-Alys,
mais tu as de beaux grains de beauté sur ton nez et tes joues ! Lui dis-je.
-Mamie,
tu veux dire des graines de douceur !
Cette
enfant est poétique. Elle sait faire de la dentelle avec les mots.
Blogue québécois sans prétention sur mes passions. Tous droits réservés.
-Alys,
mais tu as de beaux grains de beauté sur ton nez et tes joues ! Lui dis-je.
-Mamie,
tu veux dire des graines de douceur !
Cette
enfant est poétique. Elle sait faire de la dentelle avec les mots.
Photo: @iStock
Qu’il est loin le temps des cathédrales, des églises avec
leurs inconfortables bancs durs en bois, de la messe du dimanche en latin pour
mes ancêtres ou à gogo pour ma génération, des soutanes, de la confession
(eurk), de l’abstinence de viande tous les vendredis de Carême jusqu’à Pâques.
Cette époque-là n’existe plus pour moi, terminée, j’ai divorcé de l’Église
catholique depuis longtemps même si je prie avant de dormir pour les Ukrainiens
en souhaitant qu’un espion divin réussisse à stopper Poutine. N'empêche qu'entrevoir mes enfants
parcimonieusement voire presque jamais, ne faire aucun souper avec mes amis, respecter
à la lettre les règles de mesures sanitaires incluant la vaccination, m’aident
à affirmer que cette année, j’ai vraiment fait mon carême ! Même encore plus,
car je dépasse les 40 jours de privations du cycle pascal.
La pluie tombe, la neige ne veut pas fondre comme la Covid
qui refuse de prendre la poudre d’escampette. Deux de mes trois enfants ont eu
la malotrue, leur jeunesse les a aidés à passer au travers d’une grosse grippe
hivernale, du genre un camion qui te passe sur le corps avec des frissons,
t’obligeant à dormir, dormir et dormir, parce que le virus te vampirise
l’énergie. Ils sont en pleine forme maintenant, La mémé est bien contente parce
que…
Les Pâques seront neigeuses mais festives à souhait dans ma
campagne en montagne. J’attends ma descendance au grand complet. Une chasse aux
cocos pour Alys, de la bonne bouffe, du chocolat, des jeux, feront pousser mes
ailes dans le dos et mes petites cornes sur ma tête. Bacchus, Dieu du vin se vautrera avec
nous. Des bouchées de bonheur au menu, j’vous dis !
Je ne sais pas si je vous l'avais mentionné, mais depuis la perte de mon chien, je nourris assidûment deux petits suisses et les oiseaux sur mon grand terrain. L’un d’eux, un minuscule Tamia rayé roux, aime bien se coller la face dans ma vitre du salon en attente de ses cacahuètes. Ce qui, quand même, n’enlève rien à la grisaille de mon deuil. Ceci dit, une mère demeure toujours une maman oiseau toute sa vie. Joyeuses Pâques !
Voici Robert, mon papa. Fort possiblement au Petit Séminaire de Chicoutimi.
Depuis une dizaine d’années, je fais bombance du passé de mes
ancêtres. Je mange abondamment de généalogie. Le meilleur site que j’ai trouvé
est celui de FamilySeach. J’ai longtemps hésité avant de m’y inscrire. Je
voyais en bas de page, tout en minuscule, Église des Jésus-Christ des saints
des derniers jours, et je prenais la poudre d’escampette. Un jour, j’ai
passé par-dessus mes préjugés et ce ne fut que positif. Cependant, je me suis posée la question :
Mais pourquoi un site de généalogie est géré par une religion ? Je vous le
donne dans le mille : ‘’Chaque Mormon doit identifier sa famille afin que
ces ordonnances soient accomplies pour eux par procuration afin qu’ils soient
scellés à leurs ancêtres pour l’éternité’’. Me semble que lorsque l’on connaît la vie de
certains de nos précurseurs, on ne veut pas être coller at vitam aeternam à eux, mais
bon…Je peux passer des heures et des heures à me perdre dans les registres
paroissiaux comme dans un long fleuve tranquille, je suis dans un autre monde. Membre
de la Société généalogique virtuelle du Québec depuis septembre dernier, les
webinaires, le forum et le BMS2000 m’aident beaucoup (abonnement 50$/année).
Je vais tourner à 180 degrés, attention, attachez votre tuque
avec de la broche comme on dit par chez nous.
Hier, ma sœur Titinette m’appelle.
-J’ai eu un beau téléphone de cousine ‘’L’’ hier. Après ses vœux
d’anniversaire, elle m’a dit que la guerre en Ukraine n’existait pas. Que c’était
une invention, un montage des Ukrainiens et j’en passe. M’annonça-t-elle d’un
ton éberlué.
-On a une négationniste dans notre famille ! Bordel, c’est
gênant, humiliant même. Elle ne croira jamais la Cour pénale internationale. Répondis-je.
-Tu sais, c’est une personne à ne pas côtoyer. Il est
préférable de l’ignorer. Ajouta-t-elle sagement.
-T’as bien raison ma Titinette, je n’avais déjà pas de
contacts avec elle, mais je ne peux pas imaginer qu’elle fait partie de notre
famille ! Je vais penser qu’elle a été
adoptée même si elle ressemble deux gouttes d’eau à notre tante !
Entre vous et moi, j’ai la mèche rebelle lorsque j’entends de
tels propos. Cela dit, ma cousine sera quand même placée dans mon arbre généalogique,
mais avec la notification de négationniste du génocide Ukrainien en 2022. J’ajouterai
qu’il ne faut pas idéaliser nos ancêtres. L’ADN n’a rien à voir avec leurs pensées. Les bisounours n’existent pas en généalogie, mais la honte, elle, oh
que oui!
La naïveté porte un nom, le mien. Ce matin, en feuilletant Facebook,
je suis tombée sur une photo d’un poisson, comment dire… avec de la fourrure presque
identique à celle d’un lapin. On pouvait lire : ‘’La truite poilue de la
Nouvelle-France. Vous savez sans doute que la Nouvelle-France était connue pour
ses fourrures animales mais saviez-vous qu’il y avait un poisson mythique
encore méconnu ? ‘’.
-Chéri, arrête deux minutes de siroter ton café. Savais-tu qu’il
y avait des poissons poilus en Nouvelle-France ? C’est marqué noir sur blanc dans un site très
sérieux en histoire. Lui ai-je dit.
Il détourna lentement son visage au rythme d’un adagio. Son
regard fixa le mien, puis il précisa :
-Nous sommes le 1 avril Nicole !
-Oups, c’est bien vrai, j’y ai cru pendant 5 secondes tu sais,
juste le temps de te soumettre l’info. C’est tout.
Des fois, je devrais me tourner la langue 7 fois avant de
parler. Je baragouine avant et je réfléchis après. Ma spontanéité pourrait bien
se calmer un peu. Pensais-je.
La journée passa. Je sirotais mon thé Chai, composé d’un
mélange parfait de thé noir et d’épices de cannelle, de cardamome, de clous de
girofle et de gingembre. Infos superflues, je sais, mais maintenant vous savez
la composition de ce succulent breuvage ! Bref, je poursuis…Ma tête et mes
doigts décidèrent d’aller vérifier une petite interrogation sur Google.
-Et si les poissons poilus existaient vraiment ? Repensais-je en silence. Cette fois-ci pas
question de m’exprimer tout haut.
Subito presto, ma recherche dura 5 secondes.
-Chéri, chéri, ça existe vraiment un poisson poilu ! viens
voir !
-Et que t’es naïve…me dit-il avec un gros sourire aux lèvres
en se déplaçant moderato vers mon portable.
-Alors, alors…Je te présente, un poisson grenouille poilu
! Il est recouvert d’excroissances et de poils pour se camoufler dans le fond
de l’océan. Il peut même changer de couleur pour s’adapter à son environnement.
Il est reparti en souriant, sans plus.
Entre vous et moi, ma spontanéité me tape sur les nerfs, mais ma curiosité, elle, me ravie.
‘’Parler de ses peines, c’est déjà s’en consoler’’.
Albert Camus
Tannée de me sentir lourde de chagrin depuis que mon fidèle
compagnon poilu est décédé et que la guerre en Ukraine a commencé. J’ai donc décidé de m’entourer de beau afin de
combler cette tristesse qui alourdit mon quotidien. L’idée m’est venue en
achetant mes habituels mélanges de blocs de graines pour les oiseaux. Comme je ne peux plus nourrir mon chien, je
vais sustenter les volatiles plus souvent, voilà ! Dans la boutique
fantastique, une gentille mamie, marquée par le passage du temps, me donna son
tuyau d’experte :
-Vous pouvez bien acheter ce que vous voulez, mais je vous
dis que les oiseaux préfèrent les graines de tournesol. Vous allez en voir de
toutes les sortes, faut les garrocher par terre, toujours au même endroit, m’affirma de sa voix chevrotante, Madame Oiseau,
nouvellement rebaptisée.
Puisque l'on doit toujours écouter nos prédécesseurs, je suis repartie avec un gros sac, en ayant en tête, qu’il faut ce qu’il faut, pour que les oiseaux arrêtent de me fuir ! N’empêche que maintenant, je peux m’en approcher à très courte distance. Je suis devenue invisible ! Dans mon coin de pays, je vois surtout des geais bleus, des chardonnerets, des mésanges et des sizerins. Le reste, aucune idée, car je commence juste à les observer et les différencier. Quoi que, tout de même, je connais les buses, les corneilles, les mouettes, les tourterelles, les colibris et les hirondelles parfaitement.
Si vous avez un peu d’espace sur votre terrain, vous pouvez
planter des arbustes à fruits. Le rosier rustique, le houx, l’argousier, l’aronie
noire, la symphorine blanche, sont décoratifs et nutritifs pour nos petits
pitpits adorés.
Les oiseaux peuvent-ils être en deuil ? Selon le biologiste
comportementaliste Marc Bekoff, les pies déposent des branches et des brins
d’herbe sur les pies défuntes. Il a
appelé ce rituel les ‘’funérailles de pies’’. Les petits vertébrés, tout comme les
mammifères, auraient donc de ce fait, des coutumes funéraires.
Et je tourne à 180 degrés. Belle découverte des chansons
velcros de Clara Luciani, peu ou pas connue au Québec en passant. Je suis
tombée en amour avec ses compositions en fouinant sur la toile. Des vers
d’oreille assurés qui me remontent le moral illico presto. Le 16 juin prochain
à l’Impérial, j’observerai ce rossignol babiller sur scène et je serai aux
petits oiseaux*!
*Aux petits oiseaux : Être heureuse, contente.
Crédit photo: Shutterstock
J’aime bien m’installer sur mon divan, tout moelleux, avec ma tablette et regarder des vidéos sur Facebook. Une perte de temps que j’assume. Les algorithmes me donnent l’impression de voyager de Clara Luciani à Angèle, puis sur les chaînes de télévision françaises qui m’informent de la guerre en Ukraine. Éditions spéciales et courageux reporters s’enchaînent. Entre vous et moi, il m’aura fallu cette foutue guerre pour connaître le drapeau de ce pays et savoir situer la Mer Noire, Kiev, Kharkiv, Odessa, Lviv, Marioupol et j'en passe. Les oligarques sont venus aussi enrichir mon vocabulaire, certes, je m’en serais bien passée de ceux-là.
Facile maintenant de ressentir une brutale insignifiance, une
culpabilité, d’habiter dans ce ailleurs, où la vie doit continuer comme si de
rien n’était pendant que d’autres luttent pour leur survie. L’impuissance rend
morose. L’Apocalypse Now de l’Ukraine est commencée pendant que le spectre
d’une guerre mondiale nucléaire empêche les Alliers de l’Otan de fermer
l’espace aérien ukrainien. Je n’ose pas prendre ma pression, me semble qu’elle
va être élevée.
Où se cache l’agent secret 0022 qui pourrait arrêter cette
folie poutinienne? Connaissez-vous un hacker pouvant pirater son serveur afin
de montrer aux peuples russes la vérité?
Vous avez vu Volodymyr Zelensky et son peuple se tenir debout
devant cette barbarie? Comment font-ils pour résister malgré la peur ? Aurais-je
cette force ? Aurais-je le courage de partir dans un pays inconnu en laissant mon
mari et mes proches vieillissants?
Vite comme cela, je ne pense pas avoir la bravoure
patriotique de mes ancêtres. Je suis diluée dans les folâtreries nord-américaines
de mon époque. Si les États-Unis envahissent Montréal et Québec comme en 1775,
je sors le drap blanc et je capitule. Oubliez-moi ! Incapable de tuer une
mouche, comment voulez-vous que je tue un autre humain ? Je sais, les
Ukrainiens, eux aussi sont comme moi, mais ils résistent. Respect.
Voici le lien au Canada pour des dons à la Croix-Rouge et le formulaired’offre de soutien du Congrès des Ukrainiens Canadiens. Maintenant prions pour
que Poutine n’utilise pas l’attaque chimique et que quelqu'un trouve la clé de la paix.
Pendant que mon chien était malade, tout en le caressant, j’ai
trop écouté de CNN, du Journal de France 2 et des infos en continu du Québec. J’ajoute
les vidéos informatives de l’héroïque président de l’Ukraine, Monsieur Zelensky
et du machiavélique président de la Russie, Monsieur Poutine. Certes, comme
vous pouvez le constater, j’ai atteint l’overdose. Je souffre d’une sinistrose,
une intoxication aiguë à l’information qui mine royalement ma joie de vivre accompagnée
de la perte de mon meilleur ami.
Assez de moi-même, cela me rappelle que je voulais vous partager
un endroit rempli de beauté que j’ai visité la semaine passée, le musée LeChâteau Ramesay situé à Montréal. Coup de cœur assuré pour ses magnifiques boiseries
sculptées à la main en 1725. Elles proviennent d’un édifice de Nantes, ayant appartenu
à un personnage important de la compagnie des Indes. Rares sont les endroits où
nous pouvons en admirer au Québec. Cinq cents ans d’histoire à travers de
belles expositions permanentes et temporaires, plusieurs époques à découvrir, c’est
à voir et à revoir !
Dans cette société de performance où le deuil doit se
cicatriser à la vitesse de l’éclair, je vais aller m’aérer le cerveau dehors,
marcher dans la neige qui s’obstine à ne pas fondre avec mon invisible Sam. Il
sautille et me regarde, impatient d’aller se dandiner dans le rang St-Elzéar. Je
ne lui mettrai pas son chandail rouge en laine, à quoi bon…
Les magnifiques boiseries du musée Château Ramesay
Crédit photo: moi-même
Monsieur le marquis me regarda en me lançant :
-Nicole, demain, dors ! La retraite, c’est fait pour dormir
aussi. Tu te réveilles, tu brasses et je n’arrive pas à me rendormir. Le hamster
est réveillé dans ma tête.
-Mais j’essaie de ne pas faire de bruit ! Je crois que c’est
inconscient. Je dois avoir peur de ne pas avoir assez de temps de réaliser tout
ce que je veux faire avant de mourir. J’ai un pétard invisible dans le derrière
!
Soit dit en passant, cette conversation quotidienne avec mon chéri, du genre
Le jour de la marmotte, arrive toujours en soirée. On
finit toujours par en rire.
J’ai souvent dans la tête la chanson de Céline Dion: On ne
change pas et vous allez comprendre le comment du pourquoi. J’ai recommencé
à crayonner comme dans ma jeunesse lorsque le dessin et le ballet occupaient mes
temps libres. Je me souviens de ma professeure de 6ème année qui me
faisait manquer mes cours de mathématiques pour compléter une murale
collective. Pouvais-je me le permettre ?
Aucunement, bien au contraire. Je
savais que mes notes allaient encore en souffrir autant que mon stress de
performance. Faut dire que mon TDAH dans les années 70 n’existait pas encore
dans la société. Le pire n’était pas d’avoir de mauvais résultats académiques,
juste me sentir différente, malgré mes efforts, me faisait encore plus me
réfugier dans ma tête afin de m’y cacher le plus longtemps possible. Ma honte
disparaissait avec les formes qui apparaissaient sur le papier.
Hier comme aujourd’hui, dessiner me rend zen, le temps
n’existe plus, je m’amuse. Je me sens vaporeuse, nichée sur un nuage, je flotte.
J’entends mon cerveau ronronner, bien réveillée, je dors confortablement sur
mes deux oreilles, longtemps, longtemps.
La retraite est faite pour voyager, mais en pandémie, l'hiver, faut oublier cela dans mon cas. Alors, je me suis trouvée une émission coup de cœur qui m’amène ailleurs, complètement, La belle vie GoVan sur Unis.TV avec l’excellent Julien Roussin Côté. Je l’écoute sur TOU.TV Extra. Bref, peu importe l'endroit, c'est un incontournable !
Dans sa van, Julien traverse le Canada à la rencontre de gens inspirants qui savourent la vie en possédant moins. Fascinant de voir d’autres humains faire le choix de vivre différemment. C’est inspirant, des fois déstabilisant, mais toujours captivant ! Roussin-Côté sait mettre en valeur ses invités, c'est le point fort de l'émission, le respect dans la différence et la diversité. À savourer sans modération ! Avec un verre d’eau ou un bon vino !
Lorsque
l'on vieillit, est-ce qu'on change vraiment ? Un peu, beaucoup, passionnément
? Dans mon cas, la retraite au chalet se savoure à la vitesse d’une tortue
dans le froid sibérien du Québec. Avant, j’avais la sensation d’être dans une
tornade, un gros cumulonimbus sans fin. Il a fallu que j’arrête pour sentir et
apprécier la différence et elle est immense, croyez-moi !
Comme aurait dit mon adorable mère, le matin, il ne faut pas me pousser dans le dos, je m'y projette moi-même à chaque battement d’ailes. La retraite, c’est indubitablement une Dolce Vita, en tout cas la mienne. Accompagnée d’un bon café avec refile, je butine les réseaux sociaux, puis j'écris mon roman avec ou sans inspiration. Je suis rendue à cent pages, je vise le deux cent cinquante, aucune date butoir pour y arriver, sauf celle de ma mort que je veux tardive. Le jeudi, j'ai mon cours en littérature à l'Université Laval, celle du 3ème âge, ça existe vraiment ! Sur vingt personnes, deux hommes et dix-huit femmes, la majorité avec de beaux cheveux blancs qui les auréolent dans la lumière bleue de mon écran. La semaine passée, j’ai appris qu’on ne peut pas écrire : Elle se sent triste. Il faut amener le sentiment sans le nommer. Nous avons deux petits ateliers d’écriture spontanée, une méthode qui viole ma vitesse de croisière de nouvelle retraitée. Alors, je triche. Cette semaine, j’ai préparé en avance mes textes. Le stress de performance m’a habité toute ma vie, je n’en veux plus ! Je deviens la mémé délinquante !
Dernièrement, j'ai repris le crayon de plomb comme dans ma jeunesse. En mode pause, je vis dans un autre monde. J’ai l’impression de rajeunir avec l’odeur du papier et de la mine HB2. Je sniffe pas de colle, soyez sans crainte.
Vers 11 heures, c'est la marche santé rapide pendant 60 minutes avec mon conjoint. Encore là, Les reptiles que nous sommes se dandinent à la compagne. Vous saviez qu’une tortue est un reptile qui existait avant les dinosaures ? Pas moi, je continue. Bref, des fois on trottine reptilien aussi, et c’est bien acceptable. En pandémie, Monsieur le marquis, aussi à la retraite, est devenu mon siamois sans les caprices de l'animal. Bonne bouffe, rendez-vous, commissions, entretien du chalet, projet rénovations, lectures, généalogie, TOU.TV, Netflix, sont toujours appréciés. La tortue vaccinée jubile de gratitude, faut juste ne pas trop écouter les mauvaises nouvelles à la télé.
Est-ce que l’on change en vieillissant ? Sur certains aspects, la réponse est affirmative, on vise à devenir un bon vin, en espérant se bonifier au lieu de se vinaigrer. Ma retraite permet de retrouver ma véritable essence, celle de l’artiste, qui s’était peu à peu effacée. Il y a des mémés tortues herbivores, omnivores, carnivores. Moi, je suis la mémé artistevore et comment est la vôtre ?
L’été dernier, on ne voulait plus y penser, nous étions vaccinés et le déni s’installait profondément avec la belle saison, le vino et les amitiés retrouvées. La Covid était presque aux oubliettes, sauf pour aller magasiner, masque recouvrant bien notre petit nez. Lorsque l’automne fut venu, la méchante bête sournoisement se métamorphosa afin de mieux survivre. On l’ignora presque, ne la voyant pas venir.
De nouvelles mesures sanitaires modifia le temps des fêtes et pour certaines personnes, des tensions sont apparues avec la parenté des non-vaccinées. Les divergences et les écarts dans la manière de voir la pandémie en a fait suer plus d’un. Alors la nostalgie du passé se fit sentir, l’époque d’avant, celle de la liberté, sans contraintes, sans trop se poser de questions. Ciel que c’était le bon temps !
Aujourd’hui, à peine enclenché, le niveau maximal de délestage
dans les hôpitaux est très inquiétant. On frôle les 3000 hospitalisations, du
jamais vu. Il y a deux ans, on pouvait voir des arcs-en-ciel partout, maintenant,
on ferme les yeux et on se sert les fesses, en recevant notre 3ème
dose en se demandant à quand le prochain variant ?
Chaque époque voyage différemment dans le temps. Au 18ème
siècle, le mouvement philosophique, celui des lumières, voulait dominer le
monde à la vitesse que pousse un arbre, en combattant l’ignorance par la
diffusion du savoir. La lenteur était presque de la vivacité. De nos jours, la
rapidité est omniprésente partout, sauf à un endroit… La bête qui ne disparaît
pas !
Avoir la foi, c'est monter la première marche lorsqu'on ne voit pas tout l'escalier. Martin Luther King. On lâche pas gang !
Installée inconfortablement sur le banc de bois de la petite
église du village, j’écoute la messe de Noël qui se déroule en latin. J’ai
quinze printemps et nous sommes en 1833, avant la messe, j’ai dû confesser mes fautes
de l’année à Monsieur le curé. Ce fut facile pour les péchés d’orgueil, d’avarice,
de luxure et de gourmandise. Rien à inventer concernant la jalousie, la colère
et la paresse, car l’époque fait qu’on travaille tout le temps, qu’on voit toujours
le même monde et que l’énergie nous manque pour en vouloir à qui que ce soit. Entre vous et moi, je prends souvent les mêmes péchés que les
années antérieures. Je suis certaine que l’homme en soutane ne s’en souviendra pas. Comme le petit catéchisme ne sera
inventé qu’en 1885, je peux encore me la couler douce avec les commandements de
l’église. Ce soir, je placerai mon vieux bas habituel au-dessus de mon lit. Si j’étais
en 1930, nous aurions un arbre décoré et comme étreinte une orange,
mais ce fruit est beaucoup trop exotique à trouver en région, donc une pomme, j'accueillerai. Alors, passons
aux choses sérieuses, qui se fiancera cette année ? Je respire fort, je tourne
la tête vers la gauche et…
Je me retrouve en 1973, le banc d’église à Arvida est
toujours aussi dur pour mes fesses de jeune adolescente renfrognée. La messe de minuit est en français
avec des chansons entre les prières. À gauche, il y a une crèche vivante,
Monsieur Frigon et sa femme personnifient Joseph et Marie, pas de bœuf ni d’âne,
mais leur petit Jésus pleure tout le long de la célébration malgré les chants de la chorale. Perchée en haut, à l'arrière de l'église, ma cousine Édith Tremblay qui fait une carrière lyrique
en Europe chante le Minuit chrétien. Tout le monde se détourne en même
temps pour l’admirer, impossible de ne
pas l’applaudir. Sa voix exceptionnelle de soprano rend ma mère, toute ma
famille et les croyants au Nirvana. Les anges existent, je ressens leur beauté à travers sa
voix. Elle décédera le 2 juillet 2021, le cancer l’emportera vers ses parents, Josette
et Louis. J’ai cru entendre, entre les branches, que sur le nuage de Pavarotti, elle chantera le Ave
Maria de Gounod. L’immortalité a trouvé sa voix. Je tourne la tête vers la
droite et…
Noël 2033, j’ai 71 ans. Les églises catholiques sont toutes
fermées depuis des lunes. Ce sont maintenant des salles de spectacles ou des
condos. On parle davantage de survie de l’humanité que de spiritualité. L’environnement est devenu une religion. Nous sommes rendus au 235ième variant
de la Covid-19, un peu comme les ouragans, ils vont commencer à manquer de noms. C'est parce que les
pays pauvres sont toujours oubliés volontairement de la vaccination que le monde tourne en rond. Nous
utilisons maintenant les hologrammes pour nous visiter, c’est très tendance et
sécuritaire. J’ai décidé de sortir un vieux CD de ma cousine Édith pour surprendre mes petits enfants, ils sont difficiles à épater, vous savez. Je
n’oublierai pas de leur lire sa citation :
‘’J’avais un coffre débordant de souvenirs,
Un jour, je pris la clef posée sur la serrure,
Je l’ouvris et découvris toute la mesure
D’une longue vie remplie de joies et de rires,
De beauté, de peines, de pleurs et de beaux chants,
Il fallait bien que je partage sur le champ
Tous ces trésors avant qu’ils ne se dispersent
Dans le vent des jours qui lentement nous bercent
Dans le temps de l’oubli
Dans le temps de l’infini. ‘’
Chers petits-enfants, ad vitam aeterman, la beauté traverse les époques, un peu comme les variants.
Je craque pour cette chanson de Noël de Damien Robitaille. Un artiste talentueux qui a été très actif sur les réseaux sociaux depuis la pandémie, en publiant des vidéos de reprises de chansons connues. Je suis certaine que même le Grinch arborerait un grand sourire élastique en l'écoutant ! Faites attention, chanson velcro assurée !
Un petit coucou anodin, rare, qui
se veut discret, mais tout aussi sincère. Je deviens économe de mes écrits sur
mon blogue. Cette retenue provient d’un tourbillon incessant depuis fin octobre,
début de ma retraite, qui m’amène à réaliser finalement mes rêves, c’est-à-dire,
vivre pleinement, goulument, chaque minute de la vie qu’il me reste. Bye-bye la
pression de performance, de vitesse, de fatigue, de surcharge autant du côté personnel
que celui professionnel. Je m’offre du temps de qualité en cadeau, ici et maintenant.
Je ne suis pas différente des autres
retraités, les journées ne sont pas assez longues pour tout faire, trop occupée
! Monsieur Legault, il ne faudra pas
compter sur moi pour le manque de main d’œuvre, même avec des incitatifs, j’ai
déjà donné !
Certains font du bénévolat, moi, j’écris un roman politico-historique, mais c’est du boulot, autant que du gros plaisir ! La recherche, le plan, les webinaires et bientôt un atelier littéraire à l’Université Laval font que je carbure à l’écriture comme une abeille-tortue, vite dans l’inspiration du moment, lente dans le scénario. D’ailleurs, actuellement, mon maître à penser est Bernard Werber. Cet auteur prolifique donne d’excellents conseils sur YouTube. Je vais atteindre les 80 pages bientôt même si mon plan est difficile et laborieux à concevoir. Monsieur Werber, ce génie littéraire, a une méthode, disons, plus qu’exigeante. Il a écrit 400 pages seulement pour le plan de son livre La trilogie des fourmis, afin de le réécrire 20 fois, différemment, sans copier ni coller quoi que ce soit ! Il vient d’ailleurs de publier La prophétie des abeilles, j’dis ça comme cela, la période des fêtes est arrivée. Bon, je reste réaliste, je ne serai jamais une Bernadette Werber, ce n’est pas le but, les mots me tirent vers le haut d’une vie heureuse, je butine le jour et même la nuit dans mes rêves l’histoire de mon futur roman. Écrire demande de la discipline certes, sans oublier de lire les briques d’auteurs connus et moins connus. Tout cela est formateur, car les mots sont de la musique à mes yeux.
Je me cuisine une retraite gastronomique de qualité avec ma belle tribu, quel privilège, je sais. Est-ce que je fais encore du yoga? Bien sûr.
Je vous souhaite de joyeuses fêtes et une année 2022 en santé avec un 3ième vaccin Covid ! Le reste, c’est du bonus. Le cancer de mon fiston m’a fragilisé, la vie est courte, écoutez votre petite voix. Elle seule sait où se trouve votre bonheur. Prenez soin de vous ! A+
Dire qu'il y a quelques années, j'écrivais à tous les jours sur mon blogue. C'était un besoin viscéral, pour le plaisir de partager. Doucement, je me suis sevrée. J'aime moins étaler ma vie privée sur mon blogue. Je deviens pudique, parce que maintenant, les réseaux sociaux font peurs, avec un grand P. J'y vais de moins en moins, sauf pour placer des photos de paysages de mon coin de pays sur Instagram. Si j'avais un chat, il aurait la cote, mais j'ai un vieux chien qui est en fin de vie, c'est une autre histoire. C'est fou comme la toile Internet a changé avec les années et pas en mieux. Faut y aller avec parcimonie.
La retraite arrive à grands pas, fin octobre. Mon projet d'écrire, un roman politico-historique est commencé. Aussitôt que j'ai du temps libre, je tape sur mon clavier. Je ne vise aucunement à être publiée (je vous jure). Je suis une fille logique. Faut être connu, reconnu ou avoir un talent exceptionnel. Je n'ai ni un, ni l'autre. Juste le goût de mélanger, comme en cuisine, mes passions. L'époque, celle avant la colonisation du Saguenay-Lac-St-Jean et de mes ancêtres. Faire des recherches m'apporte autant de joie que d'écrire. Je me retrouve dans un labyrinthe de surprises et de découvertes. La généalogie et l'histoire sont mes drogues comme un partisan du Canadien de Montréal ou anciennement des Nordiques de Québec. J'aime les overdoses de connaissances. Si vous me demandez avec qui j'aimerais partager un repas ? Un historien, voyons, pis du vin ! Pauvre de lui. Chronomètre dans ma main, il aurait déjà disparu !
Nature, yoga, écriture, marche, famille, amis, sont mes leitmotivs. J'allais oublier Netflix. En ce moment, Blindspot. OMG !
Bon, comme dirait ma mère, rien de spécial, c'est bien tranquille. Pianoter sur un clavier, j'aime ça. C'est comme parler. Cela ne veut pas dire que je parle bien. Mes ailes sont ouvertes, je plane. Je vous en souhaite autant.
Me voici, me voilà, j'entends dans ma tête la musique de Grujot et Délicat. C'est sorti tout droit de mon cerveau, en souvenir d'une série culte jeunesse, diffusée à la télévision de 1968 à 1975. C'est fou comme tout ce qui touche notre enfance marque notre vie à jamais, surtout si vous êtes comme moi et que vous avez une mémoire spongieuse et sélective.
Depuis deux mois, j'habite à temps plein à la campagne avec comme paysage de fond, les vaches de Monsieur Racine et des milliers d'arbres. Je descends une petite butte et je retrouve mon boisée ainsi que la rivière, ma rivière. Le ruisseau est à sec, la température chaude de cet été a eu raison de lui. Il va revenir, avec l'automne, j'en suis certaine, en même temps que ma retraite.
Comment vais-je ? Je vais comme mes enfants vont. Ils sont le baromètre de ma santé mentale. Fiston, celui qui est en rémission d’un cancer, a eu un grave accident de VTT, grosse opération et douze semaines de béquilles. Disons que la vie n’a pas été facile pour lui dernièrement. Heureusement, c’est de l’histoire ancienne. C’est fou comme tout ce qui touche nos enfants marque notre quotidien et notre moral à jamais, ça gruge et on devient délicat, Grujot et Délicat.
What ! Quoi ! Késsé ça ! Je m’imaginais, intraveineuse au bras, à l’urgence, comme il y a deux ans. Une cellulite infectieuse due à une minuscule, mais méchante, piqûre de moustique. Je ne pogne plus du tout avec les hommes, mais les bestioles virent folles en me voyant. Je m’en passerais royalement ! Je préfère les hommes, franchement.
Alors qu’importe, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai débuté les appels, en même temps que j’étais en télétravail. Efficace l’ABC (aînée bien conservée ! emprunt à Serge Denoncourt).
7 heures 50- Le 811 info-santé. L’infirmière me
réfère à mon médecin.
8 heures 15- Ma pharmacienne habituelle, me réfère
à mon médecin.
8 heures 30- La boîte vocale de mon médecin indique
ce beau message : ''Ne laissez aucun
message dans la boîte vocale, nous ne
les écouterons pas''. Haut-le-cœur psychologique. J’ai appelé 3 fois pour être certaine d’avoir
bien entendu.
Midi- Ma pharmacienne avec photos de mon
bras envoie un message à mon médecin.
16 heures 30-Mon médecin, fin de journée,
confirme une cellulite infectieuse. Prescription d’antibiotiques.
16 heures 45- Un autre pharmacien m’affirme que ma réaction est purement allergique et que tout entrera dans l’ordre d’ici deux jours, juste à prendre des caplets de Réactine.
Un instant, qui croire ?
Après un ping pong entre professionnels de la santé, c’est le pharmacien qui gagna (rien, sauf mon admiration). Rares sont les médecins au courant de cet effet secondaire. M’a-t-il dit, le commun des mortels aussi !
Ma deuxième dose est prévue à la mi-août, avec une grosse chance que cela se reproduise. Mais cette fois-ci, je suis au courant, pis c’est moins pire que d’attraper la Covid, me semble.
L’été sera pimenté, déménagement au chalet avec fort possiblement des nuées de bibittes à l’horizon. Je prendrai des douches d’insectifuge DEET, mon nouveau parfum estival. Chanel peut aller se rhabiller. Faut ce qui faut !
As-tu écouté les funérailles du prince Philip ? Me demandait dernièrement un ami. Dehors, à plus de deux mètres, Covid oblige.
-Of course ! J’ai même vu en direct, la réconciliation de William et Harry, mais ma Queen me semblait bien seule, la pauvre, à son âge, c’est tellement triste.
-As-tu écouté la série The Crown ? La seule qui fait pitié, c’est Diana. rajouta-t-il.
-Oui, j’ai écouté, mais pas aimé. C’est une fiction historique, c’est pas une biographie. La monarchie, on ne voit que sa surface. J’avoue que la série montre la prison dorée des traditions, mais Charles n’a sûrement pas juste des défauts.
-J’en doute. Me lance-t-il. Et puis on a changé de sujet.
J’aurais pu lui dire que…
-Charles est un jardinier environnementaliste, il tripe horticulture tout autant que de faire des aquarelles dans ses temps libres. Ce Duc de Cornouailles travaille, ben oui ! Il gère une entreprise de 100 employés, soutient l’agriculture biologique et serait même très proche des petits agriculteurs. Tu sais pas, mais le titre de Duc de Cornouailles appartient toujours au fils le plus âgé du souverain, depuis 1337 (Édouard III). Bon, d’accord, il est à la tête d’un empire personnel, de châteaux, un littoral, des parcs nationaux, de deux villes (Pummery et Nansledan), de vastes terres et de biens immobiliers, mais lorsqu’il sera roi, tout ira à William. Charles pourra même s’appeler Édouard ou Georges ? Pourquoi pas Albert, car quiconque monte sur le trône peut se choisir un nouveau prénom.
J’aurais pu ajouter que…Tu es un vrai québécois. Tu as de la difficulté à comprendre deux mots, toujours et tradition. La monarchie britannique est une institution traditionnaliste moyenâgeuse fermée aux changements. Elle carbure aux traditions, à la doctrine. On a beau être dans le Commonwealth comme 53 autres anciens territoires de l’Empire britannique, on a quitté le bateau bien avant Harry et Megan, mais des fois, on aime son glamour.
Mon chien me regarde avec des yeux attendris. Il est le seul qui ne se sauve pas lorsque je parle de la monarchie.
-Je t’ai acheté un cadeau. Me
lança Monsieur le Marquis en me donnant une boîte rectangulaire bien emballée.
-Ben voyons, c’est pas ma
fête !
T’es ben trop gentil ! Lui dis-je.
-Ouvre, tu verras bien.
-Des bas chauffants, Merveilleux
! Pareils que ceux de Diane qui adorent les siens. Mes petits orteils te disent un gros MERCI !
-Tu sais, j’me suis fait
plaisir aussi. Parce que, plus tu restes des heures et des heures dehors, plus longtemps j’écoute
mon golf tranquille.
Stoïque, les yeux ronds, mon bon vieux Freud m’est revenu en tête, avec le dilemme du hérisson. Grossièrement, cela raconte que l’homme est un hérisson. Il ne peut pas vivre sans l’autre, mais lorsqu’il s’en approche trop, il s’y pique.
Paroles d’une hérissonne, Monsieur le Marquis est un adorable hérisson qui ne manque pas de piquant !
P.S. Les bas chauffants sont indispensables pour nos hivers québécois. N’hésitez pas à vous en procurer. Ils sont onéreux, certes, mais ils valent l’investissement.
Je viens de terminer de déguster un
succulent bagel aux œufs et jambon. Un divin petit plat, tout en simplicité, préparé
par Monsieur le marquis (mon conjoint).
En vieillissant, je mange ce genre de mets avec une fourchette et un
couteau, même chose pour un sandwich, histoire de ne pas me salir les doigts. D’ailleurs,
je ne vous apprendrai rien ou peut-être si, mais le terme sandwich tire son
origine de John Montagu, 4ième comte de Sandwich, qui est aussi un
ancien port du Moyen âge. Tout est vraiment une question de perspective, de la
manière de voir les choses. Je suis la princesse au petit pois. J’ai été
élevée dans la ouate, ce n’est pas ma faute !
Faut dire que la monarchie en prend pour son rhume en ce moment. Comme il y deux cotés à une médaille, je vais me garder une petit gêne pour juger. Toutefois, en privé, je me lâche lousse, en essayant de comprendre les uns et les autres. Une grosse chicane de famille qui se retrouve dans les médias, ça change de la Covid et du télétravail. En passant, les français disent le Covid sur TV5, mais l’Académie française a tranché pour la Covid. Je ferme l’aparté.
Et je poursuis. Depuis que mon homme est à la retraite, j’ai un chauffeur privé, un cuisinier, un Monsieur qui règle TOUT, surtout ce qu’une noblesse ne veut pas toucher. Dans une autre vie, j’étais peut-être Victoria !
-Tu fais un blogue ? Tu vas écrire sur quoi ? Me demande mon
homme.
-J’ai de l’inspiration, là, maintenant. Merci pour ton délicieux bagel ! Je suis vraiment une princesse choyée.
-T’es pas une princesse, t’es
rendue une reine !
Certes, la prochaine fois,
je sortirai mon argenterie pour manger mon sandwich. Entre vous et moi, elle doit se sentir bien seule la reine en ce moment. Moi, j'ai le meilleur des deux mondes.