac-Saint-Jean. Est-ce pour cela que l’on s’y sent si bien ? L’omniprésence du folklore irlandais, musique et danse festive se retrouvent partout. Étonnant encore de lire les panneaux de signalisation écrit en premier, toujours en gaélique et en second, en anglais.

Dublin, sa capitale, est une belle ville. C’est là aussi où mes yeux ont détecté rapidement des kilts, un effet aphrodisiaque à ne pas négliger surtout à mon âge (âgisme réaliste) ! Le muséeGuinness, le musée de Dublin, le monastère de Clonmacnoise, les falaises deMoher dans le Burren, les églises (St-Patrick et bien d’autres), sont à mettre également à votre agenda.

Bien sûr, j’ai vu des endroits magnifiques en Irlande du nord, en Écosse et en Angleterre, mais rien ne peut rivaliser avec la République d’Irlande (depuis 1949), pas même la grandiose Abbaye de Westminster à Londres. Parce que j’ai découvert des gens ancrés dans une culture gaélique vivante, valeur inestimable de ce lieu enchanteur si envoûtant. Serait-ce mon 3 % d’ADN qui fait que je suis maintenant ensorcelée ? Haute en couleur, son identité forte et belle vous happera tout autant que moi. Coup de foudre assuré. Is fada beo Phoblacht na hÉireann !

PS: Si vous voulez voir plus de photos, je vous invite sur Instagram: nicolesimardnamaste. :) Mon prochain billet portera fort probablement sur Belfast en Irlande du nord. Ville que je n'ai pas aimée, mais son histoire est trop fascinante pour ne pas vous en parler. A + 

mardi 25 avril 2023

Mieux vaut tard que jamais

 

                                                 Image prise sur le site web: Le soir

Je me fais rare sur mon blogue. J’ai l’œil droit fragile, ce qui m’oblige à me tenir loin de mon portable. Ceci ne m’empêchant pas de vivre goulûment, entre la généalogie et ma nouvelle dépendance Game of Thrones, cette vieille saga débutée en 2011. Vous pouvez maintenant constater que je ne suis pas en avance sur mon temps, bien au contraire, mais mieux vaut tard que jamais.

C’est de la faute à mon chéri qui m’invita à écouter La maison du Dragon et l’histoire des Targaryen. La piqûre fut immédiate, me faisant développer par la suite une forte addiction quotidienne à la série qui la précédait : Game of Thrones. Quel plaisir de découvrir les nombreux personnages des nobles familles qui se creusent les méninges à inventer des complots et alliances machiavéliques dans le but ultime de conquérir le fameux trône pendant que les marcheurs blancs reviennent pour les anéantir. C’est fou comme on se désensibilise vite à la violence extrême et à l’érotisme criard et récurrent, parce que tout simplement, le scénario est très bien ficelé et que des acteurs chevronnés y brillent à merveille.

Vous le savez peut-être ou pas, mais l’Université d’Havard utilise la série pour étudier l’époque médiévale. Plus précisément le cours en « folklore et mythologie » qui fait la lumière entre le vrai du faux. Que le monde de l’enseignement peut être inventif quelquefois ! Écouter cette épopée créative me donne réellement le goût d’aller m’acheter des livres moyenâgeux. Le livre Les Piliers de la terre de Ken Follet m’attire un peu comme du miel ou seraient-ce mes nombreux ancêtres de la Bretagne qui m’interpellent ? Bref, mon libraire va me voir le bout du nez bientôt.

Toujours est-il que nous nous rapprochons à grandes chevauchées de notre départ à la mi-mai vers l’Irlande, l’Écosse et L’Angleterre, et que nous visiterons l’allée d’arbres tortueux Dark Hedges en Irlande et peut-être même le musée à Banbridge. Nous devrons donc dans ces conditions y mettre les bouchées doubles voire même triples. Le temps presse et il faut ce qu’il faut. Je vous quitte pour les Stark, les Targaryen, les Lannister, les Barathéon, les Sauvageons et les Corbeaux. Ceux qui fouillent l’obscur pour trouver la lumière, mais avant, j’irai aiguiser mes couteaux à défaut d’épées !



mardi 28 mars 2023

La surcharge des ophtalmologistes

                                                               Crédit image: Pixabay
 

Je savais que les travailleurs de la santé étaient débordés. Ils le criaient haut et fort partout où ils pouvaient être entendus. De mon côté, depuis un mois, je constate leur surcharge comme patiente en ophtalmologie et c’est bel et bien vrai. Je voudrais presque m’excuser d’être celle qui augmente leurs grosses piles de dossiers.

Replaçons-nous vendredi dernier. J’attends d’entendre prononcer mon nom, patiemment comme de nombreux éclopés pour rencontrer l’ophtalmologiste de garde, car même avec un rendez-vous, c’est la procédure. Là, tout va bien, même si je constate que nous sommes bien trop nombreux. Je vois donc l’infirmière au triage, retour dans la salle d’attente, puis un autre infirmier afin qu’il me mette des gouttes qui dilateront mes pupilles (il verbalise à une collègue qui vient le voir qu’il est débordé comme toujours). Autre retour dans la salle d’attente. Et pendant que ma vision devient floue, je ferme les yeux et je relaxe. Enfin, j’essaie de ne pas penser à l’examen. C’est mon deuxième, je sais ce qui me guette. Tout d’un coup, mon tour arriva.

À priori, elle me sembla vive d’esprit et très énergique. Soudain, elle repartit comme une flèche, en m’affirmant qu’elle reviendrait. Ce qu’elle fit presque une heure plus tard. Les urgences n’attendent pas.

Bien assise, toujours de dos, la docteure scruta mon dossier.

— Bonjour Madame Laverdière.

— E, je ne suis pas Madame Laverdière, je suis Madame Simard.

Collée à son écran, elle me rétorque :

— Oui, c’est vrai. Je ne sais pas pourquoi je vous ai appelé comme ça. Bon, pourquoi êtes-vous ici ?

Tout en me résignant à parler à son dos, j’articule :

— C’est un suivi pour un décollement du vitré à la demande du Docteur X.

— On ne fait jamais de suivi pour ça. Pourquoi voudrait-il que je fasse un suivi ? Ah, je crois qu’il a vu quelque chose d’anormal. Il ne vous a rien dit ?

Elle a dit : anormal. Je veux partir, mais je reste évidemment.

— Non, rien.

— On va regarder !

Empressée, elle se détourne vers moi. Elle a bel et bien un visage !

Voilà que des gouttes atterrissent rapidement dans mon œil droit. De par mon précédent rendez-vous, je sais qu’elles devraient atténuer les manipulations et examens de la docteure débordée. Les gouttes sont-elles homéopathiques ? J’ai mal ! Je ne dis mot. Elle persiste et signe encore plus fort en poussant un médaillon dans mon œil qui emprisonne et empêche ma paupière de bouger. Bombardée de nombreuses lumières, je subis l’assaut. Si elle continue à pousser cet objet, je risque le décollement de rétine, quoiqu’elle pourrait me crever l’œil avant ! Je n’ose imaginer les injections, pensais-je.

Subitement elle enleva la rondelle collée à mon orbite avec la même délicatesse qu’on enlève un bouchon prisonnier dans la tuyauterie du bain, avec grande force. Aussitôt, elle retrouva sa position préférée, toujours sans me regarder, elle ajouta :

— Il y a quelque chose de vraiment anormal. Peut-être le glaucome. Je vous retourne au premier ophtalmologique que vous avez vu, disons dans un mois. On vous rappellera.

Celui-là avait un beau dos lui aussi, me suis-je souvenu.

— Je pars à la mi-mai pour l’Irlande. Est-ce que je pourrai prendre l’avion ?

Les bras en l’air, le rire facile, fixant son écran, le crayon en baguette, elle affirma :

— Que c’est ridicule, de vieilles faussetés ! Je ne comprends pas que les gens croient encore à ça ! Et le silence fut.

Déjà, elle ne me voyait plus, ne m’entendait plus. J’étais invisible. Au suivant.

Timidement, ma bouche articula un « merci » tout en empoignant mon manteau et mon sac. Du haut de mes 61 ans, je me sentis en avoir 10. Heureusement que je n’accorde pas d’importance à une certaine condescendance lorsque la personne me semble très compétente.

La révolution majeure en santé s’en vient à grands pas. Entre les branches, on entend parler de la mobilité du personnel et des ressources, d’une carte d’hôpital unique et que 20 % de médecins spécialistes devront prendre en charge plus de patients. De grâce, le poids du nombre me semble bien trop lourd pour les ophtalmologistes et leurs équipes. N’ajoutez plus rien, parce qu’avec une pratique inhumaine surchargée, ce sont eux que l’on retrouvera comme patients et cette fois-ci, le dos couché sur une civière.

vendredi 17 mars 2023

St-Patrick'ment vôtre !

 

                                                         Crédit photo: Site Pixabay

Mes yeux me jouent des tours. Il y a deux semaines, je me suis retrouvée à l’urgence, suite au conseil de mon gentil-adorable optométriste afin qu’un ophtalmologiste vérifie un possible décollement de rétine. Ce qui aurait nécessité une intervention rapide, opération dont je ne veux pas connaître les détails. Bref, je vous passe les examens pour aboutir au diagnostic du décollement du corps vitré, heureusement, beaucoup moins grave. Toutefois, depuis, j’ai un gros morceau sombre et des points flottants qui cachent le champ de vision de mon œil droit. Chaque jour, il persiste et signe. Beau temps, mauvais temps, fuyant la lumière, je porte mes verres fumés, à l’intérieur comme à l’extérieur. Seul moyen trouvé pour ne pas virer folle à suivre des cadavres encombrants.

Même si l’urgentologue m’a mis au parfum qu’il n’y avait aucun lien entre abus d’écran et décollement du corps vitré, j’en doute encore. Parce que je m’en confesse, cher Saint-Patrick, j’ai abusé de mon ordinateur en faisant des recherches qui n’en finissaient plus de mes ancêtres dans Ancestry. Scotchée à mon portable, les lunettes sur le bout du nez, en robe de chambre d'un vert douteux, débraillée, j’ai péché ! Excès qui m’a quand même permis de découvrir dans ma lignée, des filles du roi. D’élucider, grâce à des liens ADN avec d’autres membres, le père d’un ancêtre illégitime et de trouver quelques aïeuls lointains anglais, beaucoup de Bretons et de Normands, même si je n’ai pas encore dégoté le 3 % d’héritage irlandais-écossais. Et comme j’y vais en mai, je veux savoir ! Je n’ai pas une tête de mouton, j’ai une tête de cochon !

Au Québec, nous serions 400 000 personnes à avoir des origines irlandaises. Si vous avez des Morin (Moran), Barette (Barrett), Lahaye, Vogel, Brown, Paré, Riel (Reilly), Lemaire, Belley (Bailey), Aubry et j’en passe, et bien, vous avez peut-être du sang vert ! Il est intéressant de savoir que plusieurs noms de famille ont été francisés pour en faciliter la prononciation ou peut-être aussi l’intégration. Il y a beaucoup de Bretons qui proviennent des îles Britanniques, sans oublier les Harvey, Hébert, Joly qui ont des racines écossaises. Les vagues migratoires cachent bien des secrets et des histoires, c’est justement ce qui m’anime, que dis-je, ce qui m’obsède.

En ce 17 mars, fête des Irlandais, fête religieuse catholique du passé et populaire d’aujourd’hui, je propage l’un de leurs proverbes : « Y penser sans cesse ne labourera pas le champ ». Et comme j’ai davantage d’ancêtres de la France, je vous quitte, le vino m’attend. Bonne St-Patrick !

dimanche 26 février 2023

Ouvrir la boîte de Pandore

 

                   Pandore: Tableau de John William Waterhouse, 1896. Crédits: Wikimedia Commons.

Je traîne en moi le passé de mes ancêtres et vous aussi. Je crois que l’humain est tapissé d’une parcelle de l’un et de l’autre, un peu, beaucoup, passionnément. Les mélanges s’entrecroisent au rythme du temps et de nos chromosomes, car génétiquement, ils nous habitent. Faire de la généalogie se révèle donc une véritable école de la vie.

J’y découvre des histoires, des secrets, de bons et moins bons coups, des faux pas, ceux qui ne sont pas les miens. Ils ont amélioré ou blessé, voire changé l’existence de mes parents et de leurs familles. Des récits joyeux, souvent tristes, douloureux, invraisemblables, dont la banalité ne semble pas avoir pris racine, bien au contraire.

Dans le malheur, seul le silence était autorisé. Un silence lourd et destructeur, ayant eu de graves conséquences sur eux et maintenant sur les autres générations. On dit que la boîte de Pandore se doit de rester fermer à jamais, mais le mutisme n’amène jamais le calme et la paix et repousser la honte n’enterre pas les maux.

Alors je casse le miroir. Je cherche et questionne mon entourage éloigné. Certaines personnes refusent de discuter, il faut les respecter. D’autres ouvrent le grand livre tant redouté et en ressortent grandis. L’inceste, l’abandon de femmes et d’enfants, la misère, le désespoir ne doivent plus se revêtir de honte. En parler ne peut que nous faire du bien et nous encourager à comprendre certains comportements de nos proches et de nous-mêmes. Libérer la boîte de Pandore familiale nous dégage de ce qui nous lie à elle.

La généalogie m’enseigne le pardon des actes de ceux et celles qui m’ont précédée. Comme je n’ai pas vécu leur vie, je ne veux pas les juger. En ajoutant chacun d’eux à mon arbre, j’ai l’impression de les faire un peu revivre. « Quand tu pardonnes, tu ne changes pas le passé, mais le futur », auteur inconnu. Ouvrir la boîte de Pandore, c’est casser la chaîne des souffrances de nos prédécesseurs et s’en libérer à tout jamais. Qui n'aurait pas soif de liberté ? 

mercredi 22 février 2023

Test ADN Ancestry

 

                                           Crédit photo: site Pixabay (Dark Hedges en Irlande) 

Je suis ailleurs en ce moment. Pas en voyage ni dans l’espace, mais loin et pas très loin à la fois. Je suis dans le monde des morts, celui de mes ancêtres, ceux et celles que j’admire tant. L’histoire a commencé en décembre dernier. Par curiosité, j’ai acheté le fameux test Ancestry ADN (salive) afin de vérifier si j’avais du sang écossais en lien avec un enfant illégitime du côté de mon père. J’ai par conséquent pu constater que mes prédécesseurs venaient à 96 % de France (je vous passe la longue liste, incluant l’Italie, Espagne, Suisse, Luxembourg), 3 % d’Irlande-Écosse et 1 % d’Afrique du Nord (comprenant l'Algérie, Libye, Mauritanie, Maroc, Niger, Tunisie, Sahara occidental). Toujours est-il qu’environ 4 millions de Canadiens comptent des Irlandais parmi leurs ancêtres. Je ne suis vraiment pas la seule! Habituellement, c’est ici que les gens « normaux » arrêtent, car ils sont satisfaits de savoir qu’ils possèdent des gènes celtiques ! Quoi qu’il en soit, pas moi ! Bien au contraire ! Je me suis transformée en comtesse Dracula qui se vampirise elle-même ! Une horreur !

Tout d’abord, il faut mentionner que les liens ADN dans Ancestry, avec certains membres et moi, se sont mêlés dans le partage parental. Ce qui fait qu’à ce jour, je ne peux pas identifier correctement mon parent 1 et mon parent 2. J’ai donc dû ajouter à la mitaine chacun de mes aïeux et je me suis fait prendre au jeu, puisque presque 1000 personnes y vivent maintenant. Des heures et des heures de recherches à fouiller dans l’obscur pour trouver la clarté. Ensuite, j’ai saisi chaque correspondance (personne avec du % d’ADN avec moi) ayant déjà commencé un arbre afin de faire l’association avec mon père ou ma mère. C’est un travail de moinesse ! Le féminin de moine, ça existe ! Bon, je reviens à mes moutons. Jusque-là, ce n’est pas pire que de faire un casse-tête de 100 000 morceaux, mais dans mon cas, j’avoue que c’est quasiment obsessif, car je veux absolument découvrir qui est l’ancêtre qui vient de là-bas puisque j’irai fouler sa terre en mai prochain. Un fait intéressant, il faut savoir que nous avons 50 % de gènes aléatoires provenant de notre père et de notre mère, en 6 générations.

Est-ce que j’ai trouvé quelque chose ? Rien, sauf toujours un enfant illégitime dont le père est inconnu. Il a pris la poudre d’escampette et joue à cache-cache. Tout un moineau ! Peut-être aussi qu’un ancêtre a changé son nom en arrivant ici, comme les Hervé (Harvey) et les Reilly (Riel) ? Allez savoir…

Bref, si vous voulez passer un test Ancestry ADN et bien, je vous suggère de faire votre arbre avant (au moins 3 générations), car Ancestry n’identifie pas dans tous les cas le bon lien parental (parent 1-parent 2). Ensuite, vous devrez vérifier la proposition et la classer, une à la fois avec le bon parent. Prenez uniquement des correspondances qui ont déjà leurs arbres et armez-vous de patience. On parle d'en examiner des centaines, voire des milliers, si vous aimez les défis. Je dois avoir un TOC génétique, faut croire ! Quoi que, j’ai vu des personnes avec 20 000 ancêtres, sûrement que l’arbre incluait la famille du conjoint. Somme toute, Ancestry vous donne l’outil afin d’ouvrir la porte de votre passé, mais c’est à vous de tourner la clé pour faire le reste. Un gros passe-temps obsédant ! Voici un site intéressant pour en savoir plus sur l’histoire des Irlandais au Canada. Bonne lecture ! Mon thé m’attend ! Cheers !

mercredi 8 février 2023

De retour de croisière

 

Mention de source : Moi-même

      

« Moi, les bateaux ne me font rien. Je les regarde et je ne ressens rien du tout, niet, nothing, niente », dis-je un jour à mon chum que je surnomme affectueusement: « pitoune ».  

Pour vous dire la vérité, l’intérieur criard m’agaçait, me faisait penser à un immense centre d’achat. Crache en l’air, retombe sur le nez. Un volumineux crachat, je vous dis (écris) ! En plein dans la face ! De retour du « Celebrity Reflection », ce dernier m’a ébloui dans tous les sens du mot, vraiment. La compagnie Celebrity Cruises est Américaine et possède 15 navires qui commencent tous par « Celebrity ». Qualité/prix, ils sont dans les meilleurs. Le luxe est au rendez-vous et touchera vos cinq sens. On dirait presque que je veux vous vendre une croisière ! C'est que j'ai encore des firmaments dans la tête ! 

Tout d'abord, la bouffe est plus qu’excellente. Les repas (surtout les soupers) et le service hors pair des employés sont dignes des plus grands restaurants. Si tout comme moi, vous avez un côté précieux, vous apprécierez encore plus ! Les activités sont géniales, en particulier les soirées silencieuses, avec de la musique dans un casque lumineux. Vous allez retrouver vos 16 printemps illico presto ! Les spectacles dans la majestueuse salle donnent l’illusion d’un Broadway sur mer, rien de moins ! « Broken Strings » avec l’excellente Natalie Szczerba est tellement incroyable que nous l’avons vu deux fois dans la même soirée (19 heures et 21 heures. La durée d’une représentation est de 45 minutes).

Évidemment, les escales sont rapides et superficielles. J’ai passé deux jours en mer et cinq jours sur le plancher des vaches. J’ai donc survolé très sommairement : Nassau, Ocho Rios, Grand Cayman, la Jamaïque et Cozumel (Mexique). Il faut mentionner qu’on achète avant tout une croisière pour le bateau, puisque les excursions deviennent secondaires. De mon côté, mon coup de cœur fut la visite de la grotte Green Grotto Cave en Jamaïque. J’ai pu observer un nid naturel de chauves-souris et d’immenses stalactites se refléter sur l’eau cristalline et translucide du fond sous-terrain de la grotte. Inoubliable ! Le temple maya à Cozumel était fort intéressant. Personnellement, j’ai été déçu par les visites guidées (toujours en anglais) des villes de Nassau, Ocho Rios et Grand Cayman parce qu’il n’y a pas chose à voir, tous simplement. En tout, je n’ai eu que deux heures pour me saucer les pieds dans les plus belles plages de la mer des Caraïbes, que dis-je, du monde ! Alors, à bon entendeur, vous serez au courant.

Le Celebrity Reflection a un petit quelque chose de Las Vegas dans sa démesure. Il sera revampé au grand complet en mai pour revenir retransformé en novembre.

Voici donc trois conseils de la croisiériste débutante que je suis :

  1. -        Prendre un balcon, une cabine extérieure, c’est un incontournable à ne pas négliger.
  2. -       Acheter les excursions sur le bateau (avant ou pendant). Pas à l’extérieur, avec un grossiste indépendant, car si survient un problème, vous devrez vous débrouiller seul et vous risquerez même de manquer votre retour sur le bateau.
  3. -       Avoir le niveau intermédiaire en anglais. Si vous êtes débutant et que vous y allez en solitaire, bonne chance ! Tout se fait uniquement en anglais, vitesse rapide et personne ne pourra vous aider.

En ce moment, les tout inclus sont très onéreux, alors pour le même prix, les croisières demeurent un très solide alternatif avec beaucoup plus à offrir. À essayer au moins une fois dans sa vie. Risque de récidive, très élevé.  

                                    Grotte en Jamaïque (coup de coeur). Mention de source: moi-même